Le nouveau cycle de baisse des taux initié par la Réserve fédérale américaine s’inscrit dans un contexte toujours favorable au marché du High Yield US. Entre allègement du coût de la dette, soutien des valorisations et regain d’activité sur les opérations de fusions-acquisitions, les perspectives restent porteuses pour ce segment.
Le 17 septembre dernier, la Reserve fédérale américaine baissait son taux directeur d’un cran (-0,25%) à 4%, ceci pour la première fois depuis 18 mois. Les marchés anticipent maintenant des taux directeurs aux alentours de 3,75% fin 2025 et 3,00% fin 2026.
Ce nouveau cycle de baisse des taux va améliorer les conditions de financement des sociétés américaines directement sur les dettes à court-terme mais aussi sur les emprunts à taux variables (prêts bancaires et obligations FRN à taux variables).
Au-delà de cet effet direct, quels seront les effets de ce nouveau cycle de baisse des taux sur le High Yield US, à la fois en termes de valorisation mais aussi de risque?
Des conditions de financement en amélioration pour les entreprises High Yield
Pour commencer, l’effet direct de la baisse des taux courts sur le coût moyen de la dette des sociétés High Yield US est non négligeable: la majorité des obligations High Yield US sont à taux fixe, donc pas directement affectées par une baisse des taux courts, mais la plupart des société High Yield US ont aussi de la dette bancaire syndiquée (leveraged loans) dans leur bilan dont les coupons sont indexés sur les taux courts. L’encours de leveraged loans US à plus de 2000 milliards est d’ailleurs supérieur à l’encours en obligations High Yield US à 1500 milliards.
Ces deux marchés interagissent et sont en particulier en compétition pour attirer des flux sur le primaire: si les loans offrent aux émetteurs des taux plus favorables, les taux offerts par le High Yield vont s’ajuster aussi à la baisse, soit par la demande directe de nouveau papier, soit par la baisse du gisement du High Yield face à une demande toujours importante (par exemple des émetteurs refinancent des obligations par des loans, ce qui réduit la masse du High Yield...).
La solidité du High Yield renforcée par la hausse des marchés actions
Le deuxième effet découle de la hausse du marché des actions en période de baisse des taux. La revalorisation du capital des sociétés High Yield (soit pour les sociétés High Yield listées par hausse de la capitalisation boursière, soit pour les autres par revalorisation des concurrents listés), augmente mécaniquement d’autant le «coussin» en actions en dessous de la dette et la couverture de la dette par les actifs à leur valeur de marché. Ici c’est le risque du High Yield qui baisse et mérite donc une prime de risque moins élevée, soit une hausse des prix des obligations / baisse des rendements.
Des conditions de financement propices au retour des fusions-acquisitions
Le troisième effet est la hausse des fusions-acquisitions que provoquent des conditions de financement meilleures grâce aux taux plus bas: financements relais (bridge loans) moins couteux, moindre rentabilité des dépôts des banques qui reporte leur allocation de capital vers le financement des sociétés, hausse des prêts aux sociétés de private equity, etc. On voit cet effet déjà à l’œuvre sur le marché avec plus de 1000 milliards de fusions-acquisitions annoncées au troisième trimestre et le plus gros LBO de l’histoire en projet avec l’acquisition d’Electronics Arts pour 55 milliards de dollars (ce qui dépasserait le record précédent de l’électricien US TXU en 2006 avec 40 milliards).
En conclusion, les baisses de taux à venir de la FED vont soutenir le High Yield US par les trois canaux de transmission décrits. Le premier rend le High Yield moins cher en relatif, les deux autres le rendent moins risqué car soutenu par des valorisations d’entreprises en hausse. Même si le point de départ est un marché cher en spread (prime de risque proche des plus bas historiques), il ne faut pas négliger l’impact positif de ces facteurs qui pourraient prolonger la période de bonne performance du marché High Yield US.