La semaine a été marquée par de nombreux événements économiques et géopolitiques, incluant des réunions de banques centrales, des publications de résultats d'entreprises, des données économiques majeures et des élections. Après un début de mois en baisse, les actifs risqués ont tenté un rebond stoppé par des résultats mitigés des grandes entreprises technologiques liées à l'intelligence artificielle, entrainant une forte correction du Nasdaq en fin de semaine. Si Microsoft et Oracle ont plutôt rassuré sur leur perspectives, Alphabet n’a pas réussi à convaincre et à donner de la visibilité sur la monétisation de ses investissements. De son côté, Amazon a déçu sur ses perspectives de croissance et de marge pour le prochain trimestre. Cependant, les résultats du troisième trimestre restent globalement solides aux Etats-Unis et en Europe, avec une croissance annuelle d'environ 28%, portée principalement par les secteurs technologique et énergétique, ainsi qu’une participation généralisée des autres secteurs. Les surprises positives sont un peu moins nombreuses que le trimestre précédent, mais restent élevées, notamment dans les secteurs défensifs.
Du côté des banques centrales, la Fed, la BCE et la Banque du Japon ont maintenu leurs taux inchangés, conformément aux attentes. Les hausses de taux sont maintenant largement anticipées par les investisseurs pour le mois de décembre. La Fed a mis en avant la solidité de l’économie sans signaler de surchauffe et a souligné la nécessité d’accumuler davantage d’informations. La Banque du Japon a jugé l’inflation comme étant à sa cible mais surveille son niveau et a indiqué qu’elle devait encore analyser les effets de la hausse de taux du mois de septembre avant d’agir de nouveau. Enfin, la BCE souligne un risque inflationniste à la hausse lié aux prix de l’énergie, mais une inflation cœur stable sans transmission aux salaires pour l’instant. Christine Lagarde a annoncé sa démission, effective en février 2027.
Sur le plan économique, le PIB américain du troisième trimestre a dépassé les attentes avec une croissance annualisée de 3,4%, portée par une consommation résiliente et des investissements dans l’intelligence artificielle, compensés par des importations liées aussi à l’IA. Les indicateurs avancés (PMI) confirment la résilience de l'économie américaine, tandis que le sentiment des consommateurs reste faible malgré un rebond en octobre. En Europe, les PMI d’octobre montrent une détérioration en France, une stabilité relative en Allemagne et dans la zone euro, et une amélioration au Royaume-Uni. Le PIB de la zone euro pour le troisième trimestre est meilleur qu’attendu à +1,3% annualisé avec une surprise positive sur la croissance allemande et négative en France.
Sur le front géopolitique, la situation reste incertaine avec un effort diplomatique au Moyen-Orient mais un risque persistant de nouvelles tensions, notamment après les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. En Israël, après le scrutin de cette semaine, le premier ministre sortant B. Netanyahou ne dispose pas de majorité claire, ce qui complique la lisibilité du conflit. Le prix du pétrole a augmenté après une légère baisse, tandis que le gaz en Europe a dépassé les 100 euros/MWh, avec des températures plus froides. En Ukraine, Zelenski espère reprendre les pourparlers avec la Russie la semaine prochaine.
Face à ce contexte, nous conservons une vue globalement positive sur les actions, avec une diversification géographique et thématique au-delà des Etats-Unis et de l’intelligence artificielle. Sur le plan obligataire, après des prises de profits sur la duration, l’exposition reste légèrement surpondérée, jouant un rôle refuge en période de baisse des actions.