Se frayer un chemin vers la viabilité budgétaire

Seema Shah, Principal Asset Management

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En plus de l’impact restrictif de toute réduction des dépenses fédérales aux Etats-Unis, les investisseurs surveilleront attentivement l’effet net des politiques contradictoires.

Le passage du texte de loi surnommé «Big Beautiful Bill» stimulera, en soi, la croissance à moyen terme. Cependant, la politique erratique en matière de droits de douane ralentira toute croissance. Les droits de douane constituent une taxe de facto sur les consommateurs et les entreprises, et auront donc un effet restrictif. En plus de l’impact restrictif de toute réduction des dépenses fédérales, alors que le Congrès a du mal à mettre en œuvre les réductions recommandées par le DOGE, les investisseurs surveilleront attentivement l’effet net de ces politiques contradictoires.

Les décideurs de la politique budgétaire, confrontés aux complexités de la durabilité de la dette, se retrouvent dans une situation précaire. La nouvelle loi fiscale adoptée devrait être expansionniste, stimulant la croissance économique à moyen terme. Cependant, cet effet positif pourra être éclipsé par l’impact combiné des droits de douane, qui ont pour effet principal une hausse des impôts, et des réductions significatives des subventions fédérales et autres dépenses.

Les droits de douane augmentent le coût des marchandises, réduisant le pouvoir d’achat des consommateurs, et pourraient ralentir l’activité économique globale. Entre-temps, si le Congrès promulguait ne serait-ce qu’une réduction des dépenses proposée par le DOGE, les réductions des subventions fédérales (et autres dépenses) limiteraient encore plus la croissance. Bien que ces mesures visent à réduire progressivement le déficit budgétaire, elles risquent de créer un paradoxe. A mesure que les niveaux de déficit diminuent, la croissance pourrait ralentir et exacerber les difficultés budgétaires que les décideurs politiques cherchent à atténuer.

Dans ce numéro d’équilibriste, il est essentiel que les décideurs évaluent attentivement les implications de leurs décisions. Un fort ralentissement de la croissance pourrait par inadvertance aggraver les déficits budgétaires déjà importants, avec pour résultat un cycle de stagnation économique.

Il ne faut pas hésiter à insister sur l’importance d’accorder la priorité à la stabilité à long terme par rapport aux gains à court terme. Si les préoccupations en matière de viabilité fiscale persistent, cela pourrait créer une limite de l’allègement des coûts d’emprunt, même si la Réserve fédérale commence à réduire les taux, ce qui empêcherait les décideurs politiques de stimuler un environnement propice à la croissance économique et à la prospérité. Les perspectives de croissance des Etats-Unis dépendent de la capacité de l’administration à se frayer un chemin parmi les défis budgétaires.

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