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L’appétit au risque du marché semble avoir diminué depuis quelques séances, ou alors peut-être est-il devenu plus sélectif. On continue de prendre quelques profits dans les géants de la tech en début de séance hier à Wall Street, on met la vieille Europe au dodo puis le phénomène BTDF refait surface (je vous l’ai déjà dit, n’insistez pas je ne traduirai pas cet acronyme). L’indice S&P500 (SPX) égare quelques miettes dans des volumes d’échanges faibles, son podium du jour se compose de l’énergie, des biens de consommation de base et de la santé. Le breadth est légèrement positif sur le SPX et légèrement négatif sur le Nasdaq100 (NDX). L’indice S&P500 équipondéré (SPW) termine sa séance quasiment inchangé, on se concentre sur le NDX qui est manifestement tenu en respect par sa moyenne mobile à 50 jours. Cette dernière évolue actuellement à 22'849 points, le NDX s’en approche en séance avant de rebondir et de clôturer à 23'249 pts, sa tendance haussière entamée en janvier 2023 reste solidement en place, son RSI est redevenu neutre, on a presque envie d’ajouter: insert coin and try again.
Côté volatilité c’est le calme quasiment plat, le VIX ne bouge guère pendant que le VXN (volatilité du NDX) progresse de 3% à pile 20,00. Il vient tester sa moyenne mobile à 200 jours en séance, à 21,85, c’est là sa principale résistance. Le MOVE (volatilité du marché obligataire) perd 2%, autant dire que côté fixed income on est loin de stresser. Le rendement du 10 ans US est stable à 4,30%, son support se situe dans la zone 4,20% - 4,18%, sa résistance à 4,33% - 4,34%.
On observe un timide sursaut du dollar hier, la paire EUR/USD traite ce matin à 1,1643, elle se bat avec sa 50 jours (@1,1645), ce regain de forme passager du billet vert est probablement dû aux minutes du dernier FOMC, qui montrent hier soir que les membres de la Fed semblent plus préoccupés par l’inflation que par le ralentissement du marché de l’emploi, suivez mon regard en direction d’un grand blond. D’ailleurs ce matin il sera ravi de constater que les Fed Funds (est-ce qu’il a le pouvoir de les virer?) ne prédisent plus que 80% de probabilités d’une baisse de 0,25% par la Réserve Fédérale lors de sa prochaine réunion du 17 septembre. Et c’est là tout le problème du marché, qui a grand besoin d’une politique monétaire accommodante pour légitimer la poursuite de la hausse historique en cours. On comprend mieux en dans un tel contexte le coup de mou de la tech.
Effet miroir? Notre bon vieux SMI helvétique se porte comme un charme depuis quelque séances. Figurez-vous qu’hier en pole position des valeurs les plus solides du jour on retrouve… Nestlé! ça faisait un bail, ce d’autant que, l’air de rien et en toute discrétion, hier Novartis teste son record historique en séance à 102,72 francs, pas grand monde ne l’avait vu venir celui-là dans le contexte de la guerre tarifaire de qui vous savez. Quoi qu’il en soit, le SMI n’en demandait pas tant et casse nettement sa moyenne mobile à 200 jours à la hausse. Sur 5 séances il progresse de 2% contre +0,5% à l’Eurostoxx50, -1,09% au SPX et -2,49% au Nasdaq Composite, 39 quoi déjà?
C’est bien connu, tous les chemins financiers mènent à la Fed, or c’est demain que son patron Jerome Powell prononcera un discours attendu dans le cadre du symposium de Jackson Hole. Le moment semble opportun de faire un point sur cette institution ô combien fondamentale dans le monde de la finance, qui la considère à juste titre comme un phare sans lequel rien ne fonctionnerait comme il faut. Le Wall Street Journal publie un long article à ce sujet, article signé par Nick Timiraos, considéré comme la voix officieuse de la Réserve Fédérale dans le marché. L’article décrit la pression inédite exercée par le président des Etats-Unis et ses alliés sur Jerome Powell afin d’obtenir des baisses rapides des taux d’intérêt. Le grand blond critique violemment Powell, qu’il avait pourtant nommé en 2017, l’accusant de freiner l’économie et allant jusqu’à le qualifier d’«idiot». Ses partisans, comme le sénateur républicain Bernie Moreno, relaient ces attaques lors d’auditions au Congrès. Powell, 72 ans, reste concentré sur la mission de la Fed: maintenir une inflation basse et soutenir l’emploi, tout en préservant l’indépendance de l’institution face aux pressions politiques. Ses proches disent qu’il est animé par le souci de protéger la crédibilité de la Fed, qu’il considère essentielle à la prospérité américaine.
Les tensions atteignent un sommet lors d’une visite surprise du président en juillet sur le chantier du siège de la Fed, où il reproche publiquement à Powell des dépassements de coûts. Powell corrige ses chiffres, révélant que la Maison-Blanche avait inclus un bâtiment non concerné. Malgré ce bras de fer, qui vous savez affirme ensuite que leur relation restait bonne, ce qui ne l’empêche guère de désormais s’attaquer à Lisa Cook, gouverneure de la Fed et proche alliée de Powell, en réclamant sa démission sur fond d’accusations de fraude hypothécaire. Cook rejette toute intimidation.
Sur le plan économique, la Fed doit composer avec une inflation encore supérieure à 2% depuis quatre ans, des incertitudes liées aux tarifs douaniers et aux effets de l’intelligence artificielle et un marché du travail en ralentissement. Les données récentes montrent un affaiblissement de l’emploi et une inflation repartant légèrement à la hausse, compliquant les décisions de politique monétaire. Au sein de l’institution, les avis divergent: certains gouverneurs, nommés par le président américain, plaident pour une baisse immédiate des taux, alors que d’autres, plus prudents, veulent éviter de relancer l’inflation. Powell doit forger un consensus dans ce contexte difficile. Enfin, la pression s’accentue du côté politique: le président des Etats-Unis pourrait remodeler le conseil des gouverneurs et influencer la reconduction des présidents des banques régionales, ce qui menacerait l’indépendance historique de la Fed. Même le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a publiquement suggéré une forte baisse des taux, plaçant Powell dans une position délicate vis-à-vis des marchés.
JD Vance déclare à Fox News que les négociations visant à mettre fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine se concentrent sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine et les territoires que Moscou souhaite contrôler, y compris les terres que la Russie n'occupe pas.
Au menu macro-économique de ce jeudi, les PMI des grandes économies en août, puis aux Etats-Unis, les demandes d'allocations chômage, les perspectives d'affaires de la Fed de Philadelphie et les ventes de logements existants.
Eiffage enregistre 950 millions d'euros de commandes en Allemagne au premier semestre. Meta gèle les embauches dans le domaine de l'IA, selon le WSJ. Tesla pourrait renoncer à commercialiser son Model Y à 6 places aux Etats-Unis, révèle Elon Musk. McDonald's va réduire les prix de ses formules de 15% et lancer des offres de valeur de 5 à 8 dollars après avoir conclu un accord avec les franchisés. Coty prévoit une baisse de ses ventes trimestrielles et une augmentation des prix des parfums haut de gamme. Microsoft a réduit l'accès des entreprises chinoises aux notifications préalables concernant les failles de sécurité, de peur qu'elles ne les exploitent avant leur correction. La Chine s'emploie à empêcher ses entreprises d'acheter des puces H20 Nvidia après les remarques «insultantes» d'Howard Lutnick. Sony augmente le prix de la PlayStation 5 aux Etats-Unis.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo abandonne 0,65% à la cloche, Hong Kong rend 0,33%, Shanghai prend 0,13%, Séoul gagne 0,37% et le Nifty50 monte de 0,28%. Le future SPX est inchangé et l’Europe ouvre en repli de 0,1%. L’or se repose à 3338 dollars l’once, le pétrole fait de même, à 63,35 dollars le baril de WTI Light Crude.