Gonet: l'actualité des marchés au 22 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,34%, S&P 500 -0,40%, Nasdaq -0,34%, Russell +0,21%, SOX -0,49%, Eurostoxx -0,19%, SMI -0,28%.

Le week-end n’a même pas commencé que le marché semble trimballer une jolie gueule de bois. L’activité ralentit significativement sur les parquets de trading hier, les acheteurs ne sont pas légions, il faut dire que depuis l’énième record historique réalisé en milieu de semaine passée, le marché décompense un peu, contrarié que les Fed Funds revoient quotidiennement leurs prédictions de baisses de taux de la Fed à la baisse. Il y a quelques jours encore, on était à 106% de probabilités d’une coupe de 25 points de base le 17 septembre, ce matin ce chiffre a fondu à 72%, la faute à la macro et aussi aux minutes du dernier FOMC, qui ont montré que les membres du comité s’inquiètent plus de l’inflation que du ralentissement du marché de l’emploi. Et ce ne sont pas les statistiques macro-économiques publiées hier qui vont inverser cette tendance, les enquêtes menées par S&P Global dans les secteurs des services et de l'industrie manufacturière dévoilent que les droits de douane commençent à se répercuter sur les consommateurs. Walmart mentionne aussi le sujet lors de la publication de ses résultats, le marché est en train de prendre conscience de l’inéluctable, quelqu’un va devoir payer cette tonne de cash encaissée par le Trésor des Etats-Unis et ce sera principalement le consommateur américain.

La présidente de la Fed de Cleveland Beth Hammack enfonce le clou en déclarant que les récentes statistiques macro n’incitent pas à réduire le loyer de l’argent en septembre. Les Fed Funds en sont désormais à deux baisses, bref le principal support du joyeux royaume des actions semble se dérober à nouveau et le S&P500 (SPX) de reculer depuis cinq séances. On va se calmer tout de suite du côté des ours et garder le champagne encore un peu au frais, le SPX a perdu 1,7% depuis son top de la semaine passée, le Nasdaq100 (NDX) a rendu 3,3%, ces replis relèvent de l’anecdote boursière, les gros titres de nombreux media financiers laissent penser que le sang coule un peu partout dans les salles de marchés, on en est bien loin. Il suffit d’observer les indicateurs internes de marché, qui n’envoient pas de signal d’alarme à court terme. Même le ratio Or / WTI Light Crude plaide en faveur du marché des actions (j’y reviens). La volatilité remonte légèrement, le VIX gagne 6% à 16,60 hier, il semble tenu en respect par sa 50 jours (@16,95). Même constat sur le VXN (volatilité du Nasdaq100), qui grappille quelques miettes et traite fort loin de son top d’avril à 52, clôture hier 20,55. Je ne vous parle même pas du MOVE (le pendant obligataire du VIX), qui porte vraiment très mal son nom ces jours et se languit à la cave.

On note le rebond du dollar, qui prend acte des prédictions des Fed Funds, la paire EUR/USD teste 1,1600 ce matin, le niveau de 1,1645 devient de ce fait une résistance.

Côté marché obligataire, le rendement du 10 ans US revient à 4,33%, il voit sa 50 jours un tick au-dessus, puis sa 100 jours à 4,35%. Son niveau de support reste dans la zone 4,20% - 4,18%.

Ce vendredi matin le marché est en mode attente, le pop-corn est acheté, on se prépare au discours de Jerome Powell de cet après-midi à Jackson Hole, le premier banquier de la planète va se livrer une fois encore à un exercice d’équilibrisme, chacun de ses mots sera scruté, en parallèle Sauron commentera le tout en direct sur son réseau social, probablement en citant Lamartine ou Baudelaire, on se réjouit déjà de toute cette délicatesse rhétorique.

Revenons à l’or et au pétrole. Sentimentrader publie un article à leur sujet. L’article explique que la relation entre le prix du pétrole (WTI) et celui de l’or constitue un bon indicateur pour la bourse. L’indice WTI/Gold Ratio correspond au prix d’un baril de pétrole divisé par le prix d’une once d’or. Lorsqu’il est élevé, cela signifie que l’énergie est chère par rapport à l’or, ce qui a souvent coïncidé avec des périodes difficiles pour les actions, comme en 2000, 2005 ou 2008. À l’inverse, quand ce ratio est bas, l’énergie est abordable et les actions ont historiquement bien performé, car une énergie bon marché soutient la croissance économique. Dans le passé, quand le ratio est descendu sous 0,037, le SPX a en moyenne gagné plus de 20% un an plus tard, alors que lorsqu’il dépassait 0,137, les performances étaient mauvaises. Le dernier signal d’achat est apparu en avril 2025 et le S&P500 a déjà atteint le rendement moyen attendu, mais comme le ratio reste bas, cela suggère que la hausse pourrait se poursuivre jusqu’en 2026. En résumé, le marché boursier fonctionne mieux lorsque l’énergie est abondante et peu chère par rapport à l’or et la situation actuelle semble favorable aux actions, selon Sentimentrader.

Les sceptiques opposeront que le marché des actions est cher, que la Fed semble sur le point de nous laisser tomber, que qui vous savez peut déstabiliser la planète finance à tout moment et que tout cela va mal finir dans d’atroces souffrances. L’hebodmadaire Barron’s se saisit du sujet de la tech hier, l’article souligne que la récente baisse des valeurs technologiques, bien que marquée, ne ressemble en rien à l’éclatement de la bulle internet des années 2000. Il s’agit plutôt d’une correction que d’un effondrement structurel. Les grands noms de la tech, les «Magnificent Seven» (Alphabet, Apple, Amazon, Meta, Microsoft, Nvidia, Tesla), ainsi que Broadcom et Palantir, ont tous reculé ces derniers jours. Palantir a perdu 14%, Broadcom 7,5%, Meta 5,6%, tandis qu’Apple, Nvidia et d’autres affichent des baisses plus limitées. Cependant, selon Barron’s les perspectives de croissance des bénéfices restent solides : Meta devrait progresser d’environ 15% par an, Broadcom et Palantir de plus de 20%, et Nvidia devrait annoncer une hausse de 50% de ses résultats annuels, avec une croissance attendue de 25% par an sur plusieurs années. Les entreprises de la tech surperforment nettement le reste du marché en matière de profits (+25 % cette année contre +7 % pour le S&P hors tech). Côté valorisations, elles apparaissent bien plus raisonnables qu’à la fin des années 1990. L’ETF Roundhill sur les Magnificent Seven se paie 31 fois les bénéfices attendus, contre plus de 40 fin 2024 et jusqu’à 130–150 fois pour Oracle et Cisco à l’époque de la bulle. Certaines exceptions subsistent (Palantir ou Credo avec des multiples très élevés), mais elles ne reflètent pas l’ensemble du secteur.

Les analystes estiment que la tech reste dans un cycle haussier de long terme, porté par les opportunités liées à l’intelligence artificielle. Nvidia est d’ailleurs considéré comme le leader incontesté des puces IA, ce qui contraste avec la dispersion des paris durant la révolution internet. Enfin, les indicateurs techniques restent favorables : la plupart des grandes valeurs cotent encore largement au-dessus de leur moyenne mobile à 200 jours (par exemple Nvidia est 30% au-dessus). Apple est la seule exception notable. En conclusion, Barron’s constate que malgré la volatilité attendue et le risque d’un affaiblissement de la dynamique bénéficiaire, le secteur conserve des fondamentaux solides et ne s’apparente pas à une bulle prête à éclater. C’est un ajustement nécessaire dans une tendance de fond toujours positive.

Rien de particulier à se mettre sous la dent au menu macro-économique de ce vendredi, on va pouvoir se concentrer sur le discours de Jerome Powell. 

Le combo Columvi de Roche obtient l'autorisation de mise sur le marché au Canada pour le traitement du lymphome. Meta va dépenser plus de 10 milliards chez Google en services de cloud. Le CEO de Nvidia est à Taipei pour rencontrer TSMC. Boeing est sur le point de conclure un accord avec la Chine pour jusqu'à 500 avions selon l’agence Bloomberg. Johnson & Johnson investit 2 milliards de dollars pour renforcer la production aux États-Unis face à la menace de droits de douane sur les médicaments. Blackstone va acquérir Shermco pour environ 1,6 milliard de dollars. Tesla augmente le prix du Cybertruck Cyberbeast de 15’000 USD aux États-Unis. Nvidia rejoint le développement du supercalculateur japonais de nouvelle génération aux côtés de Fujitsu, selon RIKEN.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse hormis le Nifty50 qui recule de 0,65%. Tokyo grappille 0,05%, Hong Kong avance de 0,57%, Shanghai prend 1,45% et Séoul gagne 0,86%. Le future SPX traite en très léger repli, l’Europe fait de même à l’ouverture.

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