Gonet: l'actualité des marchés au 25 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +1,89%, S&P 500 +1,52%, Nasdaq +1,88%, Russell +3,86%, SOX +2,7%, Eurostoxx +0,48%, SMI +0,19%.

C’est jour de Fed sur les marchés vendredi, le marché se concentre sur l’intervention très attendue de Jerome Powell lors du symposium de Jackson Hole, le premier banquier du monde ouvre la porte à une baisse de taux le 17 septembre, les taureaux n’attendaient que ça et se remettent à acheter à tout va, sans plus écouter un patron de la Fed qui tient pourtant un discours finalement plutôt restrictif, voyons de quoi il retourne.

Powell laisse certes entendre que la Réserve fédérale pourrait réduire ses taux prochainement, mais il reste volontairement vague et rappelle que la politique monétaire n’est pas prédéterminée tout en renvoyant à plus tard la question du rythme et du nombre de baisses. Son discours se concentre sur l’emploi, qu’il juge fragilisé. Les créations de postes ralentissent nettement par rapport à 2024 et Powell avertit que le risque de licenciements massifs augmente. Le rapport sur l’emploi d’août du 5 septembre sera donc déterminant : un chiffre faible renforcerait l’argument en faveur d’une baisse rapide, tandis qu’un chiffre solide permettrait à la Fed de temporiser. Son patron souligne en parallèle que le niveau des taux est déjà moins restrictif qu’il y a un an, ce qui donne une certaine marge d’attente et que le taux d’équilibre de long terme peut désormais être plus élevé qu’avant, ce qui limite l’ampleur des baisses possibles. Par ailleurs, Jerome Powell rappelle que la politique tarifaire de Donald Trump complique la donne en maintenant une pression inflationniste. En résumé, le patron de la Réserve Fédérale des Etats-Unis ouvre la porte à une baisse des taux dès septembre, mais sans promettre un cycle prolongé d’assouplissement.

Le marché des actions ne semble pas vouloir écouter, ce ne serait pas la première fois, pourtant ce matin les Fed Funds restent mesurés, ils prédisent 86% de probabilités d’une coupe de 0.25% le 17 septembre, puis 53% le 29 octobre et 79% le 10 décembre. En bref, ce lundi le marché ne s’attend à guère plus de deux baisses de taux cette année encore, le patron de la Fed est plus prudent que jamais et l’indice S&P500 (SPX) atteint donc logiquement un nouveau record historique à la cloche de vendredi.

Dès 16 heures, moment où Powell s’exprime, les indices d’actions se mettent en mode Space-X, ils ne regarderont plus en arrière ce vendredi et terminent leur journée quasiment au plus haut de la séance, dans des volumes d’échanges plutôt timides ceci dit, on observe en parallèle que la tech est loin de figurer sur le podium du jour du SPX (j’y reviens), qui se compose de la consommation discrétionnaire (+3.18%), de l’énergie (+2%) et des services de communication (+1.87%). Les petites capitalisations font la fête, le Russell2000 (RTY) surperforme tout le monde, on note aussi que l’indice S&P500 équipondéré (SPW) progresse de 1.93% contre +1.52% au SPX. Le SPW atteint lui aussi un record historique à la cloche, il n’est pas suracheté et sa surperformance du jour indique que les acheteurs élargissent leur champ d’action à toute l’armée, tout en laissant les généraux quelque peu de côté. Le breadth est sans appel, très nettement positif sur le SPX et le NDX, la volatilité se prend les pieds dans le tapis, le VIX perd 14% à 14.22, 12.70 on arrive?! Côté marché obligataire, le rendement du 10 ans US recule à 4.26%, il regarde à nouveau sa zone de support de 4.20% - 4.18%, pendant que le dollar repart à la cave, ce matin la paire eur/usd tente de casser les 1.1700 à nouveau, prochaine résistance majeure son top en séance du 1er juillet, qui se situe à 1.1829.

Sur la semaine, la palme des actions revient sans conteste aux petites capitalisations américaines, le RTY gagne 3.3% contre un maigre +0.3% au SPX et un plutôt gênant repli de 0.6% du Nasdaq. Ce ralentissement du secteur technologique est probablement dû à des doutes sur l’intelligence artificielle, avance le Wall Street Journal. On observe une rotation vers l’immobilier, les banques et les industriels, qui profitent de la perspective de baisses de taux. Les « Magnificent Seven » (Amazon, Alphabet, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla) subissent des interrogations sur leurs valorisations et le potentiel réel de l’IA, alors que Nvidia doit publier ses trimestriels ce mercredi soir. Selon le Journal, de plus en plus d’investisseurs réduisent leur exposition aux géants de la tech après des hausses spectaculaires. Le secteur recule la semaine passée malgré l’effet positif du discours de Powell, tandis que les particuliers, habituellement très portés sur le secteur, semblent devenir vendeurs. Le lancement décevant de GPT-5 accentue peut-être le scepticisme ambiant.  Certains investisseurs préfèrent désormais miser sur des valeurs défensives, sur fond d’inflation persistante, d’incertitudes économiques et d’une volatilité accrue en période estivale. Le WSJ conclut que l’IA et les géants de la tech continuent d’attirer, mais que l’enthousiasme se transforme en prudence, entre phases d’euphorie et désillusions.

Au chapitre de la macro, en dehors de Powell, Susan Collins de la Fed de Boston déclare que la Réserve fédérale ne peut pas attendre que toutes les incertitudes soient levées avant de prendre des décisions, minimisant ainsi les craintes liées à la hausse des anticipations d’inflation. Cette semaine les ventes de maisons neuves et l’indice manufacturier de la Fed de Dallas seront publiés aujourd’hui. Demain, ce sera au tour des commandes de biens durables, de l’indice des prix immobiliers de la FHFA, de l’indice manufacturier de la Fed de Richmond, ainsi que de l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board. Rien n’est prévu mercredi. Jeudi, on aura les révisions du PIB du deuxième trimestre, les nouvelles inscriptions au chômage et les ventes de logements en attente. Enfin, vendredi paraîtront les chiffres de revenus et dépenses des ménages pour juillet, dont le point central sera l’inflation PCE sous-jacente, ainsi que l’enquête de l’Université du Michigan sur le moral des consommateurs (et leurs anticipations d’inflation) pour août.

Au menu macro-économique de ce lundi, l'indice IFO du climat des affaires en Allemagne, l'indice d'activité de la Fed de Chicago, et les ventes de logements neufs en juillet aux Etats-Unis.

Spotify prévoit d’augmenter ses tarifs tout en lançant de nouveaux services selon le Financial Times. SpaceX a annoncé dimanche le report du dixième vol d'essai de Starship depuis le Texas, en raison d'un problème détecté sur son site de lancement. Keurig Dr Pepper est sur le point d'acquérir JDE Peet's pour 18 milliards de dollars, ce qui pourrait entraîner une scission du géant américain des boissons. Baidu prévoit d'introduire son service de robotaxi en Europe, en commençant par la Suisse en 2026.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse, la brise acheteuse en provenance de Wall Street semble avoir atteint le continent. Tokyo gagne 0.41% à la cloche, Hong Kong avance de 2.24%, Shanghai prend 1.51%, Séoul monte de 1.3% et le Nifty50 gagne 0.41%. Le future SPX rend 9 points et l’Europe ouvre en repli de 0.5%.

L’or ne bouge quasiment plus, l’once évolue ce matin à 3368$, le pétrole remonte légèrement à 63.70$ le baril de WTI Light Crude.

A noter par ailleurs que Londres est fermée ce jour. Cette semaine nous nous concentrerons principalement sur les résultats de Nvidia mercredi soir et l’indice PCE (Personal Consumption Expentiture) vendredi, l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation.

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