Le joyeux royaume des actions va peut-être vivre son heure de vérité dès ce soir. À 22h20 Nvidia publiera ses trimestriels, elle seule semble actuellement capable de remettre une pièce dans le juke-box de l’intelligence artificielle. Mais avant cela (et tout le monde semble s’en soucier comme de la journée mondiale de ce 19 novembre que je vous laisse découvrir) la Fed publiera les minutes de sa dernière réunion, c’est très important mais Nvidia prend toute la place dans les esprits formatés par l’IA. Cerise sur le gâteau, le très attendu (littéralement parlant) rapport mensuel sur l’emploi américain sera publié demain à 14h30. Le marché des actions voit donc un mur d’obstacles potentiels se dresser face à lui, is winter coming? Et puis le contexte actuel n’est pas des plus confortables pour les taureaux, les indices restent proches de leurs records historiques, on ne sait plus trop si à court terme la Fed pratiquera une politique monétaire expansionniste, les valorisations sont élevées et la peur tente un retour en douceur, le VIX commence à reprendre de la hauteur. Les petits porteurs n’en mènent plus du tout large, du côté des investisseurs institutionnels on est plutôt neutre, en revanche la dernière enquête de Bank of America nous apprend que les gérants de fonds américains pensent désormais que les géants de la tech surinvestissent dans l’IA.
La peur tente un retour mais ce n’est pas gagné pour elle, le sentiment de risque reste plutôt stable. Prenez le bitcoin, on en parle peu car il est ardu de déterminer à quoi cet actif est corrélé. Or depuis un mois sa corrélation avec le future de l’indice S&P500 (SPX) flirte avec 0,8, son plus haut niveau depuis 2022. Il n’est pas impossible que la très récente baisse des actions ait été en quelque sorte influencée par le repli massif de la principale crypto-monnaie au monde. Ceci n’engage que votre serviteur qui note que le XBT semble se calmer légèrement au-dessus de 90'000 dollars ce matin. En parallèle on n’observe pas de ruée notable vers les valeurs dites refuges telles que le franc suisse, l’or, les bons du Trésor US ou encore le yen japonais. Certes, le VIX (volatilité du SPX, autrement nommé indice de la peur), est de retour à 24,69, le 11 octobre il évoluait à 17,25. Réveil de la volatilité donc, en revanche on est encore très loin des 60 atteints début avril lorsque qui vous savez avait dévoilé sa liste de tarifs douaniers.
La séance de Wall Street d’hier est marquée par la poursuite du repli du Nasdaq100 (NDX), qui a reculé lors de 5 des 6 dernières séances. Il a désormais abandonné 6,4% depuis son record récent, on parle ici de consolidation, pas encore de correction (10% ou plus). Le NDX reste en tendance haussière, il n’est pas encore survendu mais s’approche de ce territoire. Sa moyenne mobile à 100 jours évolue actuellement à 24'091 points, clôture hier à 24'503 pts. Constat plus ou moins identique sur le SPX, on ajoutera que son podium du jour se compose de l’énergie, de la santé et de l’immobilier, le bonnet d’âne de la séance étant attribué à la tech et aux services de communication. Pas d’appétit pour le risque à Wall Street donc hier, en revanche le S&P500 équipondéré (SPW) termine sa journée autour de l’’équilibre, un signe supplémentaire que l’on ne jette pas tout à la poubelle et que les intervenants restent sélectifs, très bon signe ça. À ce propos, la volatilité du marché obligataire semble entrée en catatonie, le MOVE ne bouge plus, il indique que le grand frère des actions reste calme, lui qui a bien souvent raison. Le rendement du 10 ans US ne bouge pas, il se maintient ce matin à 4,12%, on attend le rapport sur l’emploi de pied ferme sur ce segment-ci de la cote.
Au chapitre des monnaies, il semble bel et bien que le Dollar Index (DXY) aura droit à son deuxième round. Il grappille du terrain et revient à 99,61, tandis que sa moyenne mobile à 200 jours recule légèrement à 99,92. La paire EUR/USD traite à 1,1577, résistance à 1,1652 – 1,1656.
Résumons: sur les parquets de trading on a un peu peur mais pas trop. Les cryptos nous montreraient-elles le chemin? Les arbitres du moment se nomment Nvidia et rapport mensuel sur l’emploi, les performances des indices d’actions restent stellaires, on tend à l’oublier mais on garde plutôt son calme, pas de ruée vers les valeurs refuges en cours. C’est une situation plutôt complexe que celle-ci, même Cyrano de Bergerac en perdrait probablement son sens de la répartie, on se demande aussi ce qu’en dirait le loup de Walll Street Jordan Belfort. Après, des situations complexes il s’en produit de plus en plus souvent, prenez le Louvre… mais je digresse, le plus important en l’état est probablement de ne pas surréagir et de se souvenir qu’en bourse, seule une stratégie à long terme paie, que les tempêtes boursières font partie du cycle et qu’historiquement, si l’on investi dans le SPX et que l’on conserve ses positions pendant vingt ans, les probabilités de perdre de l’argent s’élèvent à… zéro. Historiquement donc…
On se penche sur la macro du moment: l’emploi mesuré par l’ADP recule en moyenne de 2500 postes par semaine sur les quatre semaines jusqu’au 2 novembre, une amélioration par rapport à la baisse moyenne de 11’250 précédemment. L’indice immobilier NAHB de novembre progresse à la surprise générale, même si 41% des promoteurs réduisent leurs prix, un niveau record. Les commandes de biens durables de base d’août ressortent légèrement en dessous des attentes. Côté Fed, Barkin estime que l’inflation reste au-dessus de la cible malgré des données limitées et que le marché du travail pourrait être plus faible qu’il n’y paraît; il espère que le retour complet des statistiques guidera la politique monétaire.
La Chambre des représentants puis le Sénat approuvent la publication du dossier Epstein, après des mois de blocage. Sous la pression d’une alliance entre démocrates et républicains, le Congrès donne ainsi aux citoyens et aux victimes accès aux documents. Le texte doit maintenant être signé par le président des Etats-Unis, qui s’est récemment rallié à cette transparence malgré son opposition passée. Des survivantes, soutenues par des élus des deux partis, réclament publiquement la divulgation complète du dossier et dénoncent les échecs du gouvernement dans cette affaire. Le débat à la Chambre est tendu, les républicains et les démocrates s’accusant mutuellement de manque de transparence. Le vote final est écrasant, avec 427 voix pour et une contre, puis une approbation rapide et unanime du Sénat. Il ne manque plus que la signature du président pour que la publication devienne effective.
Au menu macro-économique de ce mercredi, l'inflation britannique (sortie en ligne), un discours du banquier de la Fed John Williams et la publication des minutes de la dernière réunion de la banque centrale (20h00) animeront la journée.
SAP s'associe à Capgemini, Mistral AI et Bleu pour proposer des solutions de cloud souverain. Stellantis élargit l'accès à la recharge des véhicules électriques grâce à l'intégration du réseau Supercharger de Tesla. Nestlé Waters peut continuer à vendre l'eau Perrier en France, après le rejet de la plainte de l'UFC Que Choisir. Meta gagne son procès contre la FTC et conservera Instagram et WhatsApp. Paramount a engagé des discussions avec le fonds souverain saoudien au sujet d'une éventuelle offre d'achat de Warner Bros. Discovery, selon le FT. Axios révèle que Warner voudrait obtenir 30 USD par action pour son rachat. L'Arabie Saoudite va acheter des F35 à Lockheed Martin.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo rend 0,34% à la cloche, Hong Kong abandonne 0,38%, Shanghai progresse de 0,18%, Séoul baisse de 0,61% et le Nifty50 grappille 0,37%. Le future SPX et son compère du NDX traitent autour de l’équilibre, l’Europe rend 0,3% dans les premiers échanges.