L’essor de la finance numérique se poursuit

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Investisseurs et acteurs du secteur continuent de développer leur offre dans les actifs digitaux, ont souligné des experts réunis lundi par Arab Bank Switzerland.


Serge Robin, CEO, et Rani Jabban, Managing Director, Arab Bank Switzerland.

La baisse des cours du Bitcoin et de nombreuses autres cryptomonnaies en première moitié d’année a mis à rude épreuve les acteurs de la finance numérique. Parmi ceux-ci, il y a bien sûr les plateformes spécialisées dans le négoce d’actifs financiers numériques ainsi que les sociétés qui proposent des services en lien avec les crypto-monnaies ou celles qui fournissent des prestations en lien avec la conservation de ces titres. On oublie cependant parfois que d’autres acteurs bancaires plus traditionnels de la place financière helvétique se sont aussi fortement développés dans la finance numérique au cours des dernières années, à l’exemple d’Arab Bank Switzerland basée à Genève.

Repartir sur une base plus solide

Pour Serge Robin, CEO d’Arab Bank Switzerland, il s’agit d’une «activité en plein développement avec des innovations presque toutes les semaines», comme il l’a formulé lors d’une présentation lundi à Genève. A côté de ses activités de gestion de fortune et de financement commercial, ou «trade finance», le développement des actifs numériques a aussi servi de «liant» avec les autres activités de l’établissement, ajoute-t-il. Sur des actifs sous gestion de 6 milliards de francs, entre 5 et 6% de ce montant sont désormais constitués par des actifs numériques, estime-t-il. 

La forte correction survenue ce printemps dans le domaine des actifs numériques n’a pas entamé la confiance de l’établissement à propos du potentiel à long terme de ces placements. «Pour les acteurs qui étaient déjà présents dans ce domaine avant la correction, il est possible de repartir sur une base plus solide. Il y a moins de concurrents peu sérieux sur le marché», a relevé Serge Robin.

Mise à jour des infrastructures

S’exprimant lors d’une table-ronde, d’autres intervenants partagent cet avis, relevant la volonté des acteurs de la branche d’aller de l’avant. Sébastien Dessimoz, co-fondateur et managing partner de Taurus Group, observe, en tant que fournisseur de prestations pour le domaine des actifs numériques, que beaucoup de ses clients ont utilisé cette phase pour mettre leur infrastructure à jour dans ce domaine. «Beaucoup de clients veulent s’équiper correctement», a-t-il relevé. Le spécialiste voit des opportunités de développement dans au moins trois domaines. Premièrement, les cryptomonnaies qui continuent d’attirer de nombreux investisseurs. Deuxièmement, il y a les actifs tokénisés dont les possibilités de développement s’étendent à constamment à de nouveaux domaines. Troisièmement, les monnaies numériques («stablecoin»), un segment qui a continué de croître depuis le début de cette année.

Des solutions pour réduire la consommation d’énergie

Le monde des cryptomonnaies n’échappe aux débats actuels sur la consommation d’énergie. A cet égard, les participants au panel de discussion n’ont pas manqué de souligner les efforts entrepris actuellement pour réduire la consommation d’électricité des cryptomonnaies. Et de citer deux développements importants dans ce domaine. D’une part, il y a la mise à jour appelée «The Merge» qui est effectuée actuellement par Ethereum, la deuxième crypto-monnaie la plus importante au monde. Le passage à une méthode de validation appelé «Proof of Stake» («preuve d’enjeu») qui remplacera le système basé sur jusqu’à présent sur le «Proof of Work» («preuve de travail») permettra de faire chuter considérablement la consommation d’électricité de cette crypto-monnaie. D’autre part, un nombre croissant d’acteurs des cryptomonnaies se tournent vers des sources d’énergies renouvelables bon marché, comme l'explique Rani Jabban, Managing Director chez Arab Bank Switzerland.

En période de fortes turbulences sur les marchés comme ce printemps, les investisseurs en cryptomonnaies ne préfèrent-ils pas revenir vers des monnaies traditionnelles comme le dollar ou le franc? Pour Rani Jabban, il est difficile de généraliser: «On voit vraiment de tout. Parfois, certains investisseurs préfèrent descendre d’un niveau de risque en se tournant vers du dollar ou des stablecoins en dollars. Il y a toutefois aussi certains investisseurs qui ont fait fortune dans les cryptomonnaies qui ne veulent pas du tout revenir dans le monde des monnaies traditionnelles», observe également l’expert.

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