Gonet: l'actualité des marchés au 25 novembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,44%, S&P 500 +1,55%, Nasdaq +2,69%, Russell +1,89%, SOX +4,63%, Eurostoxx +0,25%, SMI +0,17%.

Wall Street fonctionne un peu comme le marché immobilier, qui valorise un bien en fonction de sa localisation, sa localisation et enfin sa localisation. Au joyeux royaume des actions c’est pareil, on remplace simplement localisation par la Fed, la Fed et enfin la Fed.

Le comportement du marché de ces dernières séances illustre bien cet état de fait. Gros coup de blues jeudi après des résultats et des prévisions stellaires de Nvidia. Tout un chacun blâme l’intelligence artificielle, cette méchante bulle qui nous aurait fait perdre la tête à toutes et tous, le spectre de mars 2000 hante les esprits des jeunes depuis plus longtemps que d’autres, l’appétit au risque fond comme neige au soleil, entrainant vers le bas avec lui plus ou moins tout ce qui a trait à la croissance, cryptos monnaies comprises. Tout cela se stabilise vendredi, les intervenants reprennent leurs esprits, on regarde à nouveau du côté des Fed Funds, qui ne prédisaient mercredi que 29% de probabilités que la Fed réduira son taux directeur de 0,25% le 10 décembre et sont de retour ce matin à 76%. C’est là un changement de vue plutôt brutal, j’y reviens mais cela nous indique surtout que la raison de la faiblesse des actions de jeudi est probablement due à l’évaporation momentanée des attentes d’une baisse de taux en décembre, plutôt qu’à un blues post Nvidia. Ce n’est certainement pas un hasard si les principaux indices rebondissent fortement hier, la Fed est de retour dans les esprits, plus précisément ce que l’on appelle dans le marché le «Fed put». On peut même parler de «bear trap» en fin de semaine passée, un joli piège à ours qui permet au marché de faire le ménage, toujours au détriment des petits porteurs.

Meilleure performance journalière du Nasdaq100 (NDX) depuis le 12 mai hier. Il suffit de jeter un œil à la performance du jour des mastodontes de la tech ainsi qu’aux volumes d’échanges (en nette hausse) pour comprendre que le BTFD n’était pas parti bien loin. L’indice S&P500 (SPX) récupère le niveau de 6700 points à la cloche, il regarde désormais sa moyenne mobile à 50 jours dans les yeux (@6713 pts) et a bien rebondi de sa 100 jours (@6552 pts). Le podium du jour se compose des services de communication, de la tech et de la consommation discrétionnaire. Le S&P500 équipondéré (SPW) ne progresse que de 0,42% contre +1,55% au SPX, le breadth est neutre sur le SPX et positif dans un ratio de 2-1 sur le NDX, tout est dit, c’est la tech qui mène le bal hier, sans conteste aucune. La volatilité rentre dans le rang, le VIX abandonne 12,5% à 20,52, sa 200 jours se situe actuellement à 19,71. Le MOVE est en retraite spirituelle dans un monastère bouddhiste, il ne bouge plus et rend même 2,5% hier, à 76,82, ce qui équivaut à peu près à un bon 2 de tension. En parlant du marché obligataire, le rendement du 10 ans US a logiquement reculé depuis quelques séances, il traite ce matin à 4,04%, son principal support se situe à 4,00%.

Au chapitre des monnaies, le Dollar Index (DXY) ne rend pas une once de terrain, il traite ce matin à 100,18, sa 200 jours est à 99,79, cela fait désormais 5 séances d’affilée qu’il évolue au-dessus d’elle, ce d’autant qu’une golden cross se profile à un horizon d’environ une semaine. Sur la paire EUR/USD cela se traduit par un niveau de 1,1527, la 200 jours est à 1,1416. L’or reste demandé, l’once traite à 4136 dollars malgré la force du billet vert, le repli des rendements obligataires offre probablement du support à la relique barbare.

Le Wall Street Journal publie un article signé Nick Timiraos, la voix officieuse de la Fed dans le marché. L’article explique que les alliés de Jerome Powell lui ont créé un espace pour imposer une baisse de taux en décembre malgré un comité fortement divisé, une situation aggravée par le manque de données lié au shutdown et par une économie mêlant stagnation de l’emploi et inflation élevée. Powell hésite entre baisser les taux maintenant, comme le prévoient désormais les marchés, pour ensuite signaler qu’il sera difficile d’aller plus loin, ou attendre janvier au risque de prolonger les dissensions internes sans garantie que de nouvelles données clarifient les débats. L’emploi stagne, l’inflation demeure trop élevée et les deux baisses déjà effectuées ont ramené les taux entre 3,75% et 4%. Une troisième baisse correspondrait encore à sa stratégie de rapprocher les taux du niveau neutre, soutenue par ses alliés John Williams et Mary Daly, qui jugent les risques pour l’emploi plus préoccupants qu’une flambée de l’inflation. Mais plusieurs présidents de Fed régionales s’y opposent, estimant l’inflation trop diffuse et craignant une détente monétaire trop rapide; Susan Collins elle-même, favorable à la baisse d’octobre, se montre désormais plus prudente. Robert Kaplan rappelle enfin que même des responsables sceptiques peuvent s’aligner sur Powell lorsque les divergences sont limitées. Quoi qu’il en soit, le simple fait que Timiraos titre «Les alliés du président de la Fed Jerome Powell ouvrent la voie à une baisse des taux en décembre» suffit à ramener les Fed Funds à 76% de prévisions pour le 10 décembre.

On se penche sur la macro de ce lundi. L’indice manufacturier de la Fed de Dallas pour novembre ressort nettement plus faible que prévu à -10,4, même si la production, les nouvelles commandes et les livraisons s’améliorent, tandis que les perspectives se détériorent. Le Trésor américain lance 69 milliards de dollars de bons à deux ans à un prix conforme aux attentes, avec une demande globale et étrangère meilleure que la moyenne récente.

Xi Jinping s'est entretenu avec le président des Etats-Unis lors de leur premier appel téléphonique depuis la trêve commerciale, faisant pression sur le président américain au sujet de Taïwan. Le locataire de la Maison-Blanche déclare qu'il a accepté de se rendre à Pékin en avril et a invité Xi à effectuer une visite d'État l'année prochaine. La Première ministre japonaise Sanae Takaichi indique que qui vous savez l’a informée de son appel avec Xi. Selon l’agence Bloomberg, la Chine demande à ses compagnies aériennes de réduire le nombre de vols vers le Japon jusqu'en mars.

Au menu macro-économique de ce mardi, la dernière version du PIB allemand du troisième trimestre (sortie pile en ligne) a été suivie par la confiance des consommateurs français (sortie légèrement en-dessous des prévisions) et par le retour de deux statistiques américaines : les prix à la production et les ventes de détail de septembre (14h30).

Les immatriculations de véhicules neuf étaient en hausse de 4,9% sur un an en octobre, selon l'ACEA. ABN Amro va supprimer 5200 postes d'ici 2028 par rapport à ses effectifs 2024. La BCE examine les allégations selon lesquelles Deutsche Bank aurait minimisé ses risques financiers. Telefonica prévoit de supprimer 5’300 emplois dans le cadre d'un plan de réduction des coûts. La FDA approuve la thérapie génique de Novartis pour le traitement d'une maladie musculaire rare, qui devient l'un des traitements les plus chers du monde: 2,59 MUSD. Amazon va investir 50 milliards de dollars dans des data centers pour le gouvernement américain. Meta Platforms envisagerait d'acheter des milliards de dollars de TPU (puces optimisées pour le machine learning) Google, notamment pour ses centres de données, selon The Information. Les performances présumées des puces Google a fait reculer Nvidia hors séance hier soir (-1,7%). Les immatriculations européennes de Tesla chutent de 48,5% en octobre. Spotify va augmenter ses prix aux Etats-Unis au premier trimestre de l'année prochaine, selon le FT. Syngenta envisagerait une introduction en bourse à Hong Kong, un an après un échec à Shanghai.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse. Tokyo grappille 0,07% à la cloche, Hong Kong prend 0,74%, Shanghai avance de 0,87%, Séoul monte de 0,3% et le Nifty50 gagne 0,18%. Le future SPX traite en très léger repli, l’Europe fait de même dans les premiers échanges.

Cette semaine sera marquée par Thanksgiving jeudi, Wall Street restera fermée à l’occasion et ouvrira pour une demi-séance le lendemain, autant dire que Downtown Manhattan sera désertée, tout ce joli monde restera dans les Hamptons dès mercredi soir.

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