Thématiques 2026: actifs risqués et normalisation de l’effet devise en toile de fond

Marcelo Preto, Mandarine Gestion

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Dans des marchés de plus en plus concentrés, la diversification et la sélectivité deviennent essentielles pour capter les moteurs structurels.

 

Un terreau toujours fertile pour les actions

Alors que 2026 se profile, le paysage boursier poursuit sa transformation, porté par des tendances profondes qui s’ajoutent à la conjoncture économique. La Réserve fédérale reste le point focal pour l’année prochaine car les marchés anticipent encore plusieurs baisses de taux d’ici fin 2026, un mouvement susceptible de soutenir les actifs risqués. L’effet devise, qui avait pesé sur les actions américaines pour les investisseurs européens en 2025, devrait en outre se normaliser.

La dynamique bénéficiaire confirme cette toile de fond: si les entreprises américaines devraient encore une fois afficher en 2025 une progression plus robuste que leurs homologues européennes, les anticipations pour 2026 et 2027 demeurent bien orientées partout, signe d’une capacité des entreprises à absorber inflation, salaires et tensions douanières. Le potentiel de performance reste ainsi ancré dans la progression des profits.

L’IA comme moteur central, mais des disparités entre régions

Depuis 2023, l’essentiel de la croissance des résultats provient des sociétés liées à l’intelligence artificielle, aux semi-conducteurs et aux infrastructures numériques. Cette concentration constitue à la fois un moteur et un risque, que les investisseurs cherchent à arbitrer. Si l’adoption de l’IA devrait continuer de s’accélérer, elle impose aussi de rester sélectif au sein de sa chaîne de valeur.

Aux Etats-Unis, la perspective de taux plus bas nourrit un vif appétit pour le risque: les segments technologiques non-profitables, l’or spéculatif et les Magnificent 7 dominent les performances. A l’inverse, les secteurs sensibles aux tarifs douaniers, la consommation discrétionnaire et l’immobilier résidentiel demeurent fragilisés dans une économie de plus en plus polarisée.

En Europe, les thèmes de souveraineté et de défense — renforcés par la relance budgétaire allemande — prennent le devant, tandis que le secteur bancaire surperforme pour la troisième année consécutive. La consommation reste morose et le style «qualité» cède du terrain au profit de valeurs plus cycliques.

En Chine, le marché progresse mais en ordre dispersé: technologie, robotique et innovation tirent les indices, pendant que l’immobilier et certains pans de la consommation accusent du retard, rendant nécessaire une approche fine par sous-thèmes.

Transition énergétique: de grands écarts entre les segments

Au sein de la thématique climat, 2025 a été aussi marquée par de fortes divergences. Les énergies renouvelables rebondissent nettement malgré les craintes liées au cycle politique américain. L’explosion des besoins électriques — alimentée notamment par l’IA — met en tension les capacités existantes: réseaux, transformateurs, câbles, cuivre et infrastructures deviennent des maillons critiques. Le nucléaire regagne en importance dans les stratégies de souveraineté, même si les déploiements majeurs sont attendus après 2030. Les batteries et le stockage stationnaire s’imposent eux aussi comme piliers de long terme.

A l’inverse, les ventes de véhicules électriques ralentissent après la fin de certaines subventions, tandis que l’hydrogène, les biofuels, l’efficacité énergétique des bâtiments ou encore les services eau-déchets avancent plus lentement. Autant de segments en retrait, mais potentiellement porteurs pour les années à venir.

Les axes qui émergent parmi les tendances de fond

Dans des marchés de plus en plus concentrés, la diversification et la sélectivité deviennent essentielles pour capter les moteurs structurels sans céder aux excès de valorisation. Les grandes thématiques — électrification tirée par l’IA, souveraineté énergétique et matières premières, réindustrialisation, infrastructures — demeurent intactes, selon nous.

En revanche, les trajectoires technologiques divergent selon les régions: une technologie dominante en Chine, comme dans le solaire ou la robotique, ne s’impose pas automatiquement en Europe ou aux Etats-Unis et vice-versa.

A l’heure où les bénéfices devraient continuer de donner le rythme, 2026 s’ouvre sur un paysage où les moteurs structurels solides côtoient des segments en retard susceptibles de profiter du cycle d’assouplissement monétaire engagé par la Réserve fédérale.

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