L’euro progresse un peu lundi, l’agence Moody’s s’étant abstenue vendredi de toute action de notation sur la dette française contrairement aux attentes des analystes d’une dégradation.
L’agence a de fait conservé son appréciation à Aa3 avec perspective négative, sans abaisser la note française au niveau des autres grandes agences Fitch et S&P.
Moody’s explique dans un communiqué que sa notation Aa3, qui caractérise une dette «de bonne qualité», «part de l’hypothèse qu’un budget 2027 réduisant le déficit public sera adopté, tandis que (...) les tensions sociales se modéreront quelque peu dans les prochains mois».
«Le gouvernement français a bénéficié d’un répit» grâce à ce maintien, de quoi éviter «de nouvelles ventes (de l’euro ou des obligations françaises) au début de cette semaine», soulignent les analystes de MUFG.
Mais ces derniers ne s’attendent pas à un «soulagement significatif» pour l’euro, le marché restant focalisé sur la prochaine décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi.
L’institution monétaire européenne devrait maintenir son principal taux directeur inchangé, de l’opinion générale des analystes.
«Bien que l’inflation demeure le principal risque pour la BCE, les conditions financières se sont quelque peu resserrées, en partie en raison des turbulences sur les obligations françaises», constate Neil Wilson, de Saxo Bank.
Vers 10H00 GMT (11H00 heure de Paris), la monnaie unique européenne grapillait 0,02% face au billet vert, à 1,1205 dollar pour un euro, prenait 0,20% à la livre britannique, à 82,60 pence pour un euro, et 0,33% face au yen japonais.
Avant ça, les analystes s’attendent aussi à ce que la Réserve fédérale (Fed) maintienne ses taux inchangés mercredi, tout comme la Banque du Japon (BoJ) vendredi.
Au Brésil, le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu dimanche, décrochant contre toute attente un quatrième mandat inédit, mais son rival conservateur Flavio Bolsonaro a annoncé son intention de faire annuler le scrutin.
«Un point crucial pour les marchés financiers locaux sera la rapidité avec laquelle Bolsonaro acceptera le résultat - ou, à tout le moins, laissera la Constitution suivre son cours», met en garde Chris Turner, d’ING.
L’analyste s’attend «à une forte correction des marchés brésiliens» et une chute du réal.