Les bourses mondiales évoluent sans élan lundi, sans paniquer face aux dernières menaces douanières du président américain Donald Trump, qui a promis des droits de douane de 30% sur les produits exportés par l’Union européenne et le Mexique.
En Europe, Paris a perdu 0,27% et Francfort 0,39%. Milan a gagné 0,27%. A Zurich, le SMI a terminé quasi à l’équilibre (+0,02%).
Epargnée par ces annonces grâce à l’accord commercial déjà existant entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, la Bourse de Londres a connu une hausse plus marquée, prenant 0,64%.
A Wall Street, vers 16H00 GMT, le Dow Jones (+0,06%) et le S&P 500 (+0,04%) étaient stables. L’indice Nasdaq prenait 0,18%.
Donald Trump a annoncé samedi l’imposition à partir du 1er août de droits de douane de 30% pour les produits de l’UE et du Mexique exportés aux Etats-Unis.
Cette décision a jeté un froid alors que des négociations commerciales étaient toujours en cours entre Bruxelles et Washington.
En réaction la Commission européenne a mis lundi sur la table des 27 pays membres de l’Union européenne une liste de représailles possibles à hauteur de 72 milliards d’euros, dans le cas où ces menaces entraient en vigueur.
Le président américain a lui prévenu qu’en cas de riposte, il augmenterait d’autant ses droits de douane sur les produits européens entrant aux Etats-Unis, en plus des 30% annoncés samedi.
Malgré ces nouvelles, les marchés restent résilients.
«Il reste du temps pour trouver une solution négociée, puisque ces droits de douane n’entreraient en vigueur qu’au 1er août, et l’UE retient pour l’instant toute mesure de rétorsion», note Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Les investisseurs «deviennent de plus en plus résistants face à ces menaces douanières», ajoute-t-elle.
Les marchés «ne s’effondrent pas car ils sont désormais habitués à ce que les menaces douanières fassent partie de la stratégie de négociation des Etats-Unis», affirme à l’AFP Stephen Innes, analyste chez SPI AM.
Ils «s’attendent à ce que les négociations se poursuivent», explique à l’AFP Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés à IG France.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a insisté dimanche sur le fait que l’UE a «toujours été très claire sur le fait que nous préférons une solution négociée. Cela reste le cas, et nous utiliserons le temps dont nous disposons maintenant jusqu’au 1er août».
«Les trois prochaines semaines de négociation seront (...) décisives», souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. «Si des droits de douane massifs sont vraiment appliqués le 1er août, en plein creux estival, les marchés pourraient réagir violemment.»
Zalando perd pied
Les actions du spécialiste allemand de la vente en ligne de vêtements ont reculé de 5,28% à 27,10 euros à la Bourse de Francfort, après la réduction de l’objectif de cours par les analystes de Morgan Stanley de 28,50 euros à 25,50 euros.
Le bitcoin toujours plus haut
Le bitcoin continue sa course aux records, dépassant lundi la barre des 120.000 dollars pour la première fois de son histoire.
Vers 16H00 GMT, la reine des cryptomonnaies s’échangeait à 120.150 dollars.
«Le mouvement (de hausse) est soutenu par une politique américaine favorable aux cryptos et une adoption croissante dans les marchés émergents», note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.
Sur le marché des changes, le billet vert s’affichait stable (-0,07%) face à l’euro, à 1,1684 dollar pour un euro.
Le rendement de l’emprunt américain à dix ans atteignait à 4,44%, contre 4,41% la veille en clôture.
Le pétrole en recul
Les tensions commerciales entre l’Union européenne et les Etats-Unis ont fait reculer les prix du pétrole.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord cédait 1,25% à 69,48 dollars, et celui de son équivalent américain, le WTI, 1,51% à 67,41 dollars vers 16H00 GMT.