La date butoir sur la mise en place des nouveaux tarifs douaniers est arrivée, dessinant les nouveaux contours du commerce mondial. Pour l’instant, les marchés actions ont plutôt bien digéré l’entrée en vigueur des nouvelles règles, en attendant d’y voir plus clair sur leur impact réel, dans une certaine volatilité.
Guerre commerciale et nouvelles taxes
Les derniers accords commerciaux avec les Etats-Unis, dont celui de la Suisse, ont en effet été scellés en date du 1er août, avec effet au 7 août. La Suisse a été frappée d’une surtaxe de 39% sur ses exportations, malgré une tentative de dernière minute de faire baisser ce taux exorbitant. En effet, avec ces 39% la Suisse se retrouve parmi les 4 pires sanctions. Même si l’impact reste difficile à déterminer, les détails de cet accord restent encore flous, notamment concernant le secteur de la pharma, le plus grand pôle d’exportation suisse vers les Etats-Unis, les prévisions de croissance du PIB helvétique ont été revues à la baisse (0,9% contre 1,1%). Toutefois, même si les Etats-Unis est le deuxième marché d’exportation de la Suisse (13% du total en 2024), les exportations réellement frappées de droits de douane ne représentent qu’environ 10% des exportations totales du pays. De plus, la plupart des sociétés du SMI font soit partie de secteurs exemptés, soit produisent en grande partie déjà localement les biens destinés aux Etats-Unis. Finalement, les secteurs les plus touchés sont la machinerie, l’horlogerie, les medtech et l’agroalimentaire.
Au niveau des secteurs, la Maison blanche a annoncé qu’une surtaxe de 100% pourrait frapper les semi-conducteurs fabriqués hors des frontières américaines. Le secteur pharmaceutique fait également face à de nouvelles menaces, avec l’option d’une surtaxe de 250% sur certains médicaments importés aux Etats-Unis, à moins que des baisses de prix soient mises en place avant septembre. Puis au dernier chapitre, une nouvelle taxe sur les importations de lingots d’or d’un kilo et de 100 onces provenant de Suisse pourrait bouleverser le cours de l’or, déjà sensible aux mouvements de politique commerciale.
Baisse de taux en septembre?
Les récentes statistiques économiques américaines ont révélé un ralentissement plus marqué que prévu de l’activité. Le taux de chômage a augmenté, tandis que l’ISM manufacturier a chuté à son plus bas niveau depuis octobre 2024. L’indice ISM des services a également montré une contraction inattendue. Ces données ont renforcé les attentes d’une baisse de taux en septembre de la part de la Fed, bien que cette dernière semble partagée sur cette option.
En parallèle, la démission d’un membre de la Fed a permis l’entrée de Stephen Miran, proche du président Trump, dans le cercle des décideurs. Sa nomination, qui devra encore être confirmée par le Sénat, pourrait accentuer les tensions internes à la Fed, notamment parmi les dissidents appelant à une politique monétaire plus accommodante.
En Europe, la tendance est plus mitigée. Les indices PMI de juillet ont montré une légère dégradation de l’activité, avec l’indice composite de la zone euro tombant sous la barre des 51 points. L’Allemagne, cependant, a enregistré une légère amélioration avec un indice composite à 50,6, malgré un secteur manufacturier toujours fragile. Les tensions commerciales mondiales pèsent sur la croissance européenne, les exportations et la confiance des investisseurs.
Dans ce contexte les indices ont évolué prudemment. Le S&P500 a terminé en hausse de 2,43%, le Nasdaq de 3,73%, le Stoxx Europe 600 de 2,11% et le SMI de 0,26%.
L’essentiel en bref
