Les marchés européens naviguent entre négociations commerciales et résultats d’entreprises

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Francfort termine en hausse de 0,23% et Londres de 0,85% après avoir atteint un nouveau record en séance comme en clôture. Milan recule de 0,24% et Paris de 0,41%. A Zurich, le SMI cède 0,26%.

Les marchés boursiers mondiaux évoluent sans direction commune jeudi, les investisseurs naviguant entre les négociations commerciales entre Washington et l’Union européenne et l’accélération du rythme des publications de résultats d’entreprises.

A Wall Street, vers 15H45 GMT, le Dow Jones cédait 0,34% quand le Nasdaq prenait 0,31% et le S&P 500 0,28%, les indices digérant une nouvelle vague de résultats d’entreprises en demi-teinte.

En Europe, Francfort a terminé en hausse de 0,23% et Londres de 0,85% après avoir atteint un nouveau record en séance comme en clôture. Milan a reculé de 0,24% et Paris de 0,41%. A Zurich, le SMI a cédé 0,26%.

Un accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis semble se dessiner avant la date butoir du 1er août, les Européens examinant une proposition américaine de droits de douane de base de 15% avec des exceptions sectorielles, selon plusieurs sources européennes.

Un accord est à «portée de main», a assuré jeudi un porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill.

Sur le Vieux continent, «le marché avait ouvert en hausse» avec l’optimisme autour de l’annonce imminente d’un accord, mais «la publications de résultats d’entreprises a entaché certains des indices européens», note Kevin Baslame, gérant de portefeuilles chez Amplegest, interrogé par l’AFP.

D’autant que les fortes valorisations se payent cher sur les marchés, et ce, des deux côtés de l’Atlantique, poursuit-il. «Il n’y a pas de cadeau de la part des investisseurs», affirme M. Baslame, pointant du doigt une «logique asymétrique» qui récompense peu les bonnes publications d’entreprises mais sanctionne très durement lorsqu’elles sont jugées décevantes.

Les investisseurs digèrent également la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui a maintenu ses taux d’intérêt inchangés jeudi, comme attendu.

Cette pause intervient à l’issue d’un long cycle de baisses de taux initié en juin 2024, pour prendre le temps d’évaluer les décisions imminentes dans le bras de fer commercial entre Washington et les Européens.

«La BCE reste pour l’instant dans l’expectative», mais cela ne devrait pas durer, affirme Guy Stear, responsable de la stratégie pour les marchés développés de l’Amundi Investment Institute.

Car «même en supposant qu’un accord soit conclu entre l’UE et les États-Unis, les droits de douane nuiront à l’économie européenne, tandis que les pressions sur les prix s’atténuent», note Charles Seville, directeur senior chez Fitch Ratings.

Dans ce contexte, le dollar restait stable (+0,03%) face à l’euro, à 1,1767 dollar pour un euro, vers 15H45 GMT.

La BCE reste très attentive à la récente hausse de l’euro par rapport au dollar mais ne cible pas un taux de change particulier, a déclaré à la presse la présidente de l’institution Christine Lagarde.

«La vigueur de l’euro réduit l’inflation, ce qui donne à la BCE la flexibilité nécessaire pour procéder à des baisses», relève M. Stear.

Depuis le début de l’année, la monnaie unique a d’ailleurs gagné environ 13,5% face au billet vert.

Les spiritueux européens rassurés

Pour Kevin Baslame, le secteur des spiritueux profite directement des négociations en cours entre Washington et Bruxelles, car il pourrait bénéficier d’exemptions de droits de douane avec exemptions notamment sur l’aéronautique et certains médicaments.

A Paris, le géant Pernod Ricard a terminé en hausse de 2,03% et Rémy Cointreau de 3,04%.

A Milan, Campari a avancé de 0,09% et à Londres Diageo s’est octroyé 1,29%.

Tesla dégringole à New York

Le spécialiste des véhicules électriques Tesla cédait 9,13% vers 15H45 GMT à la Bourse de New York après que le groupe a annoncé mercredi une baisse de 16% de son bénéfice net au deuxième trimestre, affecté par un repli des ventes et les conséquences de l’implication de son patron Elon Musk dans la sphère politique américaine.

«Nous nous trouvons dans une phase bizarre de transition où nous allons perdre beaucoup d’avantages aux Etats-Unis (...) et où nous sommes aux prémices de l’autonomie», avait indiqué mercredi Elon Musk lors d’une audioconférence.

«Nous savions que le secteur automobile allait connaître des difficultés mais les commentaires de M. Musk n’ont pas vraiment suffi à rassurer le marché», note Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.

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