Une approche diversifiée sur l’ensemble de l’agroalimentaire et qui met l’accent sur l’impact privilégie les entreprises innovantes, durables et de qualité. Or, il existe actuellement un certain nombre d’opportunités parmi les entreprises de taille moyenne actives en aval comme en amont de la chaîne agroalimentaire. Ces «perles», au potentiel intéressant à moyen terme, opèrent dans des secteurs variés qui vont du gaspillage alimentaire, à la distribution en passant par les biens de consommation courante et l’agriculture. Cinq exemples:
L’américaine Darling Ingredients collecte et transforme des déchets alimentaires (huiles de friture, sous-produits de viande). Ils sont recyclés en produits durables à valeur ajoutée tels que le diesel renouvelable et le biocarburant pour l’aviation, le collagène (utilisé pour certains produits pharmaceutiques) ou encore les biogaz issus de la fermentation.
Active dans le segment des boissons protéinées et des barres nutritives, BellRing Brands est l’une des valeurs de croissance dans le secteur des biens de consommation courante aux Etats-Unis.
La proposition de l’agence américaine de la protection de l’environnement d’augmenter fortement les biocarburants (dans le but de soutenir l’agriculture) pourrait être extrêmement favorable à Darling Ingredients: son BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) pourrait progresser très rapidement et passer de 1 milliard de dollars à plus de 1,5 milliard dès 2026/2027.
Des protéines aux substituts du sucre
Active dans le segment des boissons protéinées et des barres nutritives, BellRing Brands (BRBR) est l’une des valeurs de croissance dans le secteur des biens de consommation courante aux Etats-Unis. Elle profite non seulement de la tendance vers une alimentation plus saine, mais aussi d’une demande croissante des consommateurs de GLP-1 (coupe-faim).
Mangeant moins, ces derniers recherchent en effet des nutriments essentiels au maintien de leur masse musculaire. BRBR est parvenue à consolider sa position et détient 25% de part de marché. Selon les chiffres avancés par Nielsen, ses ventes progressent à un rythme soutenu de plus de 20%. Le léger ralentissement du trimestre dernier est à imputer en grande partie à un ajustement ponctuel du stock d’un gros client.
Fondée en 1895, Tate & Lyle a débuté dans le raffinage du sucre. Entretemps, l’entreprise a fait un virage à 180 degrés et elle centre son activité sur la recherche de substituts du sucre. Depuis sa cession, l’année passée, du reste de sa participation dans Primient, elle se consacre totalement à la production d’ingrédients plus sains (édulcorants naturels, fibres, etc.), notamment en développant son expertise dans la reformulation de produits alimentaires, de manière à les rendre meilleurs pour la santé. Ce savoir-faire propre à Tate & Lyle se reflète clairement dans sa marge (BAIIA) qui, approchant les 21%, compte parmi les plus élevées du secteur.
Des recentrages payants
KWS Saat AG ne demande qu’à «pousser»! Cette entreprise indépendante est l’une des dernières cotées en bourse dans le secteur des semences agricoles et horticoles, mais elle occupe néanmoins une position dominante sur le marché des betteraves sucrières (770% de part de marché). Elle est également très présente sur les marchés du maïs et du tournesol. L’entreprise a vendu toutes ses activités extraeuropéennes (et récemment celles basées aux Etats-Unis) parce qu’elle les jugeait trop petites ou pas rentables. A la suite de ce recentrage, son bilan est très solide et le titre est bon marché.
Le groupe familial de distribution belge Colruyt a connu un parcours boursier mouvementé ces dernières années. Mais il tient ses promesses de recentrage: après avoir cédé Dreamland (jouets), Dreambaby (articles pour bébés) et Parkwind (éolien en mer), il a récemment vendu la majorité de ses magasins en France et l’activité non alimentaire restante est désormais considérée comme marginale. Ce qui reste du groupe, c’est une distribution alimentaire qui, malgré une concurrence intense, reste toujours très profitable en Belgique. C’est une trésorerie positive. C’est également un potentiel de croissance prometteur grâce à l’acquisition de la totalité de la pharmacie en ligne Newpharma. C’est enfin un flottant qui diminue grâce à des rachats d’actions.
Comme le démontrent ces cinq exemples, l’agroalimentaire durable recèle un vaste potentiel de diversification et, sur certains segments et titres bien choisis, une réserve de croissance importante. Pour ceux qui cherchent à tirer parti des changements structurels durables de l’économie, ce type de thématique peut être un outil d’investissement précieux.