Nouveaux droits de douane de Trump
Le 20 juillet, le président américain Trump a signé des décrets imposant des droits de douane de 50% sur les produits canadiens en vertu de l'article 338, invoquant un traitement discriminatoire des exportations américaines. Washington poursuit des négociations bilatérales avec le Mexique tout en adoptant une attitude plus hostile envers le Canada.
Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a lancé des enquêtes sur le travail forcé en vertu de l'article 301, visant une soixantaine de pays: des droits de douane de 10% sur 14 économies (dont l'UE, le Royaume-Uni, le Canada et le Mexique) et de 12,5% sur 46 autres (dont la Chine et le Japon). Contrairement à l'article 122, l'article 301 ne prévoit ni plafond de taux ni date d'expiration.
Taux douanier effectif américain
Une nouvelle vague de tensions tarifaires: inquiétante, mais pas perturbatrice (pour l'instant), s’ils sont maintenus
L'IA ne résorbera pas le déficit américain
La dette nationale américaine s'élève à 39’500 milliards de dollars et se divise en 2 grandes catégories: la dette publique (31’800 milliards) et la dette intergouvernementale (7800 milliards). Cela représente 115’000 dollars par citoyen et une dette totale dépassant les 122% du PIB.
Si les États-Unis connaissent un boom de la productivité grâce à l'IA dans les années à venir, la croissance sera plus forte, mais, du moins avec la fiscalité actuelle, les bénéfices budgétaires seront limités.
Selon le Budget Lab de Yale, un boom de la productivité dû à l'IA améliorerait la situation budgétaire, mais pas de façon spectaculaire. Une grande partie du revenu national serait probablement transférée des travailleurs humains vers les machines et les logiciels, qui bénéficient d'une fiscalité plus avantageuse. Le taux d'imposition fédéral maximal sur les revenus du travail est de 37% contre 21% sur les sociétés et 23,8% sur les plus-values à long terme. Si l'IA permettait aux entreprises d'accroître leurs profits tout en réduisant les coûts de main-d'œuvre, ce gain ne se traduirait pas par une augmentation significative des recettes fiscales pour l'État fédéral.
Dans un scénario où l'IA ne stimule que faiblement la croissance, le modèle de l'équipe de Yale prévoit peu de variations des recettes fiscales fédérales en 2030. Par contre, dans le cas d'une croissance rapide alimentée par l'IA (3,3% de croissance) et d'une baisse de la part du travail dans le revenu national, les recettes fiscales fédérales augmenteraient de 216 milliards en 2030. Les prévisions de référence du CBO estiment le déficit budgétaire à 2200 milliards de dollars par an.
Les interactions entre une forte croissance alimentée par l'IA et les recettes fiscales fédérales ne sont pas aussi linéaires et avantageuses qu'on pourrait l'espérer face à un déficit persistant.
Fin de l'argent facile
La hausse continue des taux US reflète la nouvelle réalité économique mondiale. Les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour prêter leur argent au gouvernement américain, notamment à long terme. Le taux US à 10 ans a progressé de plus de 60pbs depuis le début de la guerre en Iran. Le taux US à 30 ans a bondi au-dessus des 5,0%, alors qu'il s'établissait à 2,0% début 2022.
Dette publique (% du PIB)
Les anticipations d'inflation à long terme sont restées quasiment inchangées malgré la hausse des taux. Elles demeurent inférieures à leur pic de 2,5% atteint début mai et se situent dans une zone compatible avec l'atteinte, à terme, de l'objectif d'inflation de 2% fixé par la Fed. Contrairement aux précédentes ventes massives d'obligations alimentées par les craintes d'inflation, celle-ci reflète une augmentation considérable de l'offre d'obligations des gouvernements et des entreprises, destinée à financer d'importants déficits budgétaires, le développement de l'infrastructure d'intelligence artificielle et d'autres facteurs.
Pour les acheteurs immobiliers, cela signifie que les taux hypothécaires ont peu de chances de baisser prochainement. Les projections du Congrès (CBO), publiées en février, tablaient sur un taux moyen à 10 ans de 4,1% cette année et de 4,3% pour les prochaines années. Le CBO estime que chaque hausse de 0,1 point de pourcentage des taux augmenterait les charges d'intérêts publiques de 380 milliards.
Si la récente évolution des taux se maintient, elle coûtera aux contribuables environ 1800 milliards de dollars d'intérêts supplémentaires au cours de la prochaine décennie.