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Et une journée de trading pour rien, une!
Il ne se passe absolument rien sur les parquets de trading hier, c’est à se demander si un remake de «la Belle au Bois Dormant» y est tourné. Pas de résultats de sociétés notables à se mettre sous la dent, absence de statistiques macro-économiques, un nombre incalculable de traders encore en vacances dans les Hamptons et un grand blond tellement occupé à complimenter Volodymyr Zelensky sur sa tenue qu’il en oublie totalement les droits de douane.
Les indices US d’actions ne bougent quasiment pas hier, le dollar non plus, qui tente tout de même une discrète tentative de se renforcer contre l’euro, mais la moyenne mobile à jours veille, qui le stoppe à 1,1641 et le renvoie ce matin à 1,1677. Les volumes d’échanges fondent, le breadth est quasiment neutre, les ours et les taureaux jouent aux cartes sur le floor pendant que le VIX fait une sieste, on s’ennuie ferme hier dans les salles de marchés. Notons tout de même que le rendement du 10 ans US remonte à 4,34%, la zone de support de 4,20% - 4,18% a fort bien fonctionné jeudi passé, le 10 ans se retrouve désormais face à sa résistance de 4,34% - 4,35% (c’est dans cette zone que passent les 50 et 100 jours).
Les détaillants américains s’apprêtent à publier leurs trimestriels, notamment Home Depot, Target et Walmart, de quoi alimenter le moulin à réflexion du marché au sujet du consommateur. Et puis cette fin de semaine se tiendra le symposium de Jackson Hole avec le (une fois encore) très attendu discours de Jerome Powell.
Le président des Etats-Unis affirme avoir exhorté Vladimir Poutine à organiser un sommet avec Volodymyr Zelenskiy, qui serait suivi d’une réunion trilatérale incluant le président américain. Le président ukrainien déclare qu’une rencontre avec Poutine devait être inconditionnelle. Il ajoute qu’il discuterait des questions territoriales avec le dirigeant russe. Zelenskiy et ses alliés usent de leur charme pour conserver les faveurs de Trump, et cela porte ses fruits. Friedrich Merz déclare que les discussions entre Poutine et Zelenskiy auraient lieu dans les deux semaines et Emmanuel Macron précise que la réunion trilatérale pourrait se tenir dans les trois semaines. Les dirigeants de l’UE se réunissent virtuellement aujourd’hui pour un débriefing.
Notons au passage la confirmation par S&P de la notation souveraine «AA+» des Etats-Unis, assortie d’une perspective stable. L’agence de notation estime que les droits de douane additionnels et la loi fiscale de l’administration Trump sont un jeu à somme nulle ou presque.
Au menu macro-économique du jour, aux Etats-Unis, les permis de construire (14h30) puis un discours Michelle Bowman.
La Maison Blanche envisagerait de prendre une participation de 10% dans Intel, selon Bloomberg. Par ailleurs, SoftBank va acquérir pour 2 milliards de dollars d’actions Intel. Le Royaume-Uni a accepté de renoncer à l’obligation d’instaurer une porte dérobée sur les produits Apple. Palo Alto gagne 5% hors séance après ses trimestriels. Tesla lance sa Model Y L en Chine à partir d’environ 47’200 dollars.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse hormis le Nifty50 qui progresse de 0,34%. Tokyo abandonne 0,38% à la cloche, Hong Kong perd 0,28%, Shanghai est à l’équilibre et Séoul rend 0,81%. Le future SPX égare 10 points et l’Europe ouvre en hausse de 0,2%.
On se penche sur l’indice Shanghai Composite, qui traite à un plus haut depuis dix ans. L’agence Bloomberg publie un article intéressant à ce sujet qui explique que la hausse actuelle des actions chinoises semble plus durable qu’un simple rebond spéculatif. Les analystes interrogés par Bloomberg soulignent que l’absence d’euphorie des investisseurs particuliers limite le risque d’excès collectifs et de corrections brutales, ce qui donne plus de solidité au mouvement. L’indice composite de Shanghai est soutenu par des investisseurs fortunés en quête de rendements plus intéressants que les obligations, mais la progression reste mesurée. La volatilité des indices demeure faible, ce qui renforce l’idée d’une hausse progressive et plus stable. Pékin encourage ce «slow bull market» afin de favoriser la création de richesse et la consommation. Pour l’instant, les ménages chinois se tournent surtout vers des produits de gestion de patrimoine plutôt que vers l’achat direct d’actions et les volumes de transactions montrent une faible participation des petits porteurs. La prudence reste marquée après une décennie de krachs et de faux départs, d’autant que la reprise des bénéfices des entreprises et de l’économie reste timide. Néanmoins, l’épargne des ménages atteint un niveau record (plus de 160’000 milliards de yuans, soit environ 22’000 milliards de dollars), ce qui représente un réservoir considérable de capitaux pouvant être injectés en Bourse. Selon certaines estimations, entre 4’000 et 60’000 milliards de yuans d’épargne excédentaire pourraient à terme être dirigés vers les actions. Parallèlement, les investisseurs institutionnels accroissent leur présence, avec une hausse des ouvertures de comptes et une montée des actifs gérés par les fonds privés et à effet de levier. En résumé, selon Bloomberg l’absence d’euphorie, la prudence des particuliers et l’appui croissant des investisseurs institutionnels laissent espérer une progression boursière plus régulière et durable en Chine.
L’or recule légèrement à 3341 dollars l’once, le pétrole reste englué à 62,87 dollars le baril de WTI Light Crude.