L’EUROPE ENGAGE UNE PHASE D’INVESTISSEMENT MAJEURE
Nous assistons à un moment charnière pour l’Europe. Après plusieurs années dominées par la rigueur budgétaire et la dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement mondialisées, le continent engage une stratégie d’investissement ambitieuse.
L’Allemagne, la Commission européenne et plusieurs Etats membres de l’Union européenne ont annoncé des programmes historiques de réarmement, de modernisation des infrastructures et de soutien à la réindustrialisation. Ce mouvement traduit une volonté claire: restaurer la souveraineté économique et technologique de l’Europe, tout en stimulant une croissance durable.
Devant un certain essoufflement de l'exceptionnalisme américain et les incertitudes entourant la trajectoire du pays, de nombreux investisseurs cherchent à diversifier leurs portefeuilles. «Nous observons un intérêt croissant pour les actifs européens, porté par des thématiques structurelles telles que la défense, les infrastructures critiques, la transition énergétique, la digitalisation ainsi que la modernisation industrielle. Les valorisations attractives des entreprises européennes par rapport à leurs homologues outre-Atlantique renforcent également l'attrait des investisseurs pour l'Europe», note Christophe Caspar, Global CEO d’Edmond de Rothschild Asset Management.
UN NOUVEAU PARADIGME ÉCONOMIQUE MARQUÉ PAR 4 GRANDES TENDANCES
L’économie mondiale fait actuellement face à quatre grands défis structurants, les «4 D»:
- Déficit et endettement structurels, nécessaires pour financer la transition et soutenir la croissance;
- Déglobalisation, avec la fragmentation des échanges et la relocalisation partielle de la production;
- Décarbonation, moteur essentiel de la transformation industrielle et énergétique; et
- Démographie vieillissante, qui impose de repenser productivité, innovation et modèles sociaux.
Ces tendances de fond appellent des réponses d’investissement ciblées, capables de conjuguer rendement, résilience et croissance économique.
LES SMALL CAPS EUROPÉENNES: DES RELAIS DE CROISSANCE ESSENTIELS
Les petites et moyennes capitalisations sont au cœur de cette dynamique économique car elles participent à la construction des chaînes de valeur locales et à la montée en puissance de l’autonomie industrielle européenne. Leur profil cyclique et leur ancrage domestique leur permettent de capter directement les effets des plans de relance et des politiques d’investissement à l’échelle de l’Europe.
Ces entreprises ont également l’avantage d’être moins sensibles aux tensions commerciales et à la volatilité du dollar. Aujourd’hui, elles affichent encore une décote de près de 15% par rapport aux grandes capitalisations, alors qu’elles se traitent avec une prime de l’ordre de 20%.
De plus, l’univers des Small Caps européennes est d’une grande richesse sectorielle. Il compte de nombreux acteurs de niche bien positionnés sur les thèmes structurants du moment.
Ces entreprises constituent souvent le socle de l’innovation européenne. Leur taille et leur agilité leur permettent de répondre plus rapidement aux mutations industrielles et aux besoins spécifiques des marchés locaux.
GESTION ACTIVE: UNE STRATÉGIE QUI PORTE SES FRUITS
Face à la montée de la gestion passive, centrée sur les grandes capitalisations, et l’influence croissante des investisseurs particuliers à la recherche de solutions plus personnalisées, la gestion active devient encore plus pertinente. Elle permet en effet d’identifier et d’exploiter les opportunités non couvertes par les ETF et d’adapter les stratégies aux attentes spécifiques des investisseurs, à condition que les gérants de portefeuilles gardent un horizon d’investissement long et une discipline rigoureuse sur les valorisations.