Le secteur bancaire américain affiche une solidité remarquable, comme en témoignent les résultats publiés jusqu'à présent par plusieurs grandes institutions financières du pays.
Sans surprise, les performances ont été solides, portées par les marges nettes d'intérêt, soutenues en partie par une courbe des taux plus pentue. De plus, l’activité sur les marchés de capitaux a également été un facteur positif, stimulé par une volatilité accrue des marchés au cours du dernier trimestre. La croissance des prêts a été alimentée par les consommateurs américains et, dans une moindre mesure, par les prêts aux entreprises, dont les dépenses d'investissement et les opérations de fusion-acquisition sont restées modérées.
Avec un taux de chômage toujours exceptionnellement bas aux Etats-Unis, la qualité des actifs demeure robuste. Certaines banques ont même enregistré une baisse des provisions pour pertes sur crédits par rapport au trimestre précédent ou l'année passée. Un signe encourageant malgré des fragilités persistantes dans certains domaines comme les prêts étudiants et les cartes de crédit. A l'avenir, l'exposition au secteur de l'immobilier commercial pourrait redevenir un point de vigilance, compte tenu de la hausse des rendements observée au cours du trimestre.
La plupart des banques disposent d’un excès de capital. Il n'est donc pas surprenant que les ratios CET1 élevés aient légèrement diminué par rapport aux niveaux précédemment élevés, reflétant une attention accrue portée aux actionnaires (hausse des dividendes et programme de rachat d'actions).
Nous prévoyons également que les banques américaines émettront des obligations après la publication de leurs résultats trimestriels. Le secteur devrait émettre environ 15 à 20 milliards de dollars de nouvelles obligations, un volume inférieur à celui de janvier ou avril, mais qui n'est pas inhabituel pour la période estivale. Cela offrira aux investisseurs des opportunités d'augmenter leurs positions ou d'optimiser leur exposition à un secteur relativement résilient dans le contexte actuel marqué par les incertitudes commerciales.
Dans l'ensemble, les résultats publiés jusqu'à présent confirment nos attentes: aucun choc majeur n’est à prévoir pour les publications du deuxième trimestre. Cependant, les perspectives et les commentaires des banques sur la conjoncture économique restent essentiels. JP Morgan, notamment, a souligné la résilience de l'économie tout en appelant à la prudence face à des risques persistants, notamment les tarifs douaniers, l'incertitude commerciale et les défis géopolitiques.
Les investisseurs obligataires devront rester vigilants sur la qualité du crédit dans certains segments, tels que les cartes de crédit, les prêts automobiles et les prêts étudiants. Jusqu'à présent, les résultats publiés sont rassurants, ce qui pourrait inciter les investisseurs à se concentrer sur le secteur bancaire.