Gonet: l'actualité des marchés au 3 octobre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,17%, S&P 500 +0,06%, Nasdaq +0,39%, Russell +0,66%, SOX +1,94%, Eurostoxx +1,16%, SMI +0,54%.


De l’autre côté de l’Atlantique c’est un peu deux salles, deux ambiances. A Washington DC on s’écharpe sans vergogne ni résultats, à New York on achète. Je pourrais presque m’arrêter là…

Shutdown du gouvernement américain, jour 2, de nombreux fonctionnaires dans tout le pays ignorent de quoi leurs lendemains seront faits, qui vous savez semble s’en soucier comme de sa dernière chemise. Pendant ce temps-là Downtown Manhattan les principaux indices poursuivent leur route vers le nirvana. Nouveaux records historiques à la cloche pour les indices Dow Jones, S&P500 (SPX) et Nasdaq100 (NDX), cela fait cinq séances consécutives que ces trois-là grimpent main dans la main, un phénomène rare. Le secteur des semi-conducteurs reste recherché, la pharma marque une pause bien méritée, les géants de la tech sont partagés, on note le repli de 5,1% de Tesla, qui fait l’objet de prises de profits après ses résultats, supérieurs aux attentes mais qui mettent en lumière les doutes croissants des investisseurs quant à la capacité de la firme à poursuivre sa trajectoire de croissance, il n’échappe à personne que les ventes records au troisième trimestre sont surtout dues à une précipitation des acheteurs avant l’expiration du crédit d’impôt fédéral de 7500 dollars le 30 septembre. Le podium du jour du SPX se compose des materials, de la tech et de services de communication. Le breadth est légèrement positif, les volumes d’échanges en net repli alors que la volatilité remonte légèrement, le VIX termine sa séance à 16,63 (caramba! on y était presque).

C’est une journée de trading calme et sereine que vit Wall Street hier, le marché reste confiant que la Fed va couper ses taux de 0,5% d’ici à la fin de l’année, la saison des résultats trimestriels de sociétés démarre dans deux petites semaines, le shutdown ne fait peur à personne pour le moment et Sentimentrader publie un article qui ne passe pas inaperçu: un signal appelé «Returning Confidence» (retour de confiance) vient d’être déclenché sur les marchés fin septembre 2025. Dans le cycle de sentiment, cette phase apparaît après la panique et le découragement et annonce généralement une reprise plus saine et durable. Historiquement, ce signal est très positif: depuis 1933, dans 87% des cas, le SPX gagne sur l’année suivante avec un rendement médian de +12%. Les petites capitalisations et les secteurs cycliques (communication, énergie, industrie) en profitent le plus, tandis que les secteurs défensifs ou sensibles aux taux d’intérêt sont à la traîne. À court terme (1 à 3 mois), la volatilité reste possible, mais sur 6 à 12 mois, les statistiques penchent nettement en faveur d’une poursuite de la hausse boursière (source: sentimentrader.com). On se calme tout de suite dans les rangs des taureaux, ceci est une étude d’indicateurs internes de marché et non une garantie d’un futur triomphal.

Côté monnaies c’est tout de même très calme, la paire EUR/USD traite ce matin à 1,1730, sa moyenne mobile à 50 jours évolue actuellement à 1,1678. Sur le front obligataire, le rendement du 10 ans US revient à 4,10%, en route pour les 4,00%?

En Europe on observe un retour en grâce des secteurs pharma, de l’automobile ou encore du luxe. L’indice Eurostoxx50 parvient à poster un nouveau record sans l’aide du secteur bancaire, c’est à noter.

Au niveau macro, la situation politique autour du shutdown n’évolue guère. Le Sénat doit voter aujourd’hui sur le plan républicain de financement provisoire de sept semaines; s’il échoue, aucun autre vote n’est attendu avant lundi. À cause du shutdown, les statistiques sur les inscriptions au chômage et les commandes industrielles n’ont pas été publiées hier. En septembre, les annonces de licenciements (Challenger Layoffs) reculent de 37% sur un mois et de 26% sur un an, mais restent en bonne voie pour dépasser le million cette année, une première depuis 2020. Les projets d’embauches chutent de près de 60% sur un an. La Fed de Chicago estime que le taux de chômage est resté proche de 4,3% en septembre. Les ventes de véhicules légers progressent de 2% sur un an, à un rythme annualisé de 16,4 millions, mieux qu’attendu, soutenues par les voitures électriques. Enfin, la présidente de la Fed de Dallas, Lorie Logan, insiste sur la prudence à avoir avant d’envisager des baisses de taux.

Au menu macro-économique de ce vendredi, les indicateurs PMI définitifs des services pour plusieurs grandes économies seront publiés durant la journée, ainsi que l'ISM aux Etats-Unis. 

Plusieurs grands groupes européens, dont L'Oréal, ont à nouveau été approchés par la famille Armani, désireuse de reclasser une part minoritaire du groupe italien, selon l’agence Reuters. Les fonds UBS sont exposés à hauteur d'un demi-milliard de dollars à la faillite de l'équipementier américain First Brands, selon l’agence Bloomberg. Le Boeing B777X prend du retard et ne sortira qu'en 2027, entraînant des milliards de dollars de charges, selon l’agence Bloomberg. Les téléphones Google Pixel ajoutés à la liste des produits approuvés du réseau d'information du ministère de la Défense US. NBC Universal (Comcast) et Google concluent un accord à long terme. Amazon va relancer son service de livraison par drone en Arizona à partir de vendredi, selon TechCrunch. Asahi Group a suspendu certaines expéditions de boissons après une cyberattaque.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo progresse de 1,85% à la cloche, le yen s'est affaibli après que Kazuo Ueda n’a pas indiqué si la Banque du Japon allait relever ses taux ce mois-ci. Les marchés sont fermés en Chine et en Corée du Sud. En revanche Hong Kong recule de 0,68% et le Nifty50 égare 0,04%. Le future SPX avance de 0,25%, l’Europe traite en légère hausse dans les premiers échanges. 

En France, le Premier ministre Sébastien Lecornu rencontrera des députés aujourd’hui, il tente d’obtenir suffisamment de soutien politique afin d'adopter le budget de l'année prochaine. Les contrats à terme sur obligations d'État (OAT) sont stables, mais risquent de prolonger leur récente sous-performance par rapport à leurs homologues allemands s'il peine à progresser.

 

L'actualité des marchés sera de retour mardi 7 octobre.

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