Surperformance de l’économie française

Bruno Cavalier, ODDO BHF

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L’économie française, presque paralysée fin 2018, est à nouveau en expansion.


©Keystone

A la fin 2018, la France semblait presque paralysée par une crise sociale apparue d’un coup, situation suscitant (mais pas dans ces pages) une surabondance de commentaires négatifs sur les perspectives économiques et sur la situation politique. Six mois ont passé, faisons le point à la mi-2019. C’est peu dire que la situation est toute différente. La croissance de l’activité s’est poursuivie, plus solide qu’ailleurs en zone euro. Le climat des affaires est en zone d’expansion. La confiance des ménages a vivement rebondi. Macron est sorti renforcé des récentes élections. On reparle à nouveau de réformes structurelles…

L’économie française a mieux passé le printemps que ses grands voisins.

La première estimation des comptes nationaux du deuxième trimestre 2019 est prévue le 30 juillet. Les données «dures» (production industrielle, consommation de biens) pointent vers une hausse du PIB réel de l’ordre de 0,5% t/t. Les données d’enquêtes projettent une hausse plus mitigée au voisinage de 0,2% t/t. En tout état de cause, l’économie française a mieux passé le printemps que ses grands voisins, Allemagne ou Italie, où le risque de contraction de l’activité au deuxième trimestre est sérieux. Avec des gains en emplois, une stimulation fiscale, un apaisement de la crise sociale, la demande intérieure française n’est pas en danger à court terme. A vrai dire, les mesures de soutien au pouvoir d’achat ont encore à se matérialiser : après avoir bondi de 1,1 point sur les deux derniers trimestres, le taux d’épargne devrait logiquement refluer compte tenu de l’embellie du sentiment des ménages.

L’écart entre les indices PMI français et allemand
dans le secteur manufacturier est le plus grand jamais enregistré depuis 1999.

Les risques extérieurs sont baissiers, ce n’est pas niable, mais leur principal relais est le secteur industriel dont le poids est modeste en France et qui par ailleurs résiste plutôt bien. Il est frappant que l’écart, à l’avantage de la France, entre les indices PMI français et allemand dans le secteur manufacturier (50,0 vs 43,1 en juillet) est le plus grand jamais enregistré depuis 1999, date de création de l’euro. Plus notable encore, le sentiment des entreprises est selon l’INSEE bien supérieur à sa moyenne dans tous les autres secteurs, services, bâtiment, commerce de gros et commerce de détail. L’indicateur de retournement du cycle économique est dans une zone qui ne manifeste à ce jour aucune inquiétude.

France: indicateur de retournement cyclique

Sources: INSEE, ODDO BHF Securities

 

L’indicateur des conditions d’emploi tend à se reprendre après avoir connu une modeste érosion à la fin 2018 lors de la crise des «gilets jaunes»: il se situe lui aussi très au-dessus de sa norme historique, manifestant que l’amélioration des conditions d’emploi est bien réelle.

France: indice des conditions d’emploi

Sources: INSEE, ODDO BHF Securities

 

Dans ces conditions, nous sommes à l’aise avec nos prévisions de croissance française à 1,5% et 1,8% en 2019 et 2020, bien au-dessus d’un consensus à 1,3% sur ces deux années.