Credit Suisse table désormais sur une «brève récession»

AWP

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Les spécialistes de la banque s’attendent à ce que le PIB affiche une évolution négative de 0,5% en 2020.

Les économistes de Credit Suisse ont encore une fois raboté leurs prévisions de croissance pour le pays. Ils s’attendent désormais à ce que la Confédération tombe dans une «brève» récession cette année en raison de la pandémie de coronavirus.

Les spécialistes de la banque aux deux voiles s’attendent à ce que le produit intérieur brut (PIB) affiche une évolution négative de 0,5% en 2020, alors que dans leurs précédentes estimations de début mars ils tablaient encore sur une progression de 1,0%, selon un communiqué publié mercredi.

Credit Suisse a cependant souligné que ces prévisions étaient entachées de fortes incertitudes. L’économie helvétique est paralysée par le cloisonnement de la population qui fait baisser la demande pour les produits de consommation et les mesures publiques déployées jusqu’à présent ne vont que partiellement amortir le choc.

Dans son scénario de base, la banque s’attend à ce que cette situation exceptionnelle ne dure que jusqu’à la mi-mai et diminue par la suite. La croissance devrait alors rebondir en fin d’année pour afficher en 2021 une progression de 2,0%.

Si la pandémie devait par contre persister, les conséquences seraient plus néfastes.

La consommation privée est la première touchée, avec l’interdiction de fréquenter les restaurants, les événements sportifs ou culturels et les hôtels. Si ces dépenses devaient être réduites de moitié pendant deux mois, cela représenterait une baisse de 8% des dépenses des ménages.

La BNS attendue au tournant

Le commerce de détail suisse devrait cependant profiter pendant cette période de la fermeture des frontières, qui met un terme, au moins pendant une certaine durée, au tourisme d’achat.

Dans le cas d’une reprise économique en seconde partie d’année, les économistes de Credit Suisse s’attendent à ce qu’une partie des dépenses non effectués soit rattrapée. La banque table cependant sur un repli de 0,9% des dépenses privées en 2020, puis sur un rebond de 2,0% l’année suivante.

Au niveau international, «la zone euro et les Etats-Unis se trouvent encore dans la première phase du ralentissement», ce qui a un impact sur la Suisse dont ces deux régions sont les plus importants clients.

A l’exemple de l’Allemagne, un recul de 1 point de pourcentage de la croissance allemande se traduit par une baisse de 3 points de la demande pour des produits suisses. L’Italie, quatrième client des exportateurs helvétiques et principal foyer d’infection au Covid-19 en Europe, a enregistré une forte baisse des importations en provenance de Suisse.

Plusieurs instituts ont récemment abaissé leurs prévisions de croissance pour la Suisse en 2020, notamment Raiffeisen (-0,2%) et le KOF (+0,3%).

Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) doit dévoiler jeudi ses propres projections, ainsi que la Banque nationale suisse (BNS). Cette dernière sera attendue de pied ferme avec d’éventuelles mesures pour soutenir une économie helvétique chancelante.

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