L’IA à l’épreuve du réel: des puces aux matières premières

Pieter Busscher, Robeco

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À mesure que les investissements dans les centres de données, les puces et la connectivité s’accélèrent, la demande se répercute rapidement sur l’économie réelle.

En 2026, les marchés restent portés par un thème dominant: le déploiement rapide des infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Mais le récit évolue. Ce qui avait commencé comme une histoire de logiciels et de semi-conducteurs devient de plus en plus une histoire de contraintes physiques.

À mesure que les investissements dans les centres de données, les puces et la connectivité s’accélèrent, la demande se répercute rapidement sur l’économie réelle. Le cuivre, les matériaux de spécialité, les composants électriques et les équipements de test bénéficient tous d’une forte dynamique, tandis que l’IA passe du stade de l’engouement à celui de l’infrastructure.

Ces dernières semaines, cette évolution s’est clairement reflétée sur les marchés actions. Les entreprises exposées aux matériaux liés à l’IA et aux chaînes d’approvisionnement industrielles ont publié de solides résultats et continué de surperformer, soutenues par des capacités sous tension et une meilleure visibilité sur les commandes.

Parallèlement, un second moteur puissant émerge: la convergence entre IA et électrification. Les centres de données sont très énergivores et nécessitent d’importantes modernisations des réseaux électriques, des systèmes de refroidissement et des infrastructures de stockage. Cette dynamique renforce la demande dans des chaînes d’approvisionnement déjà contraintes.

«L’IA dépasse désormais le seul univers numérique pour s’ancrer dans l’économie physique. Nous observons une forte hausse de la demande pour des matériaux critiques dont l’offre ne peut pas s’ajuster facilement», déclare Pieter Busscher, gérant de portefeuille de la stratégie Robeco Smart Materials. «L’intersection entre IA et électrification crée un vent porteur structurel pour les entreprises qui fournissent les éléments essentiels de cette nouvelle infrastructure.»

Cette évolution modifie la manière dont les investisseurs appréhendent l’univers d’opportunités. Si la première phase du rallye lié à l’IA a été dominée par les grandes capitalisations technologiques, la prochaine s’élargit à l’ensemble de la chaîne de valeur, vers les «pelles et pioches» qui rendent l’IA possible dans le monde réel.

À l’avenir, la volatilité pourrait s’accentuer à mesure que les valorisations s’étirent et que les attentes augmentent. Mais sur le plan structurel, le constat reste clair: l’IA ne stimule plus seulement la demande en puissance de calcul, elle alimente aussi la demande pour les matériaux qui la rendent possible.

C’est précisément là que pourraient apparaître les prochaines tensions – et, avec elles, de nouvelles opportunités d’investissement.

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