Les fonds indiciels obligataires offrent aux investisseurs un accès diversifié et peu coûteux aux marchés mondiaux de la dette, à l’image des fonds indiciels actions pour les marchés boursiers. Mais l’indice Bloomberg Global Aggregate (Global Agg) peut-il vraiment être considéré comme le proxy de référence de l’univers obligataire mondial, au même titre que les grands indices globaux le sont pour les actions?
En réalité, les marchés obligataires diffèrent profondément des marchés actions, ce qui justifie une approche active spécifique. Dans le cadre d’une allocation obligataire, ces différences mettent en lumière la valeur ajoutée des gérants actifs: en ouvrant l’univers d’investissement à un éventail bien plus large de titres, ils favorisent une meilleure diversification et offrent un potentiel de rendement supérieur.
Un univers d’opportunités élargi
L’univers obligataire mondial est nettement plus vaste, complexe et moins efficient que celui des actions. L’indice Global Agg recense ainsi plus de 31'000 titres dans 72 pays1, contre environ 4'200 pour le FTSE All-World Index, principal indice actions mondial2.
Les marchés obligataires se distinguent aussi par leur fragmentation: ils regroupent des émetteurs souverains comme privés, et leur composition évolue en permanence au rythme des émissions et des remboursements. De plus, les entreprises peuvent émettre une multitude d’obligations, avec des maturités, coupons, notations de crédit et structures de paiement variés, alors qu’elles n’offrent généralement qu’une seule catégorie d’actions.
Cette complexité et cette diversité ouvrent aux gérants actifs un terrain d’opportunités beaucoup plus large à explorer.
Générer de l’alpha pour les investisseurs
Les gérants obligataires actifs peuvent mettre en œuvre diverses stratégies pour tirer parti de ces opportunités. Ils peuvent, par exemple, identifier au sein de la structure du capital d’émetteurs souverains ou privés de haute qualité des obligations moins liquides mais offrant des rendements ajustés du risque attractifs, selon les maturités, les notations, les devises ou d’autres caractéristiques spécifiques.
Ils peuvent également surpondérer certains emprunts d’État émis par des pays dont la situation économique et budgétaire s’améliore, contexte généralement favorable à une hausse des prix et à une baisse des rendements. Sur le marché du crédit, ils peuvent enfin renforcer l’exposition à des secteurs ou à des émetteurs dont les fondamentaux se consolident et dont les spreads devraient se resserrer.
Cette flexibilité dans l’allocation permet de générer potentiellement de la performance sans augmenter significativement le niveau de risque par rapport à une approche indicielle, à condition de s’appuyer sur une méthodologie d’investissement rigoureuse.
Maîtriser le risque
Si la plupart des gérants actifs visent à surperformer leurs indices de référence, ce qui les distingue réellement est leur capacité à gérer efficacement le risque. Cet aspect est crucial pour de nombreux investisseurs obligataires dont les objectifs vont au-delà de la seule recherche de rendement. Ces objectifs peuvent varier, mais incluent souvent la génération de revenus réguliers, la préservation du capital ou encore l’atteinte de buts financiers spécifiques.
Une gestion active permet d’ajuster les portefeuilles en fonction de l’évolution des conditions de marché et des taux d’intérêt, afin de limiter l’exposition au risque de baisse et de favoriser une trajectoire de rendement plus régulière.
La diversification à l’échelle mondiale contribue également à réduire la volatilité et à améliorer le profil rendement/risque des portefeuilles. En répartissant les investissements sur une large gamme d’obligations, de marchés et d’environnements économiques, les investisseurs réduisent leur dépendance aux dynamiques politiques ou économiques d’un seul pays ou d’une seule région.
1Source: Bloomberg, au 25 janvier 2025. L’indice Global Aggregate comprend environ 31'000 obligations.
2Source: LSEG, au 31 juillet 2025. L’indice FTSE All-World comprend 4 221 constituants et couvre environ 90 à 95% de l’univers mondial des actions.