Une île au cœur de l’Europe en Suisse

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

2 minutes de lecture

L’enquête du Seco sur la confiance des consommateurs montre que les prévisions d’inflation restent bien ancrées chez les ménages.


©Keystone

La Suisse ayant choisi une voie moins stricte que d’autres pour faire face à la deuxième vague du virus, les données à haute fréquence indiquent que les retombées sur son économie seraient moins sévères que lors du premier confinement. Début novembre, les indices de déplacements de Google reflétaient une fréquentation des commerces et lieux de loisirs inférieure de 28% au niveau de février. A son plus bas, la première semaine d’avril, elle n’était qu’à un cinquième de ce niveau. Les statistiques d’utilisation des cartes bancaires et les ventes d’automobiles d’octobre dénotaient encore une belle résistance de la consommation privée. Les chaînes logistiques mondiales sont rétablies et opérationnelles, même dans les régions ayant instauré des mesures plus strictes que la Confédération suisse. 

Le chômage devrait dépasser 4% au premier trimestre 2021.

Nous abaissons nos hypothèses pour le dernier trimestre 2020, qui ne devrait accuser un recul temporaire que de -0,5%. Quoique modéré, il ne doit pas occulter les effets à long terme de la récession: d’autres données à haute fréquence indiquent qu’un nombre croissant d’actifs qui redoutent de perdre leur poste actuel recherchent activement un emploi. Le chômage devrait selon nous dépasser 4% au premier trimestre 2021 et nous prévoyons également une augmentation des faillites. L’arrivée rapide et généralisée de vaccins contre le virus changerait la donne et déboucherait sans doute sur un redémarrage de la croissance dès l’an prochain, un scénario qui semble plus probable au vu des dernières nouvelles.

L’indice annuel des prix à la consommation devrait rester négatif jusqu’à début 2021, lorsque se dissipera l’effet de base de l’extrême faiblesse des prix de l’énergie. Face à une inflation d’octobre un peu inférieure à nos attentes, nous avons dû légèrement réduire notre estimation annuelle. En détail, l’enquête du Seco sur la confiance des consommateurs montre que les prévisions d’inflation restent bien ancrées chez les ménages.

Deuxième vague moins nocive dans la zone euro

De nouvelles statistiques à haute fréquence aident à mieux évaluer les dynamiques économiques à ce stade de la pandémie. Nous pensions que le PIB du troisième trimestre aura progressé de 11,6% en séquentiel, bien au-dessus des 9,6% qu’attendait le consensus Bloomberg; or, le taux de croissance officiel de 12,7% s’est révélé encore supérieur. Toutes choses égales par ailleurs, un tel chiffre devrait nous inciter à relever considérablement nos prévisions pour 2020, mais la flambée de nouveaux cas de coronavirus et le durcissement des mesures imposées de ce fait par les pouvoirs publics affectent les dynamiques économiques. 

Nous tablons dorénavant sur une chute du PIB de 0,7%
au dernier trimestre 2020, soit bien moins qu’au deuxième trimestre.

Actuellement, le confinement est relativement léger en Estonie ou en Finlande alors que l’Irlande, l’Autriche, l’Espagne ou la France ont repris quasiment les mêmes mesures qu’au printemps. Nous tablons dorénavant sur une chute du PIB de 0,7% au dernier trimestre 2020, soit bien moins qu’au deuxième trimestre. La situation diffère de l’incertitude de mars à bien des égards: nous avons une meilleure visibilité sur la durée possible d’un reconfinement, les déplacements individuels sont bien moins limités qu’en avril selon l’indice de Google, les chaînes logistiques mondiales sont rétablies et les exportateurs enregistrent une demande soutenue en Asie et aux Etats-Unis. Enfin, les craintes d’une crise financière ont disparu et l’espoir d’un vaccin s’est affirmé récemment.

Les chiffres officiels dénotent une inflation toujours négative à l’orée du dernier trimestre 2020. Selon l’estimation préliminaire d’Eurostat, les prix à la consommation auraient reculé de 0,3% sur un an à fin octobre. Nous pensons que l’inflation restera négative jusqu’en janvier 2021. La perception du public semble différer totalement de ces statistiques puisque le taux d’inflation actuel moyen de la zone euro cité dans une enquête de la Commission européenne ressort à 7,5%.

A lire aussi...