Les marchés boursiers mondiaux évoluent dans le vert lundi, profitant d’un rebond technique après des pertes marquées la semaine dernière et anticipant une probable baisse des taux à venir de la Réserve fédérale américaine (Fed).
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 1,14%, Francfort de 1,42%, Londres de 0,66% et Milan de 1,89%.
Seule la Bourse suisse a terminé en petite baisse de 0,15%, réagissant aux droits de douane plus élevés qu’anticipé (39% contre 31% évoqués précédemment) que les Etats-Unis souhaitent appliquer aux produits suisses. Les marchés helvètes étaient fermés vendredi pour cause de jour férié.
Le Conseil fédéral a annoncé lundi vouloir poursuivre les négociations avec les Etats-Unis, «si besoin au-delà du 7 août», en abordant cette nouvelle phase de discussions «avec la volonté de présenter une offre plus attractive».
A Wall Street, vers 15h45 GMT, le Dow Jones prenait 1,04%, l’indice Nasdaq 1,60% et l’indice élargi S&P 500 1,19%.
Pour Alexandre Baradez, analyste chez IG France, il s’agit là d’un «rebond technique à court terme» après deux séances de baisse sur les marchés d’actions, dans un contexte de faibles volumes au mois d’août.
Vendredi, les indices mondiaux avaient fortement reculé, après l’annonce d’une hausse du taux de chômage en juillet aux Etats-Unis. Le signe, selon certains investisseurs, que la politique protectionniste de Donald Trump commence à plomber la première économie mondiale.
Désormais, «les investisseurs semblent privilégier (une) lecture optimiste de la situation», estime John Plassard, de Cité Gestion Private Bank.
Un potentiel ralentissement de l’activité économique américaine accroît en effet la possibilité que la Fed baisse ses taux d’intérêt, ce qui soutient les actions.
«La probabilité d’une baisse des taux de la Fed en septembre est passée de 38% à plus de 80%», relève Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote Bank.
La prochaine réunion de l’institution est prévue mi-septembre.
Une gouverneure de la Fed, Adriana Kugler, a par ailleurs annoncé sa démission vendredi. Donald Trump s’est dit «très heureux» de pouvoir ainsi faire entrer une nouvelle personne au comité fixant les taux d’intérêt.
Sur le marché des devises, le dollar grappillait 0,15% face à la monnaie unique, à 1,1568 dollar pour un euro.
Les banques britanniques s’envolent
Les banques britanniques Lloyds (+9,00%) et Close Brothers (+23,53%) se sont envolées lundi à la Bourse de Londres, après une décision vendredi de la Cour suprême limitant le montant des indemnisations qu’elles auront à verser dans une affaire de ventes abusives sur certains crédits auto.
«Les actions bancaires ont été le moteur de la hausse des actions britanniques lundi», résume Patrick Munnelly, de Tickmill Group, les investisseurs anticipant également «de possibles baisses de taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre plus tard cette semaine».
Thyssenkrupp délaissé
Le gouvernement allemand soutient le projet de scission de la division navale TKMS du conglomérat Thyssenkrupp (-3,98% à Francfort), appelée à jouer un rôle accru dans la défense européenne, a affirmé lundi le président du conseil de surveillance du groupe, en amont d’une assemblée devant approuver l’opération.
Le pétrole entre Opep et droits de douane
Les cours du pétrole baissent lundi, après l’annonce d’une hausse de production de certains membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) de 547'000 barils par jour en septembre 2025 par rapport au niveau de production en août.
Cette décision signe le retour complet d’une des trois tranches de coupe de production que l’Opep+ avait mise en œuvre en 2022 et 2023 pour lutter contre l’érosion des prix.
Vers 15h45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord cédait 0,71% à 69,17 dollars et son équivalent américain, le WTI, perdait 0,81% à 66,78 dollars.
Donald Trump a par ailleurs menacé lundi d’augmenter «significativement» la surtaxe de 25% qu’il prévoit de mettre en place sur les produits en provenance d’Inde, pays auquel il reproche d’acheter de «grandes quantités de pétrole russe».
«L’appétit de l’Inde pour le pétrole russe sera déterminant pour le marché pétrolier au second semestre, car il serait très difficile pour la Russie de remplacer l’Inde, qui est le plus grand importateur de pétrole russe transporté par voie maritime», notent les analystes de DNB.