Caisses de pensions: les assurés ont profité d’une rémunération supérieure à la moyenne

Communiqué, Complementa

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Grâce à l’évolution favorable des marchés financiers, les caisses de pensions suisses ont pu clôturer l’exercice 2025 sur un rendement moyen satisfaisant de 6,3%.

Les caisses de pensions ont clôturé l’exercice 2025 sur un rendement moyen de 6,3%. Ce bon résultat a permis de rémunérer les assurés à hauteur de 4,3% et d’augmenter le degré de couverture à 114,4%. La part des obligations a atteint un nouveau plus bas, tandis que les actions ont représenté la classe d’actifs la plus importante au sein du portefeuille de placements pour la deuxième année consécutive. Malgré les incertitudes persistantes, les institutions de prévoyance suisses ont continué à dégager des rendements supérieurs à la moyenne durant les huit premiers mois de l’année 2026.

Performance positive et rémunération record

Grâce à l’évolution favorable des marchés financiers, les caisses de pensions suisses ont pu clôturer l’exercice 2025 sur un rendement moyen satisfaisant de 6,3%. Ce chiffre est largement supérieur à la moyenne des deux dernières décennies qui s’établit à 3,6% par an – et ce, malgré des marchés fortement perturbés par les annonces du gouvernement américain sur les droits de douane. Rapporté à l’ensemble des actifs gérés du deuxième pilier, cela correspond à un résultat des placements de 77 milliards de francs (fortune du 2e pilier de 1220 milliards de francs, statistique des caisses de pensions 2024 de l’OFS). Ce montant est supérieur aux cotisations cumulées des employeurs et des employés, qui ont avoisiné 67 milliards de francs l’année précédente.

La performance positive a également bénéficié aux assurés: leurs avoirs de vieillesse ont été rémunérés au taux moyen de 4,3%, soit le niveau le plus élevé des 25 dernières années. L’année dernière, 99% des caisses de pensions ont accordé une rémunération supérieure au minimum LPP fixé par le Conseil fédéral. Sur les cinq années écoulées, c’est donc la troisième fois qu’elles reversent la majeure partie des revenus de leurs placements à leurs assurés.

Les réserves se renforcent encore

Le résultat annuel positif se reflète également dans la réserve de fluctuation de valeurs: le degré de couverture pondéré en fonction du capital a augmenté en cours d’année, passant de 111,8% à 114,4%. Fin 2025, seules environ 2% des institutions de prévoyance se trouvaient encore en situation de découvert.

La part des actions augmente

Pendant de nombreuses années, les placements à revenu fixe ont constitué la principale classe d’actifs des institutions de prévoyance suisses. Au début de l’étude Risk Check-up, il y a plus de 30 ans, près d’un franc sur deux était investi en obligations. Depuis, leur part n’a cessé de diminuer pour atteindre un plus bas historique à 29,3% en 2025. L’année dernière, face à l’accroissement de la dette publique et à la hausse des coûts de couverture, les caisses de pensions ont réduit leur part d’emprunts d’Etat mondiaux et ont investi dans des obligations en francs suisses ou émises par des entreprises internationales. Pour la deuxième année consécutive, les actions ont constitué la principale classe d’actifs et représentent 34,1% du portefeuille à l’heure actuelle. Les quotes-parts de l’immobilier (22,6%; +0,1%) et des placements alternatifs (9,8%; -0,3%) n’ont que très légèrement évolué par rapport à l’année précédente.

Les infrastructures dominent les placements alternatifs

84% des caisses de pensions investissent dans des placements alternatifs. Depuis une dizaine d’années, la part des placements alternatifs dans l’allocation globale avoisine 10%. Leur composition a en revanche évolué au cours de cette période. Alors que cette classe d’actifs était auparavant dominée par les hedge funds, ce sont désormais les placements dans les infrastructures qui représentent la part la plus importante avec 2,8% de la fortune globale (soit 28% de l’ensemble des placements alternatifs), suivis par le private equity avec 2,4% (soit 24%).

La part des placements illiquides est en hausse

L’analyse des données d’allocation des caisses de pensions suisses au cours des dernières décennies révèle une nette augmentation des placements illiquides, c’est-à-dire des actifs qui ne sont pas négociables ou dont le négoce entraîne des coûts élevés. L’immobilier, les titres hypothécaires ou les placements alternatifs en sont des exemples. En 15 ans, la part des placements illiquides est passée de 28,2% à 35,7% actuellement. Cette hausse s’explique par l’environnement de taux d’intérêt bas des années 2010, ainsi que par la recherche de nouveaux moteurs de rendement et d’opportunités de diversification. Une progression marquée a notamment été observée dans la catégorie des placements alternatifs entre 2013 et 2017.

Pourquoi les caisses de pensions investissent-elles dans des placements illiquides? La réponse est claire: la diversification est leur priorité. Pour 87% des caisses interrogées, les effets de diversification supplémentaires et la réduction du risque de portefeuille qui en découle sont un critère de décision pertinent ou très pertinent. Par ailleurs, 84% d’entre elles souhaitent également exploiter des sources de rendement supplémentaires.

Une quote-part élevée d’actifs illiquides limite toutefois la flexibilité. Les caisses de pensions doivent donc trouver un équilibre entre la valeur ajoutée des placements illiquides supplémentaires et la perte de flexibilité qui leur est associée. Environ un tiers des institutions de prévoyance interrogées a fixé un plafond explicite pour les placements illiquides. La majorité d’entre elles ne l’ont pas fait, mais restreignent toutefois leur quote-part globale pour des considérations de flexibilité et de complexité croissante: 68% des sondés jugent ces facteurs pertinents et 62% très pertinents. La structure des engagements, les prescriptions réglementaires et les considérations liées aux coûts sont d’autres facteurs qui limitent la quote-part des placements illiquides.

A l’heure actuelle, le développement des placements illiquides au sein du portefeuille se concentre principalement sur l’immobilier et les infrastructures suisses. 31% des sondés ont indiqué vouloir renforcer leur engagement dans la classe d’actifs «Immobilier Suisse». 28% prévoient de développer davantage les placements dans les infrastructures. Cela ne signifie pas pour autant que la quote-part des actifs illiquides augmentera: l’enquête montre en effet que 21% des caisses interrogées souhaitent par exemple réduire leur exposition à la catégorie «Immobilier étranger».

Les coûts poursuivent leur baisse

L’évolution des ratios de frais s’inscrit dans la tendance à long terme. Avec une moyenne de 0,40%, les caisses de pensions ont ainsi affiché en 2025 le ratio de frais de gestion de la fortune le plus faible jamais enregistré. Cette baisse continue est d’autant plus remarquable que des catégories de placement liées à des coûts plus élevés, telles que l’immobilier et les placements alternatifs, ont également été développées ces dernières années. On peut donc en déduire que la maîtrise des frais de gestion reste une priorité pour les institutions de prévoyance. L’analyse approfondie réalisée sur plusieurs années aboutit en outre à deux constats: si les stratégies d’investissement peu coûteuses n’ont pas conduit à une hausse du rendement net, celles qui entraînent des coûts importants n’ont pas non plus généré de revenus sensiblement plus élevés.

Les taux d’intérêt techniques diminuent légèrement

Après avoir légèrement augmenté durant trois ans, le taux d’intérêt technique a été réduit de -0,05% l’année dernière pour s’établir à 1,75%. Les capitaux de prévoyance des bénéficiaires de rentes et les provisions techniques dépendant du taux d’intérêt technique ont dû en conséquence être évalués à la hausse, avec un effet négatif sur le degré de couverture.

La tendance à la baisse des taux de conversion continue de ralentir. Parmi les caisses de pensions qui se distinguaient jusqu’à présent par des taux de conversion plus faibles, certaines ont même procédé à un léger relèvement. Pour l’année 2026, les institutions de prévoyance indiquent appliquer un taux de conversion moyen de 5,20% aux avoirs d’épargne à l’âge de 65 ans. D’après les réponses reçues, ce taux ne devrait baisser que marginalement dans les cinq prochaines années. Le niveau des taux d’intérêt et l’évolution démographique, en particulier l’espérance de vie des assurés, sont les principaux facteurs qui influencent son évolution.

Situation actuelle

Les caisses de pensions ont démarré l’année 2026 avec des degrés de couverture élevés. Malgré l’environnement de marché volatil, elles ont enregistré une performance de 5,0% à fin août et une hausse du degré de couverture à 118,5%. Grâce aux réserves constituées et à un portefeuille 
de placement largement diversifié, le 2e pilier se trouve actuellement dans une situation financière solide. A moins que les marchés financiers ne subissent un recul significatif d’ici la fin de l’année, les assurés devraient également profiter d’une rémunération confortable de leurs avoirs de prévoyance en 2026. S’agissant des bénéficiaires de rentes, une partie d’entre eux pourrait se voir accorder un supplément de leur caisse de pensions en plus de la 13e rente AVS.

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