Les bourses mondiales patientent mardi, scrutant les négociations pour mettre un terme à la guerre en Ukraine et attendant la publication d’indicateurs macroéconomiques déterminants pour la politique monétaire de la banque centrale américaine.
En Europe, la Bourse de Paris a perdu 0,28%, Londres est restée à l’équilibre (-0,01%), quand Francfort a gagné 0,51% et Milan 0,22%.
A Wal Street, vers 17H00 GMT, le Dow Jones prenait 0,28%, l’indice Nasdaq gagnait 0,35% et l’indice élargi S&P 500 progressait de 0,12%.
«Une atmosphère de calme règne sur les marchés», note Fawad Razaqzada, analyste marchés à Forex.com. «L’absence de nouvelles majeures a certainement contribué à ce ton plus serein».
Les investisseurs européens ont digéré la publication d’une inflation à 2,2% sur un an en zone euro novembre, contre 2,1% le mois précédent. C’est un peu plus que ce qu’escomptaient les analystes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur un maintien à 2,1%.
«L’inflation des services a légèrement augmenté, mais devrait s’atténuer à mesure que la croissance des salaires continue de ralentir, tandis que l’inflation des biens reste inchangée et relativement faible», relève Christophe Boucher, directeur des investissements à ABN AMRO.
«À ce stade, la trajectoire de la BCE (Banque centrale européenne) semble être toute tracée, contrairement à celle de la Fed (la Réserve fédérale américaine), qui reste incertaine. Les marchés n’anticipent aucune baisse en 2026», note-t-il.
Les investisseurs restent aussi prudents en attendant des nouvelles sur d’éventuelles avancées pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Le président russe Vladimir Poutine a accueilli mardi soir au Kremlin l’émissaire américain Steve Witkoff pour évoquer le plan de Washington visant à mettre fin à la guerre, selon des images de la télévision russe.
M. Poutine était accompagné de son conseiller diplomatique Iouri Ouchakov et de son émissaire pour les questions économiques internationales, Kirill Dmitriev. M. Witkoff était, lui, accompagné du gendre du président américain Jared Kushner.
Aux États-Unis, les investisseurs attendent la publication mercredi du rapport mensuel sur les créations d’emplois dans le secteur privé pour la même période, puis, vendredi, l’inflation pour le mois de septembre.
«Les investisseurs se rendent compte qu’il reste peu de données susceptibles de changer la donne avant la réunion de la Fed la semaine prochaine» et qui pourraient justifier une baisse des taux lors de sa réunion des 9 et 10 décembre, estime M. Razaqzada.
«L’espoir est que l’inflation ralentisse en même temps que l’économie américaine», ce qui permettrait à la Fed de disposer de marges de manoeuvre pour assouplir sa politique, selon Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Les opérateurs de marché font massivement le pari d’un recul de 0,25 point de pourcentage.
Côté changes, le dollar restait stable (+0,09%) face à l’euro, à 1,1599 dollar pour un euro.
Bayer voit vert
La séance a profité à Bayer, qui termine en forte hausse de 12,08% à Francfort.
Le groupe agrochimique et pharmaceutique a reçu le soutien du gouvernement américain dans le cadre de la vague de litiges lié aux risques potentiels de cancer du désherbant Roundup.
Dans une lettre publiée lundi, le principal avocat du gouvernement du président Donald Trump a demandé à la Cour suprême des États-Unis de se saisir de l’affaire.
Thyssenkrupp recherché
L’action Thyssenkrupp restait recherchée mardi, terminant en hausse de 8,31% à Francfort au lendemain de l’accord social passé avec le syndicat IG Metall dans sa branche acier en crise.
La branche acier de l’Allemand Thyssenkrupp et le syndicat IG Metall avaient annoncé lundi un accord sur la restructuration du sidérurgiste, qui va fortement réduire ses effectifs, au milieu de pourparlers de reprise de cette activité en crise par l’indien Jindal Steel.
Le pétrole scrute l’Ukraine
Le marché pétrolier scrute les nouvelles autour de la situation en Ukraine. Le président russe Vladimir Poutine a averti mardi que la Russie était «prête» à la «guerre» dans l’éventualité où l’Europe lancerait des hostilités contre elle.
Vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 0,66% à 62,75 dollars, et le WTI américain cédait 0,72% à 58,89 dollars le baril.