Le groupe de luxe Richemont a vu ses ventes progresser au premier trimestre de son exercice décalé 2025/2026, grâce à une division joaillère prospère. Son secteur horloger est lui toujours en repli, en raison d’une Chine qui peine à reprendre goût à la consommation et d’un Japon au yen fort.
D’avril à fin juin, le chiffre d’affaires de la société genevoise, propriétaire de marques telles que Cartier ou Piaget, s’est monté à 5,41 milliards d’euros (5 milliards de francs), en hausse de 3% sur an, a fait savoir Richemont mercredi dans un communiqué. Hors effets de changes, la croissance organique a grimpé de 6%.
Comme attendu par le marché, cette performance a été portée par le segment de la joaillerie qui a réalisé des recettes de 3,9 milliards, en nette progression de 7% à taux réels et de 11% hors effets de change.
Les quatre maisons de joaillerie du groupe - Buccellati, Cartier, Van Cleef & Arpels et Vhernier - «ont enregistré une hausse de 11% des ventes, marquant un troisième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres», a souligné Richemont. L’entreprise de Bellevue ajoute que dans ce secteur «toutes les régions ont enregistré une croissance, à l’exception du Japon, qui a connu une base de comparaison très élevée l’année précédente».
«Cette performance est le fruit de la stratégie de fixation de prix de Richemont, qui contrairement à d’autres groupes du luxe ayant procédé à des augmentations parfois massives, a toujours misé sur la prudence», a commenté un observateur du marché interrogé par l’agence AWP.
La Chine interroge
Les maisons horlogères, telles Piaget, Vacheron Constantin ou IWC, affichent en revanche des ventes qui sont toujours à la peine, comme le prévoyaient les experts. Celles-ci ont dégringolé de 10% à 824 millions d’euros ou de 7% à taux constants. Le groupe met en avant le repli de 7% en Chine, à Hong Kong et à Macao où les consommateurs ont visiblement du mal à se remettre aux achats au vu des incertitudes économiques.
Certains spécialistes ne voient du reste «pas de lumière au bout du tunnel» dans les prochains mois pour la Chine, alors que d’autres y perçoivent «le début d’une stabilisation», le déclin des affaires n’y étant pas aussi prononcé qu’un an plus tôt. Richemont pâtit également de la situation au Japon où «le renforcement du yen réduit fortement les dépenses touristiques, notamment de la clientèle chinoise».
De manière globale, les affaires se sont rétractées de 13% au Pays du soleil levant, s’élevant à 527 millions d’euros. En Asie-Pacifique, elles ont diminué de 4% à 1,7 milliard, «la baisse de 7% observée en Chine, à Hong Kong et à Macao ayant été entièrement compensée par une croissance robuste sur la quasi-totalité des autres marchés asiatiques». Richemont mentionne que les ventes en Australie et en Corée du Sud ont enregistré «une croissance à deux chiffres».
Le marché positif, avec des réserves
Ailleurs, elles ont progressé de 11% en Europe à 1,3 milliard, grâce à «une forte demande des clients locaux et des dépenses touristiques globalement positives».
Les ventes ont aussi augmenté de 10% aux Amériques à 1,3 milliard, tirées «par une demande locale soutenue dans tous les secteurs d’activité et sur tous les marchés» et de 11% au Moyen-Orient et en Afrique, à 524 millions, grâce principalement aux Emirats arabes unis.
Concernant l’imposition d’éventuels droits de douane par les Etats-Unis, «ils seront considérés comme un élément de la politique globale de prix de Richemont qui mise sur la constance et le long terme», a affirmé le connaisseur du marché.
Face à un contexte macroéconomique et géopolitique mondial volatil, Richemont, dont les ventes au détail ont représenté 69% des revenus, se félicite d’avoir fait «un bon début d’année».
Le marché a approuvé, les analystes estimant que le groupe devrait rester «le plus performant du secteur ce trimestre», grâce à une croissance dans la joaillerie «impressionnante». Avec des réserves tout de même, en raison des aléas économiques. L’expert de Vontobel, Jean-Philippe Bertschy, explique «rester prudent à l’égard du secteur dans son ensemble», compte tenu de l’absence persistante de la confiance des consommateurs.
A la Bourse suisse, la nominative Richemont a clôturé en progression de 1,2% à 149,80 francs, dans un SMI en hausse de 0,08%.