Gonet: l'actualité des marchés au 21 novembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,84%, S&P 500 -1,56%, Nasdaq -2,15%, Russell -1,82%, SOX -4,77%, Eurostoxx +0,50%, SMI +0,10%.

Gros coup de blues des indices hier, malgré une Nvidia en forme olympique et aux prévisions rayonnantes. Le marché parait fatigué, le sentiment s’en ressent, les intervenants semblent douter que ces résultats exceptionnel puissent dissiper les inquiétudes récentes concernant les valorisations dans le domaine de l’intelligence artificielle. La plupart des analystes ont beau répéter qu’à court terme certes les perspectives de l’IA restent quelque peu mitigées mais que sur le long terme c’est une toute autre histoire, elles semblent extrêmement solides. Mais l’investisseur est ainsi fait, surtout le petit porteur (dumb money), qui entre clairement en hypoglycémie hier après-midi et jette l’éponge, tandis que dans les rangs des institutionnels (smart money), on fourbit tranquillement ses tickets d’achats en attendant le bon moment. On va revenir sur ce point, mais d’abord petit retour en arrière sur la séance de ce jeudi.

Séance qui débute fort bien, tout un chacun est ravi de la grosse pièce remise par la firme de Jensen Huang dans le juke-box des taureaux, qui ne se font pas prier pour remonter sur scène, sauf que cela dure une heure puis les ours reprennent le contrôle des événements et la pression vendeuse fait le reste. Les principaux indices US réalisent leur plus important retournement de tendance en séance depuis le 8 avril, la volatilité des actions gagne 11%, le VIX termine sa journée à 26,42 (prochaine étape technique potentielle 30), les volumes d’échanges remontent significativement, le breadth est déplorable et le podium du jour du SPX se compose des biens de consommation de base, de l’immobilier et des utilities, le bonnet d’âne étant sans conteste décerné à la tech. L’aversion au risque a donc le dernier mot hier, sur le front technique le SPX teste sa moyenne mobile à 100 jours à la cloche, tout comme le NDX. Les deux indices ne sont pas encore survendus mais s’approchent de ce territoire bien souvent synonyme d’opportunités à saisir.

Depuis leur record historique du 29 octobre, le SPX et le NDX ont rendu 5,7% respectivement 8,1%. On ne parle donc pas encore de correction, les deux compères sont encore en phase de consolidation. Je note avec intérêt que, contrairement au marché des actions, son grand frère obligataire ne cille même pas hier, bien au contraire, le MOVE (équivalent obligataire du VIX) recule de 7,7% à 77,81, le niveau de tension des intervenants de cette classe d’actif se rapproche donc plutôt de celui de Jacques Mayol en plongée. Certes le rendement du 10 ans US recule de 4,16% hier à son top à 4,08% ce matin mais cela est probablement à mettre principalement au crédit du rapport mensuel sur l’emploi, j’y reviens. Les valeurs refuges ne sont pas activement recherchées hier, prenez l’or qui recule à 4040 dollars l’once.

Côté monnaies, le dollar semble de plus en plus vouloir reprendre les commandes. Le Dollar Index (DXY) traite ce matin à 100,01, sa 200 jours est à 99,85, la paire EUR/USD cote 1,1543, elle regarde son principal support à 1,1405 (200 jours).

Résumons: le marché des actions est manifestement fatigué, les doutes autour du thème de l’IA ne semblent pas dissipés par les annonces de Nvidia hier et on garde en tête que la meilleure copine des actions a pris la tangente, ce matin les Fed Funds prédisent 30% de probabilités que la Fed coupe ses taux le 10 décembre, autant dire que le marché a abdiqué à ce sujet. Dans un tel contexte, l’investisseur lambda, le petit porteur, va probablement perdre patience d’ici quelques séances si la volatilité persiste et que les indices poursuivent leur consolidation/correction. Le moment est donc venu de garder son calme, penser un bon coup à Warren Buffet et se pencher sur un excellent article publié par Sentimentrader, qui observe la situation actuelle et regarde l’histoire boursière, qui est déjà passée par là à de nombreuses occasions.

Sentimentrader note que le SPX vient de passer sous sa moyenne mobile à 50 jours pour la première fois depuis longtemps, ce qui a affaibli le sentiment de marché. Dans le même temps, les investisseurs qualifiés («Smart Money») redeviennent plus confiants, alors que les particuliers («Dumb Money») font chemin inverse. Historiquement, quand le S&P500 passe sous sa moyenne mobile à 50 jours après avoir passé au moins 90 jours au-dessus, cela ressemble plutôt à un simple repli: dans 80% des cas, l’indice progresse trois à six mois plus tard. Sur les 30 dernières années, en excluant le choc du Covid de 2020, les probabilités de hausse restent très élevées. Un autre signal positif vient du spread Smart Money / Dumb Money: après plus de 90 jours en territoire négatif, ce qui signifiait un excès d’optimisme des particuliers, ce spread est repassé au-dessus de zéro. Historiquement, lorsque cela arrive, les performances à six mois sont gagnantes dans 100% des cas, même si les trois premiers mois peuvent être volatils. Le Short-term Optimism Index (Optix) a lui aussi touché un niveau très bas le 17 novembre, sous 30%, ce qui indique un pessimisme extrême. Quand ce signal se produit alors que le S&P500 reste au-dessus de sa moyenne à 200 jours, les données montrent un bon rapport risque/rendement: le recul moyen reste limité (environ –1,5%) et cela crée souvent une opportunité d’achat dans un marché haussier. Les performances sectorielles passées montrent que les secteurs traditionnels comme les matériaux, l’énergie et l’industrie ont tendance à mieux s’en sortir après ces signaux. Rappelons ici qu’il ne s’agit en aucun de prédictions boursières mais d’observation du passé, qui a bien souvent tendance à se reproduire. Vous aurez noté au passage que l’histoire nous enseigne notamment que, à court terme la volatilité pourrait bien rester parmi nous.

Intéressant: Barron’s semble s’insurger de la réaction du marché suite aux résultats de Nvidia, l’hebdomadaire insiste que la croissance réaccélère grâce aux serveurs NVL72, et les revenus du réseau bondissent de 162%, annonçant de futurs data centers, dans un article intitulé «the stock is misunderstood».

Le marché de l’emploi américain montre des signaux contradictoires. Le taux de chômage a légèrement augmenté, atteignant 4,4% en septembre, tandis que les créations de postes ont nettement dépassé les attentes avec 119'000 emplois nouveaux, contre 52'000 prévus. Les statistiques, publiées avec plus de six semaines de retard à cause du shutdown de 43 jours, révèlent également une révision importante des données d’août: au lieu de 22'000 créations annoncées, 4000 emplois ont finalement été perdus. Sur un an, le chômage est passé de 4,1% à 4,4%, soit environ 700'000 personnes supplémentaires sans emploi. L’emploi progresse surtout dans la santé, l’assistance sociale et la restauration, alors que la logistique et le secteur public fédéral reculent, avec près de 100'000 postes supprimés depuis janvier. Ces chiffres arrivent juste avant la réunion de décembre de la Fed. Face à un marché de l’emploi affaibli et une inflation encore élevée, ses membres sont divisés entre une nouvelle baisse des taux ou un maintien.

Michael Barr déclare que la Réserve Fédérale devait agir avec prudence, compte tenu d'une inflation supérieure à l'objectif fixé. Austan Goolsbee indique qu'il reste réticent à l'idée d'abaisser les taux lors de la prochaine réunion.

Au menu macro-économique de ce vendredi, les indicateurs PMI flash de novembre pour les grandes économies seront publiés tout au long de la journée, avec l'indice de confiance de l'Université du Michigan (16h00) et quelques discours de banquiers centraux US (Williams, Barr, Logan, avant 15h00).

UBS Group achève un rachat d'actions de 3 milliards de dollars. Canal+ obtient le renouvellement des droits de diffusion exclusifs des compétitions de clubs de l'UEFA. Netflix, Comcast et Paramount ont soumis leurs offres pour Warner Bros. Discovery, révèle le NYT. Sam Altman, d'OpenAI, craint l'offensive IA de Google, selon The Information. Citigroup change de directeur financier.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en net repli. Tokyo perd 2,4% à la cloche, Hong Kong rend 2,38%, Shanghai égare 2,45%, Séoul baisse de 3,79% et le Nifty50 égare 0,21%. Les futures SPX et NDX évoluent autour de l’équilibre, l’Europe abandonne 1,1% dans les premiers échanges.

 

L'actualité des marchés sera de retour mardi 25 novembre.

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