Gonet: l'actualité des marchés au 28 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,32%, S&P 500 +0,24%, Nasdaq +0,21%, Russell +0,64%, SOX +0,29%, Eurostoxx +0,17%, SMI +0,38%.

 

Nvidia est de sortie hier soir, elle va bien et ne casse pas le jouet des taureaux, de quoi nous faire oublier une météo digne de Mordor ce matin, j’y reviens (sur Nvidia, pas la météo).

Mais d’abord et dans l’indifférence la plus générale, l’indice S&P500 (SPX) atteint un nouveau record de tous les temps à la cloche. Alors certes les volumes d’échanges sont faibles mais au final les absents ont toujours tort et les mouvements se font, le SPX est sur le toit de son monde ce matin, même pas suracheté, hier on rachète même les positions short à la pelle ainsi que les actions de sociétés exposées aux tarifs de qui vous savez. Le podium du jour du SPX se compose de l’énergie, de la tech et de l’immobilier. Les petites capitalisations sont toujours recherchées, elles surperforment une fois encore le reste de la cote, la volatilité remonte un chouia, le VIX clôture à 14.85, un niveau bien faible, pendant que le dollar et l’euro se battent comme des chiffonniers, entre eux mais aussi avec leur moyenne mobile à 50 jours, qui évolue actuellement à 1.1658 contre un niveau actuel de la paire à 1.1635. A ce sujet, le billet vert est censé poursuivre son repli mais les tribulations d’un premier ministre en France ont envoyé une sorte d’uppercut dans la figure de la monnaie unique européenne, empêchant momentanément la poursuite de la hausse de l’euro.

Côté marché obligataire, le rendement du 10 ans US recule à 4.22%, juste au-dessus de sa zone de support entre 4.20% et 4.18%. Même phénomène sur le 30 ans, dont le rendement revient à 4.89%, cela se détend donc quelque peu sur ce segment-ci, d’ailleurs l’indice MOVE (sorte de pendant obligataire du VIX) perd 2.1% à 77.66 hier, le marché semble de plus en plus détendu, intéressant.

En France c’est le bazar, François Bayrou, premier ministre ad interim a mis un pataquès pas possible dans le paysage politique de l’hexagone en annonçant le 25 août vouloir recourir à un vote de confiance à l’Assemblée nationale, le 8 septembre, prenant ainsi au piège bon nombre de parlementaires. Ce matin on apprend que le premier ministre va lancer un cycle de rencontres dès le 1er septembre avec les chefs de partis. Cela sent le match d’impro à plein nez, rappelons que le marché abhorre l’imprévu, en l’espèce il est servi avec l’arrivée de plus en plus probable d’un 5ème premier ministre à Matignon en deux ans et un budget en sursis qui inquiètent, non seulement la France va mal mais elle pourrait bien contaminer le reste de l’Europe, et le spread OAT / Bund de grimper au-dessus de 80 points de base hier, la dette Française rémunère désormais presque autant que l’Italienne. Côté actions, le CAC40 a commencé par se prendre les pieds dans le tapis, pour se reprendre quelque peu dans un deuxième temps. En l’état il a perdu 2.2% depuis le 25 août.

On passe au plat de résistance avec Nvidia qui publie hier soir des ventes record au deuxième trimestre (46,7 milliards de dollars, en ligne avec les attentes), portées par la forte demande en puces pour l’IA. Son bénéfice net bondit de 59% sur un an, à 26,4 milliards, et ses prévisions pour le troisième trimestre (54 milliards de dollars) sont légèrement supérieures au consensus. Pourtant, le titre perd environ 3% dans les échanges après Bourse. Deux facteurs principaux expliquent ce repli. Tout d’abord les revenus de la division data centers (le cœur de l’activité, 89% des ventes) atteignent 41,1 milliards, légèrement en dessous des 41,3 milliards attendus, marquant le deuxième trimestre consécutif de « miss ». Corollaire, les investisseurs semblent juger la prévision de chiffre d’affaires comme décevante après une série de trimestres spectaculaires, y voyant un signe que la croissance de la demande en puces d’IA pourrait ralentir. La faiblesse dans les data centers provient en partie de la chute des ventes du modèle H20 en Chine, affectées par les tensions commerciales et réglementaires. Nvidia n’anticipe d’ailleurs aucun revenu de ce produit au troisième trimestre, ce qui entretient l’incertitude sur son exposition au marché chinois.

En bref le cocktail «léger raté de revenus sur les data centers» et perspectives jugées tièdes déplait, on vend un peu de Nvidia mais les adeptes de fortes baisses doivent tout de même ressentir de la frustration ce matin, l’investissement à tout va dans la croissance de l’intelligence artificielle ne semble pas remis en question, c’est peut-être là le plus important dans l’analyse des trimestriels de la firme de Santa Clara.

D’ailleurs ce matin le sentiment général du marché semble serein, le future Nasdaq est quasiment inchangé celui du S&P500 (SPX) évolue proche de l’équilibre, l’Eurostoxx ouvre en hausse de 0.6% et on n’observe aucune ruée vers des valeurs refuges.

Depuis les bas d’avril, la progression des actions américaines a été continue, portée par l’euphorie autour de l’IA et des records boursiers successifs. Dans ce contexte, la publication des trimestriels de Nvidia rappelle combien le marché est scruté et met en évidence la vulnérabilité de valorisations déjà tendues : le S&P 500 affiche un PER de 27,5, niveau rarement observé depuis 2021 et des titres comme Nvidia sont désormais probablement « pricés pour la perfection ». Mais ce qui frappe ce matin, c’est le PEG du titre. PEG signifie Price Earnings to Growth, un ratio qui compare le PER (la valorisation en bourse) d’une action avec la croissance attendue de ses bénéfices. La théorie financière dit qu’un PEG en-dessous de 1 indique que le titre est bon marché. Dans le secteur en croissance de la tech, on tolère en générale des PEGs jusqu’à 2 pour attribuer un tel qualificatif à une action, or il y a quelques séances encore le PEG de Nvidia se situait à 1.17, ce matin il a reculé à 1.04, le marché considère donc que les perspectives de croissance de la firme sont meilleures après la publication des trimestriels d’hier soir.

L'UE envisagerait des sanctions secondaires pour empêcher les pays tiers d'aider la Russie à contourner les sanctions. Parallèlement, Volodymyr Zelenskiy nomme l'ancienne Première ministre Olha Stefanishyna ambassadrice d'Ukraine aux États-Unis, remplaçant ainsi son prédécesseur, impopulaire auprès de l'administration Trump.

Au menu macro-économique du jour, la seconde estimation du PIB US du deuxième trimestre et les nouvelles demandes d'allocations chômage (14h30), puis les ventes de l'immobilier ancien (16h00).

Pernod Ricard reste prudent pour son nouvel exercice, après des performances contrastées en 2024/2025. Eiffage confirme ses prévisions 2025 après un 1er semestre proche des attentes. Les ventes de véhicules repartent en hausse en Europe en juillet, indique l'ACEA. YouTube (Alphabet) obtient une prolongation à court terme de son accord avec Fox pour éviter une interruption. Par ailleurs, Google investira 9 milliards de dollars supplémentaires en Virginie d'ici la fin 2026 dans des infrastructures de cloud et d'IA. Le vaccin de Pfizer et BioNTech contre le nouveau variant du Covid autorisé aux Etats-Unis. Berkshire Hathaway monte à 10,2% de Mitsubishi Corporation.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo progresse de 0.73% à la cloche, Hong Kong recule de 0.55%, Shanghai avance de 1.14%, Séoul prend 0.29% et le Nifty50 égare 0.49%.

Le marché a donc franchi avec succès deux écueils potentiels, Jackon Hole et Nvidia, il lui reste l’indice PCE demain, l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation.

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