Gonet: l'actualité des marchés au 26 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,77%, S&P 500 -0,43%, Nasdaq -0,22%, Russell -0,96%, SOX +0,03%, Eurostoxx -0,81%, SMI -0,48%.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que celle-là personne ne l’avait vue venir.

La semaine débute tranquillement hier matin. Dans les salles de marchés on affute ses tickets de bourse, le scénario de la semaine est plus ou moins tracé, tout d’abord digérer la hausse quelque peu suspecte de vendredi soir à Wall Street, puis se concentrer sur les trimestriels de Nvidia demain soir à 22 heures, les digérer et enfin passer à la macro de la semaine avec l’indice PCE (Personal Consumption Expenditure) vendredi, l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation. En parallèle, on regarde d’un œil ce que dit et fait le grand blond énervé, actuellement occupé à tenter de déstabiliser plus encore la Fed, en se transformant en DRH de la Réserve Fédérale, dossier à suivre mais même cette énième trumpitude passe au second plan après l’Annonce du jour avec un grand A, qui vient d’ailleurs, plus précisément de Paris, où le premier ministre de la France annonce engager la responsabilité de son gouvernement sur son plan de rigueur budgétaire destiné à réduire le déficit. Et paf le CAC40 qui nous fait une magistrale sortie de Bayroute (je sors…). L’œil du marché se déplace instantanément sur Paris, les vendeurs prennent possession des lieux, le CAC chute de 1.6% sur la journée (il est indiqué en repli de 1.3% supplémentaire ce matin).

On tape principalement sur les secteurs exposés au gouvernement, par exemple la finance (les principales valeurs du secteur reculent de plus de 3%), les services collectifs tels que Engie ou Veolia ou encore les concessionnaires comme Vinci, Aéroport de Paris et Bouygues. Eiffage se prend aussi les pieds dans le tapis, le titre perd 5.4% sur la séance. Le CAC40 termine sa séance au plus bas du jour, il a de la place jusqu’à son prochain support, clôture hier à 7843 points contre la 200 jours à 7695 pts. Le marché obligataire n’est pas en reste, on vend la dette française à tout va dans les salles de marchés, le rendement du 10 ans OAT remonte à 3.50% ce matin, il y a peu il traitait encore à 3.39%, cela fait péniblement penser au Royaume-Uni et au gouvernement Liz Truss. Le spread OAT / Bund s’écarte à 77 points de base, il y a le feu à Bercy ce matin et ce n’est pas en écoutant les éditos de journalistes politiques de France Inter que l’on se rassure, c’est un pataquès incroyable que François Bayrou semble avoir déclenché, verdict le 8 septembre, d’ici là le marché obligataire et des actions français semblent livrés à eux-même.

Cette nouvelle déstabilisation du paysage politique hexagonal a des répercussions sur tout le continent, en commençant par l’euro, candidat à la hausse contre dollar après la tentative de licenciement de Lisa Cook par le président américain, c’est l’inverse qui se produit, la paire eur/usd traite ce matin à 1.1613, sa 50 jours évolue à 1.1652, le prochain support se trouve à 1.1497. En l’état la configuration technique de la paire montre encore une tendance baissière du billet vert face à la monnaie unique, c’est à suivre, l’inconstance française implique une instabilité économique dont l’Europe n’a absolument pas besoin, surtout pas aujourd’hui. Le spectre d’une crise de la dette refait surface et pas que sur le vieux continent.

Aux Etats-Unis aussi elle guette, il ne faudrait peut-être pas la réveiller. Quoi qu’il en soit hier Wall Street digère ses gains de vendredi. L’enthousiasme autour de la politique monétaire de la Fed retombe quelque peu dans le marché des actions, les Fed Funds restent plutôt prudents, ils ne prédisent à ce stade que deux coupes par la Fed cette année encore. Les indices clôturent proches de leur plus bas du jour, les géants de la tech sont mitigés, Tesla et Nvidia s’en sortent bien, le podium du jour du SPX se compose des services de communication, de l’énergie et de la tech, dans des volumes d’échanges faibles et avec un breadth sans appel (SPX 4 contre 1 négatif, NDX 2 contre 1 négatif). La volatilité remonte légèrement, le VIX prend 4% à 14.79, le rendement du 10 ans US fait de même, il revient à 4.30%, sa prochaine résistance se trouve à 4.35% (100 dma).

Au chapitre de la macro, en juillet, les ventes de logements neufs aux Etats-Unis ressortent à 652’000 en rythme annualisé, légèrement au-dessus du consensus mais en dessous de la révision à la hausse de juin à 656’000 (contre 627 000 initialement). L’indice manufacturier de la Fed de Dallas pour août ressort plus mauvais que prévu et bascule de façon inattendue en territoire de contraction. La présidente de la Fed de Dallas, Logan, prend la parole hier sans annoncer rien de particulier, après avoir déclaré le 15 juillet que, selon son scénario de base, la Fed doit maintenir des taux modestement restrictifs pendant un certain temps.

Qui vous savez décide de démettre Lisa Cook, gouverneure de la Réserve fédérale, de ses fonctions après qu'elle a été accusée d'avoir falsifié des documents relatifs à des demandes de prêts hypothécaires. Mme Cook déclare qu'elle ne démissionnera pas, car « il n'y a aucune raison » de la licencier. Elle devrait intenter une action en justice pour contester son licenciement, et Bloomberg Intelligence estime qu'elle a de bonnes chances de gagner.

Au menu macro-économique de ce mardi, les commandes de biens durables de juillet aux Etats-Unis (16h00 CET).

Puma flambe sur fond de rumeur de désengagement de la famille Pinault (29% du capital). Les actions Orsted plongent à un plancher après l'arrêt d'un projet par le gouvernement américain. Roche pose la première pierre d'une usine Genentech en Caroline du nord. Berkshire Hathaway a mis fin aux spéculations sur CSX au sujet d'une fusion dans les chemins de fer, en déclarant ne pas envisager d'acheter une autre compagnie ferroviaire. Interactive Brokers intègre le S&P 500, remplaçant Walgreens. Musk intente un procès contre OpenAI et Apple pour un "accord" présumé au sujet du classement d'xAI sur l'AppStore. Korean Air a annoncé mardi une commande de 103 avions Boeing, quelques heures après la rencontre entre le président sud-coréen Lee Jae-myung et Donald Trump à Washington. Le fonds souverain norvégien exclut Caterpillar et cinq banques israéliennes de ses investissements. Les actions Nissan chutent de 6% après l'annonce d'une cession de titres par Mercedes-Benz.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse. Tokyo rend 0.97% à la cloche, Hong Kong abandonne 0.8%, Shanghai perd 0.39%, Séoul recule de 0.95% et le Nifty50 baisse de 0.73%. Le future SPX perd 0.2%, l’Europe ouvre en recul de 1.2%, Paris perd désormais 2.1%, sacré François…

L’or est stable à 3370$ l’once, le pétrole remonte à 64.28$ le baril de WTI Light Crude.

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