Les signaux macroéconomiques contradictoires concernant le ralentissement de la croissance et les préoccupations concernant l'évolution de l'inflation ont provoqué une volatilité des marchés en 2025. Les politiques douanières imprévisibles et les plans de relance économique à grande échelle ont contribué à cette incertitude. Même les portefeuilles traditionnellement équilibrés ont été exposés à des fluctuations importantes dans cet environnement, car la relation traditionnellement antagoniste entre actions et obligations est devenue moins prévisible ces dernières années. Cela pousse les investisseurs à rechercher des sources alternatives de diversification de portefeuille.
Le risque qui nécessite une attention particulière est celui d’une nouvelle hausse de l'inflation. La hausse des droits de douane et des barrières commerciales représente un choc négatif classique sur l’offre. En parallèle, la politique budgétaire prend un tournant plus expansionniste. La loi budgétaire américaine récemment adoptée mise sur un stimulus rapide, car des réductions d'impôts à court terme doivent être compensées par des réductions de dépenses qui ne prendront effet qu'après la fin du mandat du président Trump. La combinaison de restrictions d'offre dues à la politique douanière et de nouveaux incitatifs fiscaux montre des similitudes inquiétantes avec la hausse de l'inflation post pandémie.
Une leçon importante pour les investisseurs suite au choc inflationniste de 2022 est qu'aucune action ni obligation n'est capable de protéger le portefeuille contre un tel risque. Les actions mondiales ont perdu plus de 12% en euros en 2022, tandis que les obligations mondiales ont subi une perte historique de près de 11%. Notre seconde leçon a été que parmi les meilleurs refuges en cas d'inflation figuraient les actifs réels alternatifs tels que l'infrastructure, le transport et l'immobilier de base. Comment cela s'explique-t-il?
Pour les investisseurs qui n'ont pas accès à des investissements alternatifs ou qui craignent le risque de liquidité, l'or peut servir de substitut partiel.
Les biens immobiliers de base sont définis par leur capacité à générer des rendements stables et orientés vers le revenu, soutenus par des contrats à long terme, des cadres réglementaires et la fourniture de services essentiels. Leur sensibilité limitée aux cycles économiques et leur lien explicite ou implicite avec l'inflation les rendent particulièrement résistants en période d'inflation.
En ce qui concerne les investissements dans les infrastructures, par exemple, les services publics réglementés et les producteurs d'énergie renouvelable sous contrat bénéficient de revenus liés à l'inflation, de mécanismes de répercussion des coûts et souvent d'un rendement du capital réglementé qui augmente avec l'inflation. Dans le secteur des transports, les stratégies d'investissement incluent généralement des navires ou des avions loués dans le cadre de contrats d'affrètement à long terme à des contreparties de qualité investissement, générant des flux de trésorerie prévisibles, souvent ajustés à l'inflation.
Avec l'introduction du Fonds européen d'investissement à long terme (ELTIF), il sera désormais possible pour un plus large éventail d'investisseurs d'investir dans des actifs réels alternatifs, auparavant réservés aux grands investisseurs.
Pour les investisseurs qui n'ont pas accès à des investissements alternatifs ou qui craignent le risque de liquidité, l'or peut servir de substitut partiel. Bien que la performance de l'or entre 2021 et 2022 n'ait pas été impressionnante malgré une inflation élevée, son récent rallye souligne sa valeur en tant que couverture contre l'incertitude géopolitique et la confiance décroissante dans les monnaies fiduciaires. Contrairement aux actifs réels générant des revenus, l'or n'offre cependant pas de rendement courant. Après un rallye de 40% au cours des 12 derniers mois, bon nombre de ces préoccupations se reflètent cependant dans le prix de l'or.
Les portefeuilles devraient être élaborés en tenant compte des risques bilatéraux. Les obligations restent essentielles pour la couverture du risque de récession, tandis que les actifs réels offrent une protection à long terme contre l'inflation et servent de réserves de valeur tangibles dans un environnement de volatilité macroéconomique accrue et de préoccupations croissantes concernant la stabilité des monnaies fiduciaires. Ensemble, des instruments alternatifs peuvent contribuer à construire des portefeuilles plus stables dans un monde où les risques d'inflation et de croissance sont plus uniformément répartis qu’au cours de la décennie précédente.