Les bourses mondiales naviguent à vue jeudi en pleine saison de résultats d’entreprises, l’Europe pâtissant de publications décevantes quand Wall Street profite des performances de la tech.
Les bourses européennes ont terminé dans le rouge, Paris cédant 1,14%, Francfort 0,81%, Londres 0,08% et Milan 1,56%. A Zurich, le SMI a cédé 0,80%.
«Aussi bien aux États-Unis qu’en Europe, le marché s’est focalisé aujourd’hui presque exclusivement sur les résultats des entreprises», commente Peter Vanden Houte, économiste pour ING Belgique interrogé par l’AFP.
Sur le Vieux Continent cependant, «certaines publications ont déçu», pesant sur les indices européens, note Peter Vanden Houte.
A Wall Street, vers 15H45 GMT, le Dow Jones restait stable (0,00%) quand le Nasdaq gagnait 0,87% et le S&P 500 0,48%.
Les «actions américaines ont grimpé (...), portées par les résultats exceptionnels de Microsoft et Meta», note Fawad Razaqzada, analyste chez City Index.
Les investisseurs attendent désormais les publications de deux poids lourds de la cote attendus après la clôture de Wall Street, Amazon et Apple.
La Bourse de New York profitait également d’une série d’accords commerciaux tout juste conclus avant la date butoir du 1er août imposée par le président américain, date à laquelle un certain nombre de surtaxes doivent être appliquées sur la plupart des partenaires commerciaux des États-Unis.
Donald Trump a annoncé jeudi s’être entendu avec son homologue mexicaine Claudia Sheinbaum pour prolonger de 90 jours les droits de douane actuellement imposés sur les produits mexicains, alors qu’il menaçait de porter la surtaxe à 30%.
La Corée du Sud, alliée clé de Washington en matière de sécurité, s’est glissée in extremis dans le train en marche, obtenant un accord sur un droit de douane de 15% pour ses exportations vers les États-Unis, soit nettement moins que les 25% envisagés.
Taïwan, menacé d’une taxe de 32% et de possibles nouveaux droits de douane sur les semi-conducteurs, pilier de l’économie de l’île, a indiqué jeudi avoir atteint «un certain consensus» avec les États-Unis, sans fournir de détails.
Le président américain a déjà annoncé 50% de surtaxe contre le Brésil, en représailles aux poursuites engagées contre son ex-président Jair Bolsonaro et le Canada, dont il a estimé «très difficile» tout accord commercial futur si Ottawa reconnaissait un État palestinien.
Trump avait également annoncé mercredi 25% de droits de douane sur les produits indiens, ajoutant qu’une «pénalité» serait ajoutée pour l’achat de pétrole et d’armes russes, dont l’Inde est grande consommatrice.
«Malgré ces tensions croissantes, les marchés restent - pour l’instant - relativement sereins», souligne Fawad Razaqzada.
La «tech» américaine en position de force
Microsoft (+4,74% vers 15H45 GMT) a dépassé les 4.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, après la publication mercredi de résultats très supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre de son exercice décalé, portés par l’accélération du «cloud» et de l’IA. Son bénéfice net est ressorti à 27,2 milliards de dollars, en hausse de 24% sur un an.
Meta (+12,50% vers 15H45 GMT) s’envole également en Bourse, avec des revenus et bénéfices trimestriels en forte croissance, son bénéfice net étant ressorti à 18,34 milliards de dollars (+36%).
«Ces deux géants de la tech n’ont pas seulement dépassé les attentes, ils les ont littéralement pulvérisées», commente Fawad Razaqzada.
La puissance des géants de la tech «soutient à elle seule les grands indices, même si les inquiétudes autour des pressions inflationnistes liées à l’agenda protectionniste de Trump s’intensifient», poursuit-il.
Le dollar stable
Côté indicateurs, l’inflation a continué de rebondir en juin aux États-Unis, s’inscrivant à 2,6% sur un an, sous l’effet des droits de douane déjà entrés en vigueur. Des chiffres «légèrement au-dessus des attentes», selon M. Razaqzada.
Mercredi, après que la Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé de laisser ses taux inchangés pour la cinquième fois de suite, son président Jerome Powell a relevé en conférence de presse que les conséquences des surtaxes commençaient à se matérialiser sur «certaines catégories de biens» aux Etats-Unis.
Donald Trump s’en est néanmoins une nouvelle fois pris jeudi à M. Powell, le qualifiant de «stupide» sur son réseau Truth Social.
Dans ce contexte, le billet vert fléchissait, cédant 0,25% face à la monnaie unique, à 1,1434 dollar pour un euro vers 15H45 GMT.