Les marchés européens terminent en forte baisse avec l’envol du pétrole

AWP/AFP

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Paris clôture sur un décrochage de 1,94%, Francfort recule de 1,66%, Londres lâche 1,31% et Zurich abandonne 1,80%.

La remontée du pétrole à 100 dollars le baril a plombé mercredi le moral des investisseurs, dans l’attente des chiffres de l’inflation américaine, voire d’une hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale la semaine prochaine.

Peu après 16h00 GMT, le baril de Brent, référence mondiale du brut, s’échangeait à 101,29 dollars (+3,44%) et celui du WTI américain suivait la même tendance (+3,68% à 96,45 dollars).

Le marché pétrolier intégrait dans ses prix la nouvelle escalade au Moyen-Orient, avec des navires en feu dans le Golfe après l’annonce par l’Iran de frappes contre une vingtaine de bateaux, dont deux américains.

La hausse des cours du pétrole a alimenté des mouvements de vente sur le marché des actions, en Europe et à Wall Street, dans l’attente des échéances de la fin de la semaine.

Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) devrait relever ses taux pour la deuxième fois de l’année, de l’avis général des analystes.

Les marchés attendent également la publication jeudi l’indice des prix américains à la production (PPI) pour le mois d’août. «Les économistes prévoient une hausse mensuelle de 0,4%, après une stagnation en juillet», a souligné Fawad Razaqzada, analyste pour la plate-forme d’investissement FOREX.com.

«Mais c’est l’indice des prix à la consommation (CPI), attendu vendredi, qui pourrait faire bouger les marchés de manière plus significative», a-t-il ajouté.

Si ces deux indices d’inflation sont en hausse, le président de la Réserve fédérale Kevin Warsh relèvera les taux de la banque centrale, malgré les pressions de Donald Trump, selon les analystes.

«BAISSEZ LES TAUX OU J’ARRETERAI D’ECHANGER AVEC LES PAYS AVEC LESQUELS ON A UN DEFICIT» commercial, a écrit le chef de l’Etat sur sa plateforme Truth Social vendredi dernier, après l’annonce de chiffres de l’emploi américain meilleurs que prévu, alimentant déjà des craintes d’inflation.

«Kevin Warsh est quelqu’un de totalement indépendant. Il ne cédera pas à Trump», a estimé Frédéric Rozier, responsable de gestion de portefeuille chez Mirabaud, joint par l’AFP.

«C’est un adepte d’une approche monétariste» qui considère que l’inflation est liée à un excès de demande et de monnaie sur le marché, a-t-il ajouté, tout en rappelant que dans le cas présent, l’inflation provient d’un choc externe qui menace de réduire l’offre de pétrole: «Ce n’est pas parce que vous relevez les taux que le pétrole va baisser.»

«Un resserrement monétaire trop violent ne nous paraît pas justifié alors que l’inflation résulte principalement de l’augmentation des prix du pétrole et du gaz consécutive au déclenchement du conflit au Moyen-Orient en février dernier», a aussi jugé Edouard Faure, responsable crédit de Swiss Life Asset Management, au sujet de la BCE.

Des taux toujours très hauts

Avant même les décisions des banques centrales, les taux sont toujours très hauts sur le marché obligataire. Vers 15H20 GMT, le rendement des emprunts de l’Etat américain à échéance dix ans, la plus suivie, atteignait 4,85%, un seuil plus observé depuis novembre 2023.

En Europe, le «10 ans» français promettait un rendement de 4,34%, contre 4,23% la veille, et le «Bund» allemand suivait la même tendance à 3,44%, contre 3,36% la veille.

Face à l’inflation qui réduit dans la durée la valeur réelle des capitaux qu’ils prêtent, les investisseurs demandent des garanties sous la forme de taux plus élevés.

Ces taux plus élevés ne sont jamais bien reçus par le marché des actions, car les rendements obligataires paraissent alors plus attractifs.

Paris plombée par le luxe

Tous les marchés d’actions européens ont subi mercredi des ventes de titres, comme le montre le recul des indices pan-européens Stoxx Europe 600 (-1,41%) et Euro Stoxx 50 (-1,58%).

Paris (-1,94%) a chuté encore plus fortement, plombée par le luxe qui pèse lourd dans la capitale de la mode (Kering -4,97%, LVMH -3,59%).

Francfort (-1,66%) a encaissé le recul du champion allemand de la défense Rheinmetall (-3,75%), au plus bas depuis début juillet.

Londres (-1,31%) a aussi subi le repli du luxe (Burberry -4,01%, deuxième plus mauvaise performance).

Les indices étaient également au rouge à Wall Street (Dow Jones -0,86%, Nasdaq Composite -0,80% et S&P 500 -0,58%). Seul Meta progressait fortement (+6,24%), alors que les investisseurs semblaient attendre la présentation du premier iPhone pliable, baptême du feu de son nouveau patron John Ternus (Apple, -0,90%).

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