Marchés: les bourses et la tech saluent la baisse du pétrole et l’emploi US

AWP/AFP

2 minutes de lecture

La baisse du pétrole et le ralentissement de l’emploi américain a profité à tous les marchés des actions en Europe, même Paris (+0,79%) qui fait moins bien que Francfort (+1,17%) mais mieux que Londres (+0,32%) et Milan (+0,49%).

Les bourses saluaient vendredi la baisse du prix du pétrole et de l’emploi américain par un regain d’appétit pour le risque qui profite aux valeurs de la tech et de l’IA, malgré l’inflation en Europe et des taux qui restent élevés.

Moins d’emplois que prévu: les marchés respirent

C’était la donnée la plus attendue de la semaine: seuls 29’000 emplois ont été créés en septembre aux Etats-Unis, nettement moins qu’attendu (autour de 85’000).

Dans l’esprit des investisseurs, c’est le signe que l’un des moteurs de l’inflation (l’accélération de l’activité, hausse des salaires) ne s’emballe pas, ce qui réduit l’hypothèse d’une nouvelle hausse des taux courts lors de la prochaine réunion de la Réserve fédérale en octobre.

«La probabilité d’une hausse en octobre a été entièrement revue à la baisse», affirme à l’AFP l’économiste Florian Ielpo de la banque Lombard Odier.

«Nous attendrons pour notre part les données d’inflation (américaine) du mois de septembre, le 14 octobre, lesquelles pourraient encore changer la donne», tempèrent les experts de Riches Flores Research.

Prochaine décision sur les taux

Dans les 21 pays de la zone euro, l’inflation en septembre est au plus haut depuis trois ans, à 3,8% sur un an, selon une première estimation publiée vendredi par Eurostat.

L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’énergie et de l’alimentation, a quant à elle très légèrement augmenté, à 2,5% (+0,1 point).

Ce dernier niveau est un «élément positif», commente Juliette Cohen, stratégiste chez CPRAM, qui ajoute: «pour la BCE, l’équation devient désormais plus compliquée après deux hausses des taux directeurs».

«La communication de Christine Lagarde (présidente de la BCE) a d’ailleurs évolué récemment, avec un accent mis sur l’impact des hausses de taux longs sur la croissance et l’inflation», ajoute-t-elle.

Le pétrole ralentit sa baisse

Vecteur d’inflation, les prix du pétrole modérait leur baisse en fin de journée à 101,48 dollars le baril de Brent (-0,81%) et 90,91 dollars son équivalent WTI américain (-2,11%) vers 18h00 (heure suisse).

La baisse avait été plus prononcée plus tôt dans la journée quand les marchés ont anticipé la décision des dirigeants du G7 de libérer jusqu’à 100 millions de barils de gazole et pétrole brut dans les quatre mois.

France: TPI or not TPI?

Sur le marché obligataire, les taux remontaient aux Etats-Unis et baissaient légèrement en Europe, où certains s’interrogent sur une intervention de la BCE face à l’écart croissant entre l’Allemagne et la France, l’homme fébrile qui inquiète les investisseurs.

Vers 18h15, les bons du Trésor américains à dix ans affichaient un rendement d’un peu moins de 5,27% contre 5,24% la veille.

Référence dans la zone euro, le rendement allemand à dix ans reculait à 3,46%, contre 3,50% la veille en clôture. Les obligations françaises à dix ans garantissaient un rendement de 4,87% contre 4,91% la veille.

Très scruté sur les marchés, l’écart - le «spread» - avec la référence allemande à dix ans atteignait 1,40 point de pourcentage, au plus haut depuis 2012.

«La question d’une intervention de la BCE se pose de plus en plus face à ce début de fragmentation (de la zone euro)», estimaient en début de journée les analystes de Natixis.

«La question est de savoir à partir de quel moment la BCE devra commencer à envisager d’utiliser son instrument de protection de la transmission (TPI en anglais) pour racheter des obligations françaises afin de lisser les écarts de spreads», détaille Neil Wilson de Saxo Markets.

Une telle situation n’est pas de nature à déclencher le TPI, selon l’économiste d’ING Carsten Brzeski, qui rappelle que la hausse des taux de la dette souveraine française reflète les inquiétudes des marchés concernant l’état des finances publiques du pays.

La tech gagnante

La baisse du pétrole et le ralentissement de l’emploi américain a profité à tous les marchés des actions en Europe, même Paris (+0,79%) qui fait moins bien que Francfort (+1,17%) mais mieux que Londres (+0,32%) et Milan (+0,49%).

A Wall Street, les trois principaux indices étaient également en hausse vers 18h30: Dow Jones +0,32%, Nasdaq Composite +1,28%, S&P 500 +0,75%.

Comme l’indique la progression du Nasdaq, le regain d’appétit pour le risque bénéficiaient surtout aux valeurs de la tech et de l’IA: Tesla (+5,19%) et SpaceX (+6,3%), Infineon à Francfort (puces +8,78%), STMicroelectronics et Soitec à Paris (semi-conducteurs, +6,54% et 7,66%).

A lire aussi...