Une possible fermeture de l’administration américaine se profile à l’horizon, alors que la date limite du 1er octobre pour parvenir à un accord sur le financement public approche rapidement. Quelles pourraient en être les conséquences sur les marchés et les portefeuilles des investisseurs?
Un impact économique contenu
Il convient de rappeler que de nombreux conflits autour du financement de l’Etat ont, par le passé, inclus des blocages liés au plafond de la dette, ce n’est pas le cas ici. Les shutdown affectent la capacité à dépenser de l’argent, mais n’ont pas d’impact sur la capacité du Trésor à émettre de la dette ou à payer les intérêts. Les questions liées au plafond de la dette sont contraignantes, car elles peuvent entraver la capacité du Trésor à émettre de la dette et à honorer ses engagements, un risque bien plus important.
Aujourd’hui, puisqu’il ne s’agit que d’un shutdown, il est peu probable que les marchés ou les portefeuilles soient significativement affectés, bien qu’il puisse y avoir des effets indirects.
Historiquement, les shutdown n’ont été qu’une anomalie mineure en termes d’impact sur la croissance du PIB. Elles sont plus susceptibles de provoquer des perturbations temporaires que d’imposer une pression durable, les effets économiques à court terme étant souvent récupérés par la suite.
Des incertitudes qui nourrissent la volatilité
Cependant, la durée de la fermeture peut affecter la collecte et la publication de données économiques clés, surtout à un moment où l’économie est à un tournant crucial concernant la croissance et l’inflation. Les investisseurs, déjà attentifs aux signes d’affaiblissement du marché de l’emploi et focalisés sur les effets de transmission des droits de douane à l’inflation, pourraient voir dans tout retard de publication des données économiques une source d’incertitude accrue. Et cette incertitude supplémentaire se traduit souvent par une augmentation de la volatilité sur les marchés financiers.
S’ajoute à cela la menace de licenciements permanents de certains employés fédéraux jugés non essentiels, formulée par le Bureau de la gestion et du budget (Office of Management and Budget) en cas de fermeture. Etant donné que les Etats-Unis n’ont jamais emprunté cette voie auparavant, il est probable que cette décision donne lieu à des contestations judiciaires.
Ainsi, même si les conséquences économiques d’un shutdown devraient rester limitées, l’incertitude accrue liée aux perturbations dans la collecte des données économiques, ainsi que les litiges potentiels liés aux licenciements permanents, représentent les plus grands défis pour les investisseurs et le moral des marchés, se manifestant probablement par une hausse de la volatilité à court terme.
Cette incertitude pourrait-elle suffisamment peser sur le contexte économique et, par conséquent, sur les actifs risqués? Probablement pas de manière durable, mais plus elle perdure, plus le risque augmente.