Contexte de marché
On prend les mêmes ingrédients, et on recommence? A savoir, une forte demande pour le marché du crédit, et notamment sur les gisements «high beta» comme les dettes subordonnées, un marché primaire qui offre des opportunités à plus ou moins bon compte et avec de larges niveaux de sursouscriptions, des spreads qui se resserrent dans une dynamique de compression comparable aux deux années précédentes et un optimisme serein malgré les soubresauts géopolitiques environnants et des niveaux de cherté importants en valeur relative.
Les performances des indices iBoxx € sur le mois sont très positives, avec +1,4% de performance pour les CoCos, +1,0% pour les Tier 2 d’assurance, +0,8% pour les Corporate Hybrids, soit une surperformance par rapport au gisement High Yield Liquide (+0,5%). Les spreads des CoCos reflètent cet appétit renouvelé pour le risque, avec un niveau de 245bp (OAS vs. govt bond) à la fin du mois, soit un resserrement de 19bp.
Le marché primaire offre des signes rassurants sur le fait que les investisseurs ne sont pas prêts à tolérer toutes les exubérances. Le constat général est celui d’un appétit pour la duration plus élevé de la part des investisseurs, étant donné la pentification croissante des courbes de rendements sur ces derniers mois. Dans le détail, certaines transactions de dettes perpétuelles ont été pricées sur des niveaux jugés serrés (par exemple UniCredit avec une AT1 avec un coupon de €5,8%, ce qui a diminué significativement la taille du carnet d’ordres final et a entraîné une sous-performance du titre sur le marché secondaire dans la foulée de son émission), tandis que d’autres ont su laisser un peu de prime par rapport au marché secondaire, sécurisant ainsi un parcours sans heurt dans les sessions suivantes (exemples: Unipol Assicurazioni en RT1 6% ou encore Raiffeisen Bank International en AT1 €6,2%).
Le mois de janvier s’est achevé avec le début de la saison des résultats financiers en Europe, avec des perspectives relativement tranquilles pour le secteur bancaire européen en termes de métriques de crédit, avec notamment des bilans qui continuent encore de s’améliorer pour les banques espagnoles par exemple.