Gonet: l'actualité des marchés au 7 janvier

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,99%, S&P 500 +0,62%, Nasdaq +0,65%, Russell +1,37%, SOX +2,75%, Eurostoxx +0,14%, SMI +0,56%.

En Janvier, les traders aiment rappeler dans les diners que «so goes January, so goes the year», un adage qui suggère que la performance boursière de la bourse américaine en janvier montre la direction pour toute l’année. Dans les faits, depuis 1950 lors que janvier est positif, l’indice S&P500 (SPX) termine son année en hausse dans 75% des cas. À l’inverse, lorsque le premier mois de l’année se conclut dans le rouge, on recense de nombreux cas de performances annuelles positives. Conclusion: pauvres ours…

D’ailleurs les deux plantigrades qui ont miraculeusement survécu aux récentes poussées haussières de Wall Street doivent se terrer au fonds d’une grotte bien cachée, car hier le marché se met sur son 31 et casse plus ou moins tous les records possibles et inimaginables. Nouveaux plus hauts de tous les temps à la cloche pour le SPX, le vénérable Dow Jones (49’462 points, les casquettes et t-shirts sont imprimés pour fêter les 50'000 pts), le Stoxx Europe 600 (SXXP) et même notre bon vieux Swiss Market Index (SMI). C’est fort, très fort, ce d’autant que le marché se passe de l’aide de son meilleur catalyseur hier, la tech qui suit le mouvement mais ne porte pas les indices, le Nasdaq100 (NDX) termine sa séance à un peu plus de 2% de son plus haut de tous les temps. Notons au passage les déclarations de Jensen Huang, le patron de Nvidia, qui indique que la demande de mémoire est encore plus forte que lors du dernier pointage, ce qui permet aux semi-conducteurs d’ajouter eux aussi une nouvelle étoile à leur maillot, on recherche avidement tout ce qui a trait à la mémoire, par exemple Sandisk dont le titre décolle de 27%, mais aussi Western Digital (WDC +16,77%) ou encore Seagate Technology (STX +14%).

Et dire que la tech ne figure qu’au 5e rang des meilleures performances sectorielles du SPX hier. Le podium du jour se compose des materials, de la santé et des industrielles. Le breadth est très nettement positif, les volumes d’échanges décollent et la hausse de 1,22% du SPW (le S&P500 équipondéré) résume à elle seule la séance de trading d’hier: on achète plus ou moins tout sur les parquets de trading, pendant que la volatilité fait du surplace, le VIX traite à 14,75, techniquement il a de la place jusqu’à 12,70. Notez que les petites capitalisations sont aussi recherchées, que les indices américains ne sont pas surachetés, contrairement à leurs alter ego européens et que le marché obligataire s’ennuie comme rarement, le rendement du 10 ans US stagne à 4,16%, son principal et plus important support se situe à 4,00%.

À ce sujet, les Fed Funds semblent quelque peu perdus dans la traduction, ils prévoient plus ou moins deux coupes de 0,25% cette année, hier le sbire de qui vous savez Stephen Miran plaide pour deux fois plus, les chaussettes nous en tombent tellement on est étonnés.

Depuis la veille de Noël le billet vert tente un retour en grâce. La paire EUR/USD traite ce matin à 1,1682, ses moyennes mobiles à 100 et 50 jours évoluent à 1,1666 et 1,1568, on notera au passage que ce regain de forme du dollar ne freine en rien l’or, l’argent ou encore le cuivre. Le métal jaune traite à 4470 dollars l’once, l’argent autour des 80 dollars, ce dernier niveau semblait surréaliste il y a peu, on y est pourtant et dire qu’il est à peine suracheté.

Tiens, le DAX allemand est en train de tenter de casser le niveau de 25'000 points.

On revient aux matières premières avec le baril de WTI Light Crude qui recule nettement à 56,52 dollars, il va lui falloir digérer les 50 millions de barils extorqués reçus du Venezuela par les Etats-Unis.

Résumons: c’est le bazar le plus total au niveau géopolitique, le grand blond aux idées noires semble de plus en plus incontrôlable (l’a-t-il jamais été?), en parallèle la frénésie autour de l’IA semble repartie pour un tour, la bourse est en orbite, vivement la saison des résultats trimestriels pour faire le tri, vivement aussi que la macro nous en dise plus sur l’état général de l’économie et enfin que l’on sache qui reprendra les rênes de la Fed en mai.

So goes January so goes the year? Comme d’habitude c’est l’avenir qui répondra à cette question. Le marché dispose d’arguments, aux côtés de l’IA les semi-conducteurs et la défense ont fière allure, si je puis m’exprimer ainsi.

Le Wall Street Journal (WSJ) publie un article au sujet du Groenland, dont voici un résumé: Marco Rubio assure des parlementaires américains que les déclarations agressives de l’administration américaine sur le Groenland ne signifient pas une invasion imminente, mais visent avant tout à faire pression sur le Danemark pour négocier la vente de l’île. Lors d’un briefing à huis clos, le secrétaire d’État minimise l’option militaire, expliquant que l’objectif reste l’acquisition du territoire par des moyens politiques.

Cette position intervient alors que le président des Etats-Unis et plusieurs responsables refusent publiquement d’exclure le recours à la force, affirmant que le contrôle du Groenland est une priorité de sécurité nationale pour contrer la Russie et la Chine dans l’Arctique et accéder aux ressources minières. Rubio tient ces propos en réponse à des inquiétudes de sénateurs sur une possible extension de l’usage de la force américaine à d’autres régions. Selon des responsables américains et européens, aucun signe concret ne montre une préparation militaire contre le Groenland, et certains élus proches du locataire de la Maison-Blanche estiment que la démarche relève essentiellement de la négociation. La majorité des Groenlandais reste opposée à un rattachement aux États-Unis. Le Danemark, de son côté, propose d’accroître la présence militaire américaine et d’élargir les droits miniers, tout en renforçant ses propres capacités de défense dans l’Arctique. Ces efforts sont jugés insuffisants par qui vous savez. En Europe, la crainte d’une action américaine unilatérale grandit: plusieurs dirigeants appellent à une approche collective au sein de l’OTAN, et la Première ministre danoise avertit qu’une attaque d’un pays de l’Alliance contre un autre entraînerait l’effondrement de l’ordre international et de l’OTAN elle-même (source: WSJ).

Au menu macro-économique de ce mercredi, les chiffres de l'inflation de décembre dans l'UE (11h00) précéderont, aux Etats-Unis, les données d'emploi ADP (14h15), l'indice ISM des services et l'étude JOLTS sur les créations de postes (16h00).

Alcon renonce à acquérir Staar Surgical. Le rappel des produits nutritionnels pour nourrissons Nestlé touche jusqu'à présent 25 marchés. Bayer poursuit les fabricants de vaccins contre le COVID-19 (Pfizer, Moderna, BioNTech) pour la technologie ARNm. Amrize va racheter l'entreprise américaine PB Materials, spécialisée dans les granulats. Eli Lilly et Nimbus s'allient pour développer une pilule contre l'obésité. Par ailleurs, Lilly serait proche d'un rachat de Ventyx. Nvidia a fait savoir que ses prévisions de revenus optimistes publiées en octobre n'avaient fait que s'améliorer depuis. Chevron a affrété une flotte de navires qui fait route vers le Venezuela, en tant que seul exportateur officiel depuis la chute de Maduro. Chevron qui préparerait par ailleurs, allié à Quantum Energy, une offre de 22 milliards de dollars pour les actifs internationaux de Lukoil, selon le FT. La division de puces IA de Baidu, Kunlunxin, serait valorisée 2 milliards de dollars dans le cadre de son introduction en bourse à Hong Kong, selon l’agence Bloomberg. Samsung Electronics met à nouveau en garde contre une possible hausse des prix en raison d'un problème d'approvisionnement en puces mémoire.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo perd 1,06% à la cloche, Hong Kong rend 0,94%, Shanghai grappille 0,05%, Séoul prend 0,57% et le Nifty50 égare 0,36%. Le future SPX traite en léger repli, tout comme l’Europe dans les premiers échanges, le marché reprend manifestement son souffle.

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