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Le gouvernement des Etats-Unis ferme, démocrates et républicains entament un bras de fer et les ours se lèchent les babines, voyant une opportunité rare dans ce shutdown de renvoyer les taureaux à leurs études. On pourrait résumer la première séance de trading de Wall Street en version shutdown en observant l’évolution du VIX, l’indice de la volatilité du S&P500 (SPX), autrement nommé indice de la peur. Et que fait le VIX hier? Absolument rien, il clôture inchangé sur la journée, son niveau actuel de 16,29 est bas, autant dire que les bisbilles de Washington DC en touchent une au marché sans faire bouger l’autre, pour paraphraser un célèbre philosophe Français. En une phrase comme en cent, le VIX qui reste de marbre un lendemain de shutdown, c’est un peu comme si le marché tout entier faisait un gros bras d’honneur au grand blond énervé et ses opposants.
Et pourtant la journée de trading commence plutôt mal, le SPX subit une certaine pression vendeuse dans les premiers échanges, qui dure une éternité soit précisément 30 minutes et c’est à l’heure de notre goûter que le principal indice du NYSE se met en mode BTFD (n’insistez pas je ne traduirai pas), à ce moment précis il se trouve à 6660 points (tiens donc), il ne regardera plus dans son rétroviseur de toute la séance et la termine quasiment à son top du jour, 29e record historique de l’année à la clé, en collaboration avec les indices Dow Jones Industrial, Nasdaq100 (NDX) et même S&P500 équipondéré (SPW). La macro du jour contribue à encourager les acheteurs, le rapport ADP sur l’emploi dans le secteur privé ressort nettement en-dessous des attentes, du coup les Fed Funds prédisent désormais 101% de probabilités d’une baisse de 0,25% par la Fed lors de sa réunion du 29 octobre, puis 87% d’une rebelote le 10 décembre. On note la surperformance des semi-conducteurs, l’indice SOX gagne un peu plus de 2% et atteint un niveau encore inexploré de 6500 points, merci notamment à Micron Tech (MU +8,86%) et Intel (INTC +7,12%).
Les volumes d’échanges sont stables, le breadth légèrement négatif, le podium du jour du SPX se compose de la santé, des utilities et de la tech. Dans ce contexte de pataquès politique et d’un marché de l’emploi qui confirme son ralentissement, le dollar reste plutôt stable, la paire eur/usd traite ce matin à 1.1748, sa moyenne mobile à 50 jours évolue actuellement à 1,1679. Côté marché obligataire en revanche, on revient dans les bons du Trésor US suite au rapport ADP, le rendement du 10 ans recule à 4,11%, son principal support se trouve à 4,00%.
Le secteur pharma mène le peloton hier, porté par l’annonce d’un accord entre la Maison-Blanche et Pfizer sur les prix des médicaments et les tarifs, qui fait tache d’huile à tout le secteur, dont la prime de risque faisait de lui un des pires secteurs boursiers cette année en termes de performance, on assiste à un short squeeze puissant hier, notamment en Suisse ou Roche (+8,62%) et Novartis (+3,9%) permettent à l’indice SMI de gagner plus de 2% sur la journée. Le marché revient donc sur ce dossier, il s’attendait probablement à pire.
Dans le reste de l’actualité, la Cour Suprême des Etats-Unis semble désormais jouer le rôle de dernière ligne de défense face à qui vous savez, à qui elle interdit de licencier la gouverneure de la Fed Lisa Cook, du moins pour le moment. Madame Cook est assurée de rester en poste jusqu’en janvier.
Le Wall Street Journal publie un long article au sujet de la fermeture du gouvernement américain, dont voici un résumé : Six mois après avoir refusé d’affronter Donald Trump en provoquant une paralysie budgétaire, Chuck Schumer et les démocrates choisissent cette fois de se ranger derrière l’aile gauche du parti et d’aller jusqu’au shutdown du gouvernement. Ils veulent montrer aux électeurs une volonté plus forte de combattre Trump et les républicains, même si cette stratégie risque d’être coûteuse politiquement. La bataille porte sur le renouvellement de subventions d’assurance santé, que les démocrates considèrent comme essentielles. Schumer mobilise des figures influentes et des groupes progressistes pour renforcer le message, sous la pression de militants et d’élus comme Alexandria Ocasio-Cortez. Le parti, affaibli depuis ses défaites de 2024 et divisé entre progressistes et centristes, parie sur une stratégie d’opposition plus dure, inspirée de celle de Trump. Pourtant, certains démocrates vulnérables votent avec les républicains, et des voix modérées s’inquiètent de l’absence de stratégie de sortie. Des sondages récents montrent un effritement du soutien populaire au parti, dont la direction est jugée faible et divisée.
De nombreux débats internes traversent les démocrates: comment concilier les priorités progressistes (immigration, identité, climat) avec les attentes d’électeurs plus centristes, notamment sur l’économie et la sécurité des frontières? Des figures comme Gavin Newsom, Nancy Pelosi ou Rahm Emanuel poussent à durcir le discours face à Trump, tandis que d’autres appellent à recentrer le parti sur l’emploi et le pouvoir d’achat. Malgré une unité relative autour des subventions santé, les fractures persistent, et l’avenir du parti reste incertain face à la popularité de la ligne combative des progressistes (source: WSJ).
OpenAI conclut un accord permettant à ses employés et anciens employés de vendre pour 6,6 milliards de dollars d’actions, ce qui valorise l’entreprise à 500 milliards de dollars. Cette opération, soutenue par des investisseurs comme Thrive Capital, SoftBank, Dragoneer, MGX et T. Rowe Price, propulse OpenAI devant SpaceX (400 milliards) et confirme l’énorme engouement autour de l’intelligence artificielle. Bien que la société ne dégage pas encore de bénéfices, elle multiplie les partenariats avec de grands acteurs comme Oracle et SK Hynix, et joue un rôle central dans l’essor mondial des infrastructures liées à l’IA. Fondée en 2015 comme organisation à but non lucratif, OpenAI prépare sa transformation en société à but lucratif encadrée par une entité à but public, un changement qui suscite l’opposition d’Elon Musk, cofondateur avec Sam Altman, aujourd’hui en conflit avec l’entreprise. Dans un marché très concurrentiel où des géants comme Google, Meta ou Anthropic investissent massivement, OpenAI cherche à retenir ses talents grâce à ces ventes secondaires d’actions. La société renforce aussi son offre technologique en publiant de nouveaux modèles d’IA, dont GPT-5 en août, pour conserver son avance face à la compétition.
Au menu macro-économique de ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage et les commandes d'usines aux Etats-Unis, enfin on espère.
La Chine restreint l'utilisation de Nokia et d'Ericsson dans ses réseaux de télécommunications, selon le Financial Times. Brunello Cucinelli réaffirme le respect des règles européennes pour ses activités en Russie. Goldman Sachs maintient sa recommandation d'achat et relève l'objectif de cours de 116 EUR à 122 EUR. Intel est en pourparlers préliminaires en vue d'ajouter AMD à sa liste de clients de fonderie, selon Semafor. Apple renonce à la refonte de son casque Vision pour donner la priorité aux lunettes d'intelligence artificielle de type Meta, selon l’agence Bloomberg. Le CEO de Microsoft nomme un nouveau directeur commercial pour se concentrer sur l'IA. General Motors affiche des ventes en hausse de 8% aux Etats-Unis au troisième trimestre. Samsung Electronics et SK Hynix ont signé des accords préliminaires avec OpenAI pour fournir des puces mémoire aux centres de données du projet d'infrastructures IA Stargate aux Etats-Unis.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse. Shanghai et Mumbai sont fermées, Tokyo progresse de 0,87% à la cloche, Hong Kong avance de 1,92% et Séoul prend 2,7%. Le future SPX traite en très légère hausse et l’Europe ouvre en hausse de 0,6%. Le baril de WTI Light Crude fuit manifestement, il glisse à 61,79 dollars, tandis que l’or reste demandée à 3873 dollars l’once.