Suisse-USA: l’accord sur les droits de douane élimine les principaux risques baissiers

Nadia Gharbi, Pictet Wealth Management

1 minute de lecture

L’entente sur une taxe à 15% constitue une évolution clairement positive pour les industries suisses. Elle devrait avoir des implications directes limitées pour la politique monétaire.

Les droits de douane de 39% imposés sur les marchandises suisses n’ont eu qu’un impact direct limité sur l’économie helvétique dans son ensemble, bien que certaines industries aient rencontré des difficultés notables. Cette résilience s’explique en grande partie par deux facteurs: d’une part, le taux effectif des droits étant nettement inférieur à 39% en raison de nombreuses exemptions et, d’autre part, l’anticipation des exportations dans plusieurs secteurs avant l’entrée en vigueur des tarifs.

Le récent accord commercial conclu entre les Etats-Unis et la Suisse élimine les principaux risques baissiers et constitue une évolution clairement positive pour les industries suisses ainsi que pour les perspectives de croissance globales. Sous le régime tarifaire précédent, la Suisse faisait face à une perte de compétitivité significative — non seulement en raison de la force du franc suisse, mais aussi parce que les économies européennes voisines étaient soumises à des droits d’environ 15%.

L’accord devrait avoir des implications directes limitées pour la politique monétaire. Dans son communiqué de septembre, la Banque nationale suisse (BNS) avait déjà indiqué que l’impact des droits de douane sur l’économie restait contenu. L’inflation devrait demeurer dans la fourchette compatible avec la stabilité des prix, ce qui suggère que le taux directeur devrait rester inchangé à court terme. Néanmoins, le taux de change demeure la variable clé à surveiller.

Le seuil pour réintroduire des taux d’intérêt négatifs reste élevé pour la BNS, bien que certains risques persistent. Avec un taux directeur actuellement à 0%, l’orientation de la politique monétaire est déjà favorable à la croissance. Les responsables de la BNS ont réaffirmé leur disposition à tolérer une inflation temporairement négative, à condition que l’objectif d’inflation soit atteint à moyen terme. Une réintroduction de taux négatifs nécessiterait probablement un catalyseur clair, tel qu’une appréciation durable et marquée du franc suisse.

A lire aussi...