Gonet: l'actualité des marchés au 14 juillet

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

4 minutes de lecture

Dow -0,63%, S&P 500 -0,33%, Nasdaq -0,22%, Russell -1,26%, SOX -0,21%, Eurostoxx -1,01%, SMI -1,60%.


La semaine écoulée est marquée par un déluge d’annonces tarifaires de Donald Trump alors que Wall Street atteint de nouveaux records à la cloche de jeudi, pour finalement reculer sur la semaine.

Ce weekend le président des Etats-Unis s’attaque notamment à l’Union Européenne, un joli test de résilience que voici pour les indices d’actions, TACO ou pas TACO? Le marché des changes a déjà choisi son camp, le timide repli de l’euro ce matin indique que les cambistes considèrent les 30% de droits de douane de Trump infligés aux produits européens commet une fanfaronnade. Même constat du côté des swaps, qui ne prévoient aucune baisse de taux de la BCE dans un futur proche alors que des tarifs de 30% devraient inciter la Banque Centrale Européenne à adopter une politique monétaire plus accommodante.

La séance de trading de vendredi est plutôt calme, les volumes d’échanges reculent, les mastodontes de la tech évoluent en ordre dispersé, la pression remonte un chouia sur les parquets de trading, le grand blond semble en forme, il s’attaque notamment au Canada, la volatilité remonte de 4%, le VIX revient à 16,40, pas de quoi fouetter un trader mais le marché relève tout de même un sourcil à l’approche du weekend. C’est long un week-end Trumpien, il peut se passer tellement de choses alors que les places financières sont à la plage. Malgré ce climat tendu, Nvidia progresse de 0,5% après avoir franchi une capitalisation boursière record de 4’000 milliards de dollars jeudi. Tesla gagne 1,2% après une hausse de 4,7% la veille (joli dead cat bounce), Elon Musk annonçant l’expansion du service de robotaxis à Austin et la tenue de l’assemblée annuelle en novembre. Boeing a récupéré plus de 11% depuis le crash d’un vol d’Air India en juin, alors que l’enquête ne semble pas incriminer le Dreamliner.

Parmi les autres mouvements notables, l’ADR de BP grimpe de 3,6% malgré une annonce de dépréciations fiscales pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars, le groupe prévoyant une hausse de la production et une baisse de l’endettement. AMC bondit de 11% grâce à une amélioration de la note des analystes, tout comme Levi Strauss (+11%) après des résultats meilleurs que prévus. En revanche, Delta recule de 0,2% après un fort rebond jeudi, le titre défend donc ses gains avec succès pendant que United Airlines perd 4,3% et Coinbase rend 0,4% reste stable malgré un Bitcoin au plus haut historique. Il faut dire que l’action a progressé de plus de 50% depuis le 18 juin. 

Pas grand-chose à signaler sur le front des indices d’actions, qui évoluent pour la plupart juste en-dessous de leurs records historiques. Le breadth de vendredi est plutôt faible, le podium du jour du SPX se compose de l’énergie, de la consommation discrétionnaire et de l’immobilier. On notera la sous-performance du S&P500 équipondéré (SPW -0,75% contre SPX -0,33%), cela nous indique que le marché est globalement vendeur en cette fin de semaine marquée par de nouveaux plus hauts de tous les temps. 

Notons que le dollar, même s’il reste bien fragile notamment face à l’euro, grappille chaque jour un peu de terrain depuis le 1er juillet. C’est à suivre de près, ce matin la paire EUR/USD traite à 1,1684. Le rendement du 10 ans US évolue quant à lui à 4,42%, il a rebondi en fin de semaine de sa moyenne mobile à 200 jours (@4,34%) et traite désormais au-dessus des ses trois principales moyennes, objectif technique potentiel désormais à 4,62%. Pour leur part les Fed Funds sont peu convaincus que la Fed baissera ses taux à nouveau dans un futur proche. Pour juillet c’est bouclé, le marché n’attend quasiment rien. Les intervenants prédisent 60% de probabilités d’une coupe de 25 points de base le 17 septembre et 73% pour le 10 décembre, autant dire que le marché est actuellement perdu dans la traduction à ce sujet. 

Les droits de douane annoncés par Trump sur les produits de l’Union Européenne devraient donc s’élever à 30%. Le président des Etats-Unis justifie ces derniers par un déséquilibre commercial entre les deux blocs, au détriment des Américains. La relation commerciale USA-UE représente 30% des échanges mondiaux, avec 1680 milliards d’euros de biens et services échangés en 2024, selon la Commission européenne.

Alors que les investisseurs digèrent les tensions commerciales, l’attention se tourne vers le début de la saison des résultats. Cette semaine, la moitié des sociétés du S&P500 (SPX) attendues sont des banques, dont JPMorgan, Citigroup ou Bank of America. D’autres géants comme Netflix, GE Aerospace ou Johnson & Johnson publieront également. Sur le plan macroéconomique, l’indice des prix à la consommation pour juin sera dévoilé demain, suivi de l’indice des prix à la production mercredi, des ventes de détail jeudi et des mises en chantier vendredi. Ces données permettront d’évaluer la solidité de l’économie américaine face aux turbulences tarifaires.

Les nouvelles menaces de droits de douane américains visent plusieurs secteurs clés de l’économie européenne, notamment la pharmacie et l’automobile. Le secteur pharmaceutique, jusqu’ici épargné, est particulièrement exposé: il représente près d’un quart des exportations européennes vers les États-Unis, avec des pays comme l’Irlande, la Suisse, l’Allemagne ou la Belgique en première ligne. De leur côté, les constructeurs automobiles allemands sont aussi très vulnérables, alors que des taxes de 25% sur les voitures européennes sont déjà en place depuis avril. D’autres secteurs sont également menacés: l’aéronautique (via les composants et matériaux), les produits de luxe, la cosmétique et l’agroalimentaire, notamment les vins, spiritueux et plats transformés. Des hausses tarifaires de 30 à 45% sont évoquées, ce qui pourrait fortement pénaliser les exportateurs français et italiens. Globalement, ces mesures risquent de réduire les échanges commerciaux de l’UE et de peser sur la croissance, en particulier en Allemagne, en Irlande et dans les économies très tournées vers l’export.

Donald Idéfix Trump maintient la pression sur le patron de la Fed, Jerome Powell, en déclarant espérer sa démission. Il se murmure à Washington que des fidèles du président américain cherchent à monter un dossier de destitution de Powell, pour une obscure raison de travaux de rénovation au siège de la Réserve Fédérale? Tout cela ressemble de plus en plus à une époque que nous croyons révolue à tout jamais, le marché reste de marbre en l’état, la question est de savoir jusqu’à quel point.

Donald Trump annonce l'envoi de batteries sol-air Patriot à l'Ukraine et pourrait annoncer aujourd'hui d'autres équipements et des sanctions contre la Russie.

C’est la «semaine de la cryptomonnaie» aux États-Unis, une période où le Congrès pourrait approuver une série de mesures visant à intégrer durablement le secteur de la crypto dans le système financier. Le bitcoin ne reste pas indifférent: ce matin il traite à son plus haut historique, à 123'000 dollars. 

Hormis la balance commerciale chinoise publiée ce matin tôt, rien de bien consistant à se mettre sous la dent au menu macro-économique de ce lundi.

BASF réduit ses prévisions pour 2025 en raison de l'impact des droits de douane sur l'économie mondiale, c’était attendu. ThyssenKrupp et le syndicat IG Metall ont conclu un accord prévoyant une réduction du temps de travail, une baisse des primes et la fermeture de certains sites dans le cadre d'un plan visant à restructurer le sidérurgiste allemand. Novartis échoue dans sa tentative d'empêcher la commercialisation du générique Entresto aux Etats-Unis jusqu'en 2026. Kraft Heinz étudierait la possibilité de scinder une grande partie de son activité alimentaire, comprenant de nombreux produits Kraft, a appris Reuters. Le CEO de Nvidia tiendra une conférence de presse à Pékin le 16 juillet. Apple propose au moins 150 millions de dollars par an pour les droits de diffusion en streaming de la Formule 1, selon Business Insider. Superman de Warner Bros dégage 217 millions de dollars de revenus depuis sa sortie.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo égare 0,28% à la cloche, Hong Kong progresse de 0,43%, Shanghai grappille 0,27%, Séoul monte de 0,83% et le Nifty50 rend 0,39%. Le future SPX abandonne 0.6%, l’Europe ouvre en baisse de 0,6% également, l’or remonte légèrement à 3373 dollars l’once, le pétrole évolue à 68,77 dollars le baril de WTI Light Crude, test de résilience en cours donc pour le marché, l’Union Européenne est un gros poisson du commerce mondial, en l’état aucune panique à bord, même si le VIX rebondit de 8,5% à 17,79 dans les premiers échanges. 

Joyeuse Fête Nationale à nos amis Français et bon congé donc. Je note que le CAC40 ne fait preuve d’absolument aucun esprit patriotique, il est ouvert ce lundi comme d’habitude…

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