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Une fois n’est pas coutume, parlons un peu de l’Europe avant d’aborder sa jeune grande sœur. Il s’en passe des choses sur le vieux continent boursier hier, les valeurs cycliques sont recherchées tandis que les actions de la défense sont délaissées, les intervenants craignent manifestement la paix, je ne m’habituerai jamais à écrire ça. Leonardo prend 10% dans les gencives, Thales perd 4%, le secteur recule de 2,1% et traine en queue de peloton, on ne va pas trop le plaindre ceci-dit, il lui reste encore 53% de hausse rien que cette année. Côté cycliques on observe un joli rebond de titres comme LVMH, Renault, Bayer ou encore Puma. Et que dire de la Suisse? Avec un indice SMI qui surperforme nettement le reste du continent, porté par tous ses membres sans exception avec mention spéciale à Richemont, dont la configuration technique s’améliore, Kuehne Nagel, Sika et cette bonne vieille Nestlé (ne la jetez pas aux orties please). En passant le SMI casse nettement sa moyenne mobile à 200 jours et s’ouvre une voie technique royale vers 12'518 points (gap à combler) contre une clôture hier soir à 12'212 pts.
Bref, ça balance pas mal en Europe hier, tout comme à Wall Street mais pas pour les mêmes raisons. Au sud de Manhattan ça balance les mastodontes de la tech et plutôt sans pitié. Nvidia se prend les pieds dans le tapis et se retrouve 4,5% plus bas, Palantir reçoit un râteau en pleine figure et chute de 10%, le reste des géants de la tech ne fait guère mieux, comme par exemple Oracle qui glisse de 5,8%. Mais si l’on gratte un chouia la surface de ce marché, on constate rapidement qu’il reste sélectif, voyez certaines valeurs du secteur des logiciels telles que Salesforce (CRM +0,83%), Adobe (ADBE +1,06%) ou encore Palo Alto (PANW +3,11%). On se souvient du trou d’air éphémère de la semaine passée, les traders craignant que l’intelligence artificielle détrône et remplace les modèles existants, de logiciels en l’occurrence. La crise de panique est passée, on a remis les cerveaux en marche dans les salles de marchés et on saisit des opportunités, c’est un bon signe.
Alors certes, on peut ressentir le début de l’ombre du soupçon d’un zeste de prudence sur les parquets de trading. Il y a toujours mille raison à cela, aujourd’hui c’est l’approche du mois de septembre, le SPX a reculé quatre fois lors des cinq dernières années durant ce mois, on peut aussi citer la valorisation de l’indice phare de Wall Street, qui dépasse 22 (P/E à 12 mois), c’est un top depuis 20 ans, la moyenne se situe à 15,9 fois. Si l’on se penche sur le marché des options, on constate que les traders n’ont jamais acheté autant de protection contre une forte baisse depuis trois ans. Enfin, la seule et unique raison de bouger pour les indices d’actions, soit la Fed, semble moins accommodante aujourd’hui que la semaine passée, du moins de l’avis des Fed Funds, qui ne prédisent plus que 2 coupes en 2025 contre 3 précédemment. Or le symposium de Jackson Hole va débuter, Jerome Powell s’exprimera vendredi, on a donc toutes les raisons du monde dans les salles de marchés d’alléger quelque peu les meilleures performances de ces dernières années.
Et pendant ce temps, Morgan Stanley nous dit que Nvidia est désormais l’action technologique à grande capitalisation la moins détenue par les investisseurs actifs. Is that so?
En se penchant au chevet du SPX, on constate que son podium du jour se compose de l’immobilier, des biens de consommation de base et des utilities. Le bonnet d’âne revient à la tech, le SPX abandonne 0,59% sur la séance, il accélère vers le bas en fin de journée, alors que son alter ego équipondéré le SPW progresse lui de 0,45%. Cela implique que l’armée reste clairement sur la colline pendant que les généraux redescendent momentanément en plaine. Le breadth du jour le confirme avec un 2-1 positif sur le SPX et l’inverse sur le NDX, on notera au passage la hausse de 3,2% de Home Depot après ses trimestriels, la firme d’Atlanta sera suivie cette fin de semaine par Walmart et notamment Target, ces entreprises permettent de se faire une meilleure idée quant à l’état de forme du consommateur, élément central de la croissance d’un pays.
La volatilité remonte hier, le VIX prend 3,8% à 15.57 (équivalent d’un pshitt) tandis que le VXN (volatilité du NDX) gagne 9% à 19,39. On se calme tout de suite dans les chaumières financières, le 9 avril le VXN traitait à 52, le temps de se cacher au fonds de la cave en invoquant Warren Buffet n’est donc pas encore arrivé. D’ailleurs le marché obligataire reste de marbre hier, le MOVE (pendant obligataire du VIX) ne bouge pas d’un iota et le rendement du 10 ans US se maintient à 4,32%. On observe une vague tentative de rébellion du dollar, qui remonte à 1,1643 contre euro et teste sa 50 jours (@1,1644), probablement un dead cat bounce mais à suivre tout de même.
Scott Bessent déclare que les États-Unis sont satisfaits de l'accord tarifaire actuel avec la Chine, signalant ainsi l'intention du président américain de maintenir des relations stables. «Le statu quo fonctionne plutôt bien», déclare-t-il à Fox News.
Les responsables européens envisageraient d'envoyer des troupes britanniques et françaises en Ukraine dans le cadre d'un accord de paix. La Suisse indique qu'elle accorderait l'immunité à Vladimir Poutine dans le cadre de sa proposition d'accueillir des pourparlers de paix. Poutine «a accepté d'entamer la prochaine phase du processus de paix», qui consisterait en une rencontre avec Volodymyr Zelenskiy, déclare Karoline Leavitt, attachée de presse de la Maison Blanche. Pour sa part, le grand blond a appelé Viktor Orban pour discuter du blocage par le dirigeant hongrois des négociations d'adhésion de l'Ukraine à l'UE.
Au menu macro-économique de ce mercredi, l'indice des prix à la production en Allemagne (sorti en-dessous des attentes), l'indice des prix à la consommation au Royaume-Uni (sorti au-dessus des prévisions) et dans la zone euro (11h CET), puis aux Etats-Unis, les stocks de brut DOE et l'indice de confiance des consommateurs.
Alcon affiche une hausse de son bénéfice net et de son chiffre d'affaires au premier semestre mais lance un avertissement sur bénéfices. Geberit enregistre un léger recul de son bénéfice semestriel. Nvidia travaille sur une nouvelle puce IA pour la Chine qui surpasse la H20, selon l’agence Reuters. Meta Platforms a divisé en quatre ses équipes IA pour renforcer leur créativité. Les énergéticiens Black Hills et NorthWestern Energy vont fusionner dans le cadre d'un accord de 3,6 milliards de dollars. Xiaomi espère commercialiser son premier véhicule électrique en Europe d'ici 2027 pour concurrence Tesla, BYD et les constructeurs traditionnels.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo perd 1,51% à la cloche, Hong Kong grappille 0,2%, Shanghai monte de 1,04%, Séoul recule de 0,68% et le Nifty50 gagne 0,26%. Le future SPX égare 9 points et l’Europe ouvre en repli de 0,6%. L’or recule à 3324 dollars l’once, le pétrole se maintient à 62,8 dollars le baril de WTI Light Crude.