Rétablissement contrarié pour l’économie helvétique en fin d’année

AWP

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Les dépenses de consommation privée ont fondu de 1,5%, plombées par la fermeture des restaurants et des lieux de loisirs.

Le produit intérieur brut (PIB) helvétique a grappillé 0,3% au quatrième trimestre, calant ainsi après avoir rebondi au troisième de 7,6%. Si la convalescence s’est poursuivie dans des secteurs comme la construction (+0,4%) ou l’industrie manufacturière (+1,4%), les services directement touchés par les mesures d’endiguement de la pandémie ont particulièrement souffert, indique le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) dans son rapport périodique.

Les restrictions notamment ont grevé de plus d’un cinquième la valeur ajoutée dans l’hôtellerie-restauration, quand les domaines de l’art, des divertissements et des loisirs ont reculé de 7,7%. La moindre mobilité de la population s’est aussi reflétée dans les secteurs des transports et de la communication (-0,5%).

Les dépenses de consommation privée ont fondu de 1,5%, plombées par la fermeture des restaurants et des lieux de loisirs.

Le Seco dresse par ailleurs un sombre bilan provisoire pour l’ensemble de l’exercice écoulé, évoquant une contraction de 2,9%, plus sévère encore que le recul de 2,1% attribué en 2009 à la crise financière, mais moins que le choc pétrolier en 1975.

Le pire a été évité

L’économie helvétique ne s’en est pas trop mal sortie en fin d’année dernière, au vu de la recrudescence alors du nombre de nouvelles infections au coronavirus, note Thomas Gitzel dans un commentaire. L’économiste en chef de la liechtensteinoise VP Bank estime par ailleurs que le déploiement des vaccins va permettre de rapidement rattraper le retard accumulé sur l’intégralité de l’exercice écoulé.

L’avis est partagé par son homologue pour la Suisse chez Credit Suisse. Les scénarios catastrophes brossés par le Seco, le Fonds monétaire international (FMI) ou encore l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ne se sont pas matérialisés, souligne Claude Maurer.

L’expert de la banque aux deux voiles attribue la relative bonne tenue de l’économie en fin d’année dernière à des mesures de confinement moins drastiques que pour la première vague pandémique au printemps, à une meilleure résistance de l’important segment pharmaceutique et des exportations vers l’Asie notamment.

Chez J. Safra Sarasin, Karsten Junius perçoit encore une ribambelle de signaux encourageants, à commencer par l’essor des investissements et du commerce, ainsi que le fait que les chaînes d’approvisionnement semblent tenir le choc de la seconde vague pandémique bien mieux que lors de la première. L’expert doute toutefois sérieusement que le premier trimestre 2021 puisse déboucher sur autre chose qu’une nouvelle contraction, au vu des restrictions encore en place.

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