
La récente escalade tarifaire est un coup dur pour le secteur suisse des exportations, en particulier pour les secteurs fortement exposés au marché américain. Les tarifs douaniers plus favorables accordés par les États-Unis à leurs partenaires européens (15% pour l'UE, 10% pour le Royaume-Uni) réduisent encore la compétitivité des entreprises suisses sur le marché américain.
Secteur pharma sous pression
Les produits pharmaceutiques représentent environ 50% des exportations suisses vers les États-Unis. Comme les produits pharmaceutiques sont exemptés de droits de douane «réciproques», le taux moyen effectif des droits de douane américains sur la Suisse est désormais d'environ 20%. Ainsi, si l'augmentation des droits de douane constitue un frein à l'économie suisse, l'exclusion du secteur pharmaceutique réduit pour l'instant la charge.
Néanmoins, ces droits de douane pourraient réduire le produit intérieur brut suisse de 0,2% à 0,4% au cours de l'année à venir. Nous avons donc revu à la baisse nos prévisions de croissance pour la Suisse, qui s'établissent désormais à 1,0% pour 2025 (contre 1,2% auparavant) et à 1,2% pour 2026 (contre 1,4% auparavant).
Par ailleurs, le risque d'introduction de droits de douane sur les produits pharmaceutiques est important. Une analyse distincte sur d'éventuels droits de douane sur les produits pharmaceutiques est actuellement en cours, et le président Donald Trump a récemment déclaré que des droits de douane seraient bientôt imposés et pourraient atteindre jusqu'à 250% dans les 18 prochains mois. Les dommages économiques seraient encore plus graves si les droits de douane sur le secteur pharmaceutique étaient mis en œuvre.
La BNS devrait patienter pour l’heure
La situation pouvant évoluer très rapidement ces jours-ci, la Banque nationale suisse (BNS) devrait attendre pour l'instant afin d'obtenir plus de précisions sur l'impact des droits de douane sur la stabilité des prix en Suisse. Lors de sa réunion de juin, la BNS a indiqué que le seuil pour instaurer des taux négatifs était élevé. Les dernières données sur l'inflation indiquent une stabilisation à court terme. Si l'escalade des tensions commerciales augmente le risque que la BNS abaisse son taux directeur en territoire négatif, nous ne nous attendons pas à une réaction précipitée et maintenons notre projection selon laquelle la BNS laissera son taux directeur inchangé au cours des 12 prochains mois.