Selon l'étude «2025 Family Offices Compensation Survey» du cabinet de recrutement Heidrick & Struggles, la Suisse figure parmi les marchés les plus rémunérateurs d'Europe pour les dirigeants de Family Offices. Dans l'échantillon européen, les profils basés en Suisse affichent en effet des niveaux de rémunération largement supérieurs à ceux observés au Royaume-Uni ou dans le reste du continent.
Sur le volet fixe, les rémunérations médianes atteignent 277’000 euros en Suisse en 2025, contre 340’000 euros au Royaume-Uni et 200’000 euros dans le reste de l’Europe. Toutefois, les moyennes sont nettement plus élevées en Suisse, avec des packages élevés, à 553’000 euros en moyenne pour 2025, contre 393’000 euros au Royaume-Uni. Les fonctions de directeur général/directeur des investissements se distinguent particulièrement, avec des composantes fixes moyennes dépassant le million d'euros sur la période 2023-2025 en Europe, tirées par les places financières de Genève et Zurich.
L’élément le plus marquant reste toutefois les rémunérations additionnelles (carried interest, co-investissements ou plans d’actions), où la Suisse atteint des sommets. Dans l'échantillon, un dirigeant suisse peut percevoir en moyenne 5,335 millions d'euros d'incitations additionnelles, avec des montants maximaux pouvant dépasser 6 millions d'euros certaines années. Daniel Aghdami, associé chez Heidrick & Struggles en Suisse et coauteur de l'étude, dit: «Ces niveaux, rarement observés dans d'autres centres européens, s'expliquent par la concurrence directe avec les fonds d'investissement et les Hedge Funds suisses, ainsi que par la proximité avec de grandes fortunes industrielles.»
L’environnement local continue par ailleurs d'alimenter la demande de compétences. La Suisse concentre en effet une part importante de Family Offices dont les fortunes proviennent de l’industrie, un secteur dominant dans l’échantillon européen. Ces structures gèrent le plus souvent des actifs compris entre 1 et 4,99 milliards de dollars, ce qui les rapproche du fonctionnement des fonds institutionnels.
Pour Daniel Aghdami de Heidrick & Struggles, la conclusion est claire: Genève et Zurich sont devenues des centres européens de la «compensation premium» pour les CIO, les directeurs d’investissement, les experts en allocation d’actifs et les profils compliance. Et cette tendance devrait encore s'accentuer, l'étude prévoyant un renforcement de la concurrence pour attirer la prochaine génération de dirigeants.