Les Bourses européennes ont terminé majoritairement en hausse jeudi, Londres et Francfort décrochant même de nouveaux records, tandis que Wall Street reste à la recherche de catalyseurs, dans le contexte incertain des négociations commerciales.
Le FTSE 100, principal indice de la Bourse de Londres, a terminé en hausse de 1,23% à 8.975,66 points, un nouveau record en clôture, après s’être hissé jusqu’à 8'979,41 points en séance, là aussi un plus haut historique.
A Francfort, «le DAX semble manquer d’air après sa nouvelle course au record», commente Andreas Lipkow, analyste indépendant. L’indice vedette de la Bourse de Francfort a atteint 24'639,10 points au lendemain d’un record en clôture à 24'549,56 points, avant de terminer en baisse de 0,38%.
Les Bourses européennes ont balayé «du revers de la main les inquiétudes commerciales pour atteindre des plus hauts historiques», note Susannah Streeter, responsable des marchés chez Hargreaves Lansdown.
Plus calme, la Bourse de Paris a fini en légère hausse de 0,30%, encore à bonne distance de son niveau record atteint en mai 2024. A Zurich, le SMI a avancé de 1,04%.
«Même une nouvelle salve de lettres douanières du président Trump n’a pas entamé le sentiment des investisseurs», poursuit Susannah Streeter, les actions du président américain étant perçues «comme des postures, et l’on s’attend fortement à ce que de nombreuses négociations aient lieu pour éviter une hausse des droits de douane dans les semaines à venir».
Donald Trump a dévoilé mercredi des surtaxes de 50% sur le cuivre importé aux Etats-Unis dès le 1er août et annoncé que les importations provenant du Brésil seraient aussi surtaxées à 50%.
Depuis lundi, une vingtaine de pays ont reçu un courrier annonçant le montant de la surtaxe qui s’appliquerait également à compter du 1er août sur leurs produits entrant aux Etats-Unis.
Les Européens espèrent éviter toute surtaxe au-delà d’un plancher de 10%, avec des exemptions pour des secteurs-clés comme l’aéronautique, les cosmétiques et les boissons alcoolisées.
A la Bourse de New York, vers 16H00 GMT, le Dow Jones prenait 0,51% et l’indice élargi S&P 500 0,23%, quand l’indice Nasdaq cédait 0,02%.
«Avec l’incertitude qui persiste sur la politique commerciale américaine, les marchés américains ont besoin d’un nouveau catalyseur pour poursuivre leur hausse», commente Fawad Razaqzada, analyste de City Index.
Les minières à la fête
La Bourse de Londres a été «portée par des sociétés minières comme Anglo American, Rio Tinto et Glencore», très représentées dans l’indice, les inquiétudes sur de futurs droits de douane sur le cuivre faisant monter les prix du métal rouge, explique Victoria Scholar, analyste de interactive investor.
A Londres, Anglo American a terminé en hausse de 3,78%, Glencore a gagné 3,94%, Rio Tinto 4,00% et Antofagasta 1,05%. A Paris, ArcelorMittal a gagné 3,60%.
Ferrero va racheter WK Kellogg
Le géant italien de l’alimentaire Ferrero (Kinder, Nutella, etc.) va racheter le groupe américain WK Kellogg, spécialiste des céréales pour petit-déjeuner (Corn Flakes, Froot Loops, Rice Krispies, All-Bran, etc.) pour 3,1 milliards de dollars (dette comprise), ont-ils annoncé jeudi dans un communiqué commun.
A Wall Street, le titre WK Kellogg s’envolait de 30,60% vers 16h00 GMT. L’entreprise Ferrero n’est pas cotée.
Bonne tenue du dollar, record du bitcoin
Le dollar remonte jeudi grâce à des chiffres sur l’emploi américain meilleurs que prévu.
Les premières demandes d’allocation chômage sont ressorties en baisse par rapport à la semaine passée (-5.000), en deçà des projections du consensus d’analystes interrogés par Bloomberg, qui tablait sur une hausse.
Ces chiffres ont apporté un soutien au billet vert, estime Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie de marché de Natixis IM. «La Fed (Réserve fédérale américaine, ndlr) n’a aucune raison de se presser pour baisser ses taux», explique-t-il.
Vers 16h00 GMT, le billet vert prenait 0,35% face à la monnaie unique, à 1,1678 dollar pour un euro.
Le bitcoin a quant à lui grimpé mercredi soir jusqu’à un nouveau record historique à 112'009,41 dollars, «porté par un appétit pour le risque croissant et l’intérêt continu des investisseurs institutionnels, alors que les acteurs de la finance traditionnelle accueillent favorablement la principale cryptomonnaie», affirme Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
Le bitcoin évoluait vers 16h00 GMT à 111'423 dollars.