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L’œil du marché s’est momentanément déplacé au-dessus de Paris, la France inquiète les intervenants avec la nomination probable d’un 5e premier ministre en deux ans d’ici quelques semaines. Cela fait resurgir le spectre d’une perte de confiance générale dans la dette de ce pays et, par ricochet, dans celle des membres de la zone euro. En parallèle c’est aujourd’hui que les droits de douane de 50% du grand blond commencent à s’appliquer aux produits exportés d’Inde vers les Etats-Unis, mais c’est surtout ce soir que le marché sera des plus attentifs avec la mère de toutes les publications de résultats trimestriels. Peu après la clôture Nvidia se rendra dans le confessionnal et nous dira tout, sachant que la firme représente 8% de la capitalisation totale de l’indice S&P500 (SPX) à elle seule, ou aussi à peu près le double de la capitalisation boursière de tous les membres du CAC40 réunis, autant dire que cette annonce aura du poids. On gardera par ailleurs un œil attentif aux tribulations d’un vieil enfant gâté au pouvoir de la première puissance mondiale, le bougre est en train de réaliser un putsch sur la Fed, c’est inquiétant, le marché des actions s’en fiche pour l’instant, j’y reviens.
Wall Street passe une journée tranquille, voire ennuyeuse. Les indices flirtent avec l’équilibre une grande partie de la séance, pour décider d’aller voir un peu plus haut ce qui s’y passe dès 20 heures. Notons que l’indice S&P500 équipondéré (SPW) ne grappille que 0.08% contre +0.41% au SPX, cela nous indique que le gros de la troupe reste en retrait hier, les mastodontes de la tech se portent bien, tout comme les petites capitalisations, le Russell2000 (RTY) surperforme ses grand-frères une fois de plus. Les volumes d’échanges sont faibles, le breadth légèrement positif, le podium du jour du SPX se compose des industrielles, des financières et de la santé, pendant que la volatilité recule un chouia, le VIX clôture à 14.62.
Côté monnaies, le billet vert récupère un peu de terrain contre euro, la paire traite ce matin à 1.1612, elle se bat avec sa moyenne mobile à 50 jours depuis plusieurs séances, la 50 dma évolue actuellement à 1.1655. Le Dollar Index (DXY) fait de même avec la sienne, niveau actuel 98.40 contre la 50 dma à 98.08. La macro de ce mardi est plutôt bonne et explique peut-être le léger regain de forme du greenback. On soupire de découragement en constatant que l’annonce visionnaire (ou suicidaire à dessein ?) de François Bayrou remet le franc suisse en selle contre l’euro, la paire revient à 0.9355, elle se bat avec ses 50 et 100 jours, il ne faudrait pas que ce niveau soit cassé, ensuite on regarderait 0.9270.
On revient brièvement aux actions avec une deuxième séance consécutive de forte baisse pour l’indice parisien CAC40, qui a attrapé une bayrite depuis quelques jours. Les valeurs les plus massacrées sont les financières telles que Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas, ou encore des firmes comme Vinci ou Axa. De belles opportunités vont apparaître, comme toujours, mais le paysage politique de l’hexagone est si illisible que la pression vendeuse pourrait s’installer pour quelques temps encore, même si le future CAC traite en légère hausse ce matin. Depuis le début de l’année, l’indice progresse de 4.46% contre +21% au DAX allemand, ça pique.
Et cela offre une transition parfaite vers le marché obligataire, qui semble une fois de plus être le seul à s’inquiéter, de la situation en France mais pas que. Jetez un œil sur le rendement du Bon du Trésor US à 30 ans, qui se rapproche lentement mais surement du niveau de 5% à nouveau. Au-delà d’une tendance de fonds, le niveau du déficit, de la dette et le retour programmé de dame inflation expliquent probablement ce mouvement. Mais il y a aussi la tentative de moins en moins discrète de qui vous savez d’opérer un putsch sur la Fed et d’en prendre le contrôle afin de forcer des baisses de taux par la Réserve Fédérale. Le président des Etats-Unis cherche depuis longtemps à contrôler l’institution, or il vient de franchir une étape importante en limogeant la gouverneure Lisa Cook. Ce geste, justifié par une accusation de fraude hypothécaire relayée par ses alliés, est perçu comme un coup de force destiné à intimider les autres membres de la Fed et à les pousser à baisser les taux. Lisa Cook conteste son renvoi, ce qui pourrait donner lieu à un procès majeur sur la définition légale du motif « valable » de révocation d’un gouverneur de la Fed. Si la Cour suprême donne raison à Trump, il pourrait limoger d’autres membres et ainsi contrôler de facto le comité de politique monétaire. Cela remettrait en cause l’indépendance de la Fed, un pilier de stabilité économique. L’histoire montre qu’une banque centrale soumise aux pressions politiques mène à l’inflation, comme en Turquie ou en Argentine, ou encore aux États-Unis dans les années 1970 sous Nixon.
La sérénité apparente du marché des actions peut laisser perplexe, dans ce contexte suivons de près ce que dit son grand-frère obligataire, bien plus rationnel. Ce matin le 30 ans US traite à 4.93%, le 10 ans à 4.27%.
Au chapitre de la macro d’hier, la confiance des consommateurs en août est un peu meilleure qu’attendu, mais les anticipations d’inflation remontent à 6,2%. Les commandes de biens durables baissent en juillet, mais moins que prévu, et hors transport elles sont au plus haut depuis septembre. Les biens d’équipement repartent à la hausse, avec des livraisons au plus haut depuis avril 2023. Les prix immobiliers reculent en juin, ce qui pourrait freiner l’inflation liée au logement. L’indice Richmond Fed est solide, mais les coûts augmentent. Les adjudications de bons du Trésor à 2 ans se passent bien ; d’autres émissions suivront cette semaine. Côté Fed, Barkin prévoit un ajustement modeste des taux et souligne que la croissance de la main-d’œuvre vient surtout de l’immigration. Demain, révision du PIB, chômage et ventes de logements ; vendredi, rapport sur l’inflation PCE et nouvelle mesure de la confiance des ménages.
Au menu macro-économique de ce mercredi, en Allemagne, l'indice de confiance des consommateur Gfk qui est ressorti en-dessous des attentes.
EssilorLuxottica envisage d'augmenter sa participation dans Nikon, selon Bloomberg. Givaudan annonce que Gilles Andrier quittera son poste de directeur général en mars 2026 pour prendre la présidence du groupe. Il sera remplacé par Christian Stammkotter. Exxon a eu des discussions secrètes avec Rosneft au sujet d'un retour en Russie, selon le WSJ. Les négociations sont à l'arrêt entre la division défense de Boeing et ses ouvriers en grève. Apple organise un événement de présentation le 9 septembre. Apple qui aurait discuté en interne de l'achat de Mistral ou de Perplexity, rapporte The Information.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo gagne 0.3% à la cloche, Hong Kong rend 1.2%, Shanghai perd 1.76%, Séoul grappille 0.25% et le Nifty50 est fermé. Le future SPX reste neutre dans l’attente des résultats de Nvidia et l’Europe ouvre en légère hausse.
L’or tente de briller à nouveau, l’once remonte à 3375 dollars, le pétrole stagne à 63.04 dollars le baril de WTI Light Crude.