Confronté à une tripartition inédite du paysage politique sous la cinquième République, le président français a désormais trois options devant lui que nous présentons ici du plus au moins probable:
- La nomination d’un nouveau premier ministre est l’option que nous privilégions à ce stade.
- Une dissolution de l’Assemblée nationale. Alors qu’il ne pouvait pas y recourir après la chute du gouvernement Barnier fin 2024, ceci fait désormais partie des options à la disposition du président de la République.
- Une démission du président de la République est très peu probable à ce stade mais ne peut être exclue totalement, d’autant plus qu’il s’agit d’une revendication d’une partie du mouvement de contestation du 10 septembre.
Quelle que soit l’issue de la crise politique actuelle, la probabilité d’une réforme d’ampleur des finances publiques restera faible, si bien que les marchés financiers eux-mêmes semblent être résignés et se contenteront probablement d’un scénario où le déficit budgétaire ne se dégrade pas davantage. Pourtant, sans être catastrophique, la situation est préoccupante tant la France diverge du reste de la zone euro avec le déficit budgétaire le plus important (-5,8% en 2024 ; -5.4% attendu en 2025 vs une moyenne ZE autour de -3%) et une dette publique dont la trajectoire est haussière (113% en 2024 et 117% attendu en 2025). Cette dégradation des équilibres budgétaires s’explique principalement par une baisse des recettes fiscales du fait des baisses d’impôts accordées aux ménages (-1,6 pt depuis 2017) et aux entreprises (-0,8 pt), laquelle n’a pas été compensée par une réduction de la dépense publique (revenue au niveau de 2017 après un pic pendant la pandémie).
Si beaucoup de partis s’accordent sur la nécessité de réduire la dépense publique qui représente aujourd’hui 57% du PIB (vs 50% en moyenne pour la zone euro), difficile pour autant de trouver une majorité pour des mesures qui ramèneraient le déficit primaire en-dessous du niveau stabilisant la dette. En effet, en décomposant cet excédent de dépenses par rapport au reste du continent (7 ppt), l’essentiel provient du système des retraites (2,2 ppt) et de la santé (1,5 ppt), deux sujets politiquement explosifs que les partis cherchent à éviter, les incitant à proposer des ajustements du déficit à la marge seulement. Tout porte donc à croire que le statu quo devrait perdurer, à moins que la pression de la Commission européenne et surtout celle des marchés financiers ne s’accentue, auquel cas des choix plus difficiles devront nécessairement être faits, probablement à l’issue de nouvelles élections législatives ou présidentielle.