Les bourses mondiales évoluent sans entrain mercredi, cherchant une direction entre des résultats d’entreprises plutôt décevants en Europe comme aux Etats-Unis, malgré un indicateur économique américain meilleur qu’attendu sur l’inflation.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,57%, Francfort de 0,21%, Londres de 0,13% et Milan de 0,40%. A Zurich, le SMI a grignoté 0,08%.
«Deux poids lourds européens (le néerlandais ASML et le français Renault: NDRL) ont déçu dans leurs résultats, de quoi plomber les indices», commente Philippe Ledent, expert économiste chez ING.
A Wall Street, vers 16H00 GMT, le Dow Jones restait stable quand l’indice Nasdaq cédait 0,15% et l’indice élargi S&P 500 0,11%.
Les actions américaines restent «sur une note hésitante, malgré un apaisement des pressions inflationnistes», remarque Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Les prix à la production aux États-Unis sont restés stables au mois de juin, faisant mieux qu’anticipé par les marchés, selon les données publiées mercredi par le département du Travail. Les analystes avaient tablé sur une progression de 0,3% au mois de juin.
«Ainsi, l’inflation ne semble pas pour l’instant représenter un obstacle à une baisse des taux par la Réserve fédérale» américaine, note Kathleen Brooks, même si l’indice CPI publié mardi avait montré que l’inflation américaine, côté prix à la consommation, a accéléré en juin.
La faiblesse des indices américains «vient du secteur technologique», note-t-elle. «Mardi, l’annonce que Nvidia serait autorisé à exporter ses puces vers la Chine avait propulsé l’action à un nouveau sommet historique. Mais mercredi, le titre recule, entraîné par une publication décevante du groupe néerlandais ASML».
Le fabricant de machines de pointe pour le secteur des semiconducteurs ASML a en effet signalé mercredi son incertitude quant à sa croissance en 2026, provoquant la chute de son titre de 11,37% à la Bourse d’Amsterdam.
Il s’agit «d’une grosse déception, qui entraine donc un fort effet de marché», explique Philippe Ledent, de ING.
Trump tacle encore Powell
Donald Trump a de nouveau soufflé mercredi le chaud et le froid sur l’avenir du président de la Fed Jerome Powell, assurant réfléchir à le licencier car il «fait du mauvais boulot», avant de considérer la possibilité comme «très improbable».
En réaction, le dollar a sursauté de plus de 1% face à la monnaie unique avant de retrouver son calme en quelques minutes.
Vers 16H00 GMT, le dollar ne perdait plus que 0,24% à 1,1627 dollar pour un euro.
Même constat du côté du marché obligataire américain, le rendement de l’emprunt américain à 30 ans flambant brièvement avant de retrouver son calme. Il évoluait à 5,01% vers 16H00 GMT, au même niveau que la veille en clôture.
Renault plombe le secteur automobile
Le titre du constructeur automobile français Renault a fortement chuté mercredi (-18,47%) après que le groupe a annoncé abaisser ses prévisions financières annuelles, l’entreprise pointant du doigt la «détérioration de la dynamique du marché automobile».
«Renault a semé le trouble sur l’ensemble du secteur automobile européen», «plombant le moral» et entrainant les autres valeurs dans sa chute, relève Philippe Ledent.
A Paris, Stellantis a terminé en baisse de 6,13%. Mercedes-Benz (-1,90%), Volkswagen (-3,66%), BMW (-0,71%) ou encore Porsche (-3,02%) ont également terminé en baisse à Francfort. Volvo a cédé 3,14% à Stockholm.
Salve de résultats de banques américaines
Aux Etats-Unis, la saison des résultats a également démarré. Bank of America (-1,56% à Wall Street vers 16H00 GMT) a publié mercredi un chiffre d’affaires et un bénéfice net en progression et supérieurs aux attentes au deuxième trimestre.
Les résultats de la banque d’affaires américaine Morgan Stanley (-3,25%) ont aussi dépassé les attentes au deuxième trimestre.
La banque d’affaires américaine Goldman Sachs (-0,29%) s’inscrit dans la même dynamique, dépassant les attentes au deuxième trimestre.
Les trois banques ont certes publié de «très bons résultats», mais «un peu trop anticipés» par les marchés, estime Philippe Ledent. «Il en faut plus pour générer des surprises positives».
Par ailleurs, «on peut penser que le marché commence à douter de la pérennité de ces revenus exceptionnels, en particulier si les droits de douane devaient perturber les activités de banque d’investissement ou peser sur la consommation», note Kathleen Brooks.